Kinshasa Le ministre provincial des Transports interdit les taxis-motos et tricycles de circuler sur onze grandes artères de la ville

Une note circulaire du ministère provincial des Transports a interdit, depuis lundi 24 novembre, les tricycles affectés au transport des personnes et des biens de circuler sur onze grandes artères pour réduire les risques élevés d’accidents et de congestion à Kinshasa.
Ayant pris connaissance de ce document, nous vous proposons le contenu :
« Afin de réduire les risques élevés d’accidents et de congestion, il est strictement interdit aux tricycles affectés au transport des personnes et des biens de circuler sur les grandes artères ci-après : Boulevard Lumumba, Boulevard Sendwe, Avenue Libération, Boulevard du 30 juin, Boulevard Triomphal, avenue Poids Lourds, avenue Kasa-Vubu, avenue Mondjiba, avenue Nguma, avenue du Tourisme (Axe Nzela ya mayi) et place Kintambo Magasin. »
La note circulaire du ministère provincial des Transports portant mesures spécifiques de circulation des engins cyclomoteurs dans la ville de Kinshasa précise que, s’agissant des taxis-motos, la circulation, le stationnement et l’exploitation de transport sont formellement interdits dans la commune de Gombe, située dans le nord de la capitale congolaise.
La source souligne parcontre que les taxis-motos sont autorisés uniquement pour « depose-reprise (sans stationnement prolongé) » sur les axes conduisant vers le centre ville.
Onze axes routiers avec délimitations
Selon la même source, les taxis-motos sont également autorisés de circuler sur onze axes routiers avec délimitations. Il s’agit de l’avenue des huileries (Tombalbaye, référence INRB), de l’avenue Libération (av Mont des Arts), de l’avenue Colonel Mondjiba (saut de Mouton socimat, aile rond point Safricas), de l’avenue Bokassa (av Du Commerce/Bokassa), de l’avenue Kasa-Vubu (av Du Commerce/Kasa-Vubu), de l’avenue Wangata (terrain maman Yemo), de l’avenue Kasaï (av Du Commerce/Kasa-Vubu), de l’avenue Poids Lourds (Port Bralima), de l’avenue Flambeau (Ina), de l’avenue Haut commandement (entrée du camp Kokolo) et de l’avenue de l’OUA (Rond-point Safricas).
Exception et identification
La note circulaire fait exception pour les motos privés ainsi que celles affectées au transport et à la livraison des marchandises (des biens) mais ces dernières devront obligatoirement être identifiées et enregistrer auprès de la division urbaine des transports, conformément aux dispositions arrêtées.
Sanctions et amendes
D’après le document, les taxis-motos circulant en zones interdites, l’engin sera saisie immédiatement et mise en fourrière pendant 30 jours, assortie d’une amende de 500.000 franc congolais plus les frais de fourrière.
Concernant les tricycles circulant en zones interdites, a renchéri le texte, une suspension de l’autorisation de transport pendant 15 jours et une mise en fourrière pendant 15 jours sont prévues, assortie d’une amende de 500.000 franc congolais plus les frais de fourrière.
Les instructions du gouverneur
Selon la source, cette décision a été prise conformément aux instructions du gouverneur de la ville, dans le cadre de la mise en oeuvre des mesures de régulation de la mobilité urbaine visant à réduire l’insécurité routière, fluidifier le trafic sur les grandes artères.
La division urbaine, la police et autres services sur le terrain
À travers cette note circulaire, la division urbaine des Transports, avec les concours de la Police nationale congolaise, la Brigade de protection de l’environnement ainsi que la Régie des fourrières et de contrôle technique sont instruites de procéder à de contrôle permanent et aléatoire sur les axes concernés, précisant que toute forme de tracasserie, tolérance ou complicité expose l’agent fautif à des sanctions administratives sévères.
Réactions de la population
Dès l’annonce de la décision, la population kinoise n’a pas tardé à réagir :
Botshaka Gilbert (fonctionnaire de l’État) : « Le gouvernement provincial devait réfléchir avant d’annoncer la décision. L’État congolais n’a pas un moyen de transport approprié mis à disposition de la population, au contraire, ce sont ces jeunes hommes qui nous aident à se déplacer. Ce qui est grave, les artères interdites sont les mêmes qui relient la capitale. »
Ndona Ndona (secteur privé) : Il n’y a pas un mois, le même gouvernement provincial a publié une nouvelle grille des prix de transport dans la ville de Kinshasa et aucun transporteur n’a appliqué ça. Au lieu de pousser ces derniers à l’application de la decision, gouverneur et ministres passent à une nouvelle note circulaire. Ils vont d’un chantier inachevé ou irréalisable à un autre.
Dibwe Kaji Audrey (commerçant) : La mesure serait bonne si l’autorité urbaine aurait compensé ça par une pièce de rechange pour soulager la population à se déplacer autrement.
Esombi Joëlle (Étudiante) : Nous, la jeunesse, regrettons de ce que nous vivons dans notre pays où les dirigeants sont là pour nous montrer le chemin de l’enfer. Quel héritage nos autorisés politiques vont nous léguer et quelle leçon allons nous tirer de leur gestion ? »
Gel Boumbe
