Une augmentation de plus de 16% par rapport à l’année précédente : projet de loi des finances 2026 adopté à hauteur de 20,3 milliards USD

Le 58ème Conseil des ministres présidé par le Chef de l’État Félix Tshisekedi, vendredi 12 septembre à Kinshasa, a adopté le projet de loi des finances pour l’exercice 2026, estimé à 59 020,5 milliards de francs congolais, soit environ 20,3 milliards de dollars américains.
D’après le compte-rendu diffusé samedi 13 septembre à la télévision nationale.
« Le vice-Premier ministre, ministre du Budget, a soumis au Conseil le projet de loi des finances 2026 pour examen et adoption. (…) Ces prévisions présentent un budget équilibré en recettes et en dépenses à 59.020,5 milliards de francs congolais, équivalant à 20,3 milliards de dollars. Ce niveau traduit une progression de 16,4% par rapport à celui du budget rectificatif de 2025 », a lu Kibassa Maliba, ministre de l’Économie numérique.
Alors que le budget 2025 de la RDC, promulgué au début de la même année par le Président Tshisekedi, était chiffré à environ 18 milliards de dollars USD, soit environ 51 551 milliards de francs congolais, le ministre de l’Economie, Adolphe Muzito avait procédé, avant l’élaboration du budget 2026, à des consultations auprès de ses collègues en vue d’affiner les prévisions budgétaires de chaque ministère, avant l’arbitrage final de la Première ministre, Judith Suminwa.
Un budget plus participatif
Selon le nouveau ministre de l’économie l’objectif était de rendre le processus budgétaire plus participatif, en tenant compte des priorités réelles des ministères, suivant les directives du Président de la République qui tient à l’optimisation des ressources publiques et la gestion rationnelle des dépenses publiques.
Malgré le conflit dans l’Est et l’augmentation des dépenses militaires, l’avant-projet de budget présenté par le gouvernement est en hausse de plus de 16% par rapport au passé, mais ces prévisions suscitent déjà le scepticisme de la société civile.
Preincipale mobilisation à travers des réformes des régies financières
D’après la source, l’exécutif table sur 12,5 milliards de dollars de recettes internes. Le ministre des Finances de RDC, Doudou Fwamba, entend mobiliser, principalement à travers des réformes des régies financières, notamment la normalisation d’un seul modèle de facture, la télédéclaration de la TVA, la réforme du quitus fiscal ainsi que la taxation des placements extérieurs des banques commerciales.
Huit milliards de dollars couverts par le FMI
Le gouvernement prévoit, en janvier 2026, une autre réforme doit entrer en vigueur, celle de l’impôt sur les sociétés et sur le revenu des personnes physiques. Elle devrait permettre d’élargir l’assiette fiscale.
Adolphe Muzito, ministre du Budget, assure que le reste de ces recettes, soit environ huit milliards de dollars, sera couvert principalement par des apports extérieurs, dont le soutien budgétaire du Fonds monétaire international (FMI).
CREFDL : un budget irréaliste
Le budget de l’exercice 2026 qui s’élèvera donc à 20,3 milliards de dollars renferme les budgets annexes, les comptes spéciaux et les recettes exceptionnelles. Mais, dans les rangs de la société civile spécialisée, le doute domine. Le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL), par la voix de son coordonnateur, Valéry Madianga, juge ces ambitions irréalistes : « Le gouvernement compte plus sur les ressources extérieures qui arrivent rarement. Pour nous, nous pensons que ce budget n’est pas crédible. Ça pose énormément de problèmes de sincérité. Il faudrait qu’on évite de proposer un budget de communication que nous ne serons pas en mesure de mobiliser demain. »
Mobilisation accrue des ressources, pour le gouvernement
La session de septembre étant budgétaire, cet avant-projet sera déposé dès ce lundi 15 septembre à l’Assemblée nationale pour examen et adoption.
Selon le gouvernement, ce projet met l’accent, non seulement sur la mobilisation accrue des ressources, mais aussi sur la qualité et l’efficacité de la dépense publique.
Gel Boumbe
