RDC : L’opposition unifiée contre le projet de révision ou de changement de la Constitution

 RDC : L’opposition unifiée contre le projet de révision ou de changement de la Constitution

À l’instar de l’époque de Joseph Kabila qui tentait d’obtenir un troisième mandat, l’opposition congolaise essaye de s’organiser contre le projet de changement de la Constitution évoqué le 6 mai par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui laisserait la porte ouverte à un troisième mandat présidentiel. Au pays comme à l’étranger, l’opposition congolaise a dénoncé cette prise de position du chef de l’État alors qu’il est à son dernier mandat, selon la Constitution.

Ne pouvant pas digérer cette position révélant des choses cachées, adoptant des postures contorsionnées vis-à-vis de la population, plusieurs partis politiques de l’opposition s’organisent pour passer à l’action.

À Kinshasa, des réunions se succèdent pour faire échec à ce projet du Président de la République et une source proche de l’opposition parle des trois réunions dont deux ont déjà eu lieu. Ici, nous ne parlons pas de conférences de presse ou déclarations faites par des leaders de partis politiques, chacun dans son coin. Il est question d’une action commune de l’opposition dont une vingtaine des formations politiques et une trentaine d’associations de la société civile congolaise peaufinent. Les deux
premières réunions ont déjà eu lieu dans deux endroits différents de la capitale.

La troisième rencontre va conclure sur les propos du président Félix Tshisekedi, le 6 mai, où il a ouvertement évoqué la possibilité d’un troisième mandat, en disant : «si le peuple le veut.»

Cette opposition qui cherche l’unité est composée d’un noyau dur avec Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sessanga et le camp de Moïse Katumbi représenté par Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti Ensemble, n’ont qu’un seul objectif : «établir un plan d’action commun contre tout projet de changement de la Constitution.»

Kinshasa n’étant pas le seul lieu où l’opposition s’organise, des échanges ont aussi lieu en Europe et notamment à Bruxelles, où plusieurs opposants sont aujourd’hui en exil.

Le Verrou Constitutionnel étant l’article 220 de la Constitution qui interdit formellement de réviser la limitation des mandats présidentiels, la forme républicaine de l’État, et le suffrage universel, l’opposition craint que le pouvoir n’utilise le Congrès ou un référendum pour passer outre ces interdictions. Une chose est vraie, à ce stade où le pays se trouve, le régime ne réussira pas à toucher la Constitution car, elle même dit qu’il n’aura pas révision constitutionnelle lorsque le pays est en état de siège, d’urgence ou de guerre.

Gel Boumbe

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