Lettre ouverte aux élites d’une nation congolaise délitée et naufragée…: Grande honte à l’Élite du Congo

 Lettre ouverte aux élites d’une nation congolaise délitée et naufragée…: Grande honte à l’Élite du Congo

Le Petit Livre Catilinaire – Manifeste pour la Renaissance du Congo

Briser les chaînes… Reconstruire nos valeurs… Unir nos forces… Reprendre notre destin !

 

Lettre ouverte aux élites d’une nation congolaise délitée et naufragée…

 

RD Congo délitée et naufragée ?

Un peuple en détresse. Une terre spoliée. Un destin confisqué. Un avenir à reprendre !

 

Grande honte à l’Élite du Congo

 

 

 

 

Plume : Citoyen BONGUNGU Loend’a-Namba Jelo Jean-Louis

Guetteur de la Nation, fer de lance de la dissidence intellectuelle et morale congolaise « Initiative – La Citadelle du Congo »

Dans « Les Cahiers du Hussard Solitaire »

Maison « Agora pro bono publico

 

Sommaire

Grande honte à Vous !

Le sursaut ou l’abîme ?

Destinataires de La Lettre

Lettre citoyenne aux élites du Congo, toutes : élites politiques et administratives, médiatiques, religieuses et morales, intellectuelles et culturelles, économiques et techniques, pouvoir et contre-pouvoir, autorité sans compétence et compétence sans autorité

Avertissement

Section 1 – Notes préliminaire

Section 2 – La Lettre citoyenne

Cahiers de plaidoiries « pro domo sua » contre la République pour sa gouvernance clivante, anxiogène et conflictogène ! et « Duc in altum pro bono publico » pour la République de la totalité des citoyens au prix de l’effacement immédiat de « l’Union Sacrée de la Nation » de façade dédiée au cabotage par gros temps des acteurs politiques et sociaux, le peuple d’en haut, celui des locataires et squatteurs des palais de la République

Un – Prologue

L’apocalypse en République Démocratique du Congo, tristement hissée au rang de leader mondial de l’infamie. Tombé plus bas que terre, le pays caracole au hit-parade de la vulnérabilité et de l’extrême pauvreté.

Deux – Épitre liminaire

Adjuration spéciale à l’attention du Citoyen Tshisekedi Tshilombo Félix-Antoine, président de la République : Vivement un électrochoc immédiat, ferme et puissant pour enclencher une véritable gouvernance de rupture !

Trois – Lettre expresse de plaidoirie « pro domo sua » et « pro bono publico »

À l’attention des citoyens Ngefa Atondoko Andali Guillaume, ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, et Mbata Betukumesu Mangu André, Secrétaire permanent et porte-parole de l’union sacrée de la Nation.

Quatre – Agir au pas de course par une gouvernance de rupture !

Vivement un programme de déclics de confiance dédié au renflouage et à la restauration des capacités de l’État dans son rôle de garant et pourvoyeur des services publics fondamentaux, ciment pour le vivre-ensemble, la cohésion sociale et liant essentiel de la solidarité nationale !

Cinq – Le suicide congolais

Chroniques de l’abrutissement collectif, la boulimie de divertissement, l’atomisation de la société, l’affaiblissement de l’esprit critique, l’effacement des valeurs communes ou repères collectifs, et la lâcheté citoyenne face aux dérives criantes des détenteurs du pouvoir et de la puissance publique.

Six – Charte de la Réconciliation

Décalogue d’une véritable réconciliation de la totalité des citoyens dans la perspective de l’émergence d’une nouvelle union sacrée de la Nation véritable et immortelle au titre du processus structurant et inclusif « Duc in altum ».

Sept – Grand débat national : une concertation sociale, citoyenne et novatrice d’appropriation et refondation du Congo postcolonial.

Grand débat citoyen et social d’idées, propositions et engagements pour un véritable projet social ambitieux et novateur, une charte de valeurs de la République et devoirs du citoyen, et une Constitution ancrée dans l’âme congolaise authentique sur la base des tout premiers mythes fondateurs propres du Congo postcolonial.

 

Huit – Synopsis des cahiers de plaidoirie « pro domo sua » contre la République et « pro bono publico » contre l’union sacrée de la Nation et pour la République.

« Pro domo » contre la République dans sa gouvernance publique brouillonne, erratique, chaotique et inefficace, génératrice des charges émotionnelles, frustrations et colères dans les masses des plébéiens congolais, fabrique à profusion des vaincus sociaux et marginalisés factieux, séditieux, révoltés voire rebelles. Un casus emblématique : la requête « pro domo sua » en recouvrement du droit à « une sépulture de première classe » du citoyen Bongungu, cadre dirigeant de la REGIDESO de 1980 à 2019, aujourd’hui septuagénaire.

« Pro bono » contre l’union sacrée de la Nation et pour la République par une offre « pro bono publico » sur un questionnement catilinaire inquisitorial et réquisitorial postulant « la nécessité de l’urgence de pensée et d’action » en vue de l’émergence d’une « nouvelle union sacrée de la Nation véritable et immortelle, aiguillon exterminateur du « chiendent des crises politiques récurrentes », torréfacteur des rejetons de réincarnation de l’ivraie, et réificateur de la volonté nationale séculaire d’appropriation et refondation du Congo.

Neuf – Épilogue

Déliquescence du corps social ? Déroute du système politique ? Effondrement total de l’État ? Engloutissement voire disparition de la Nation ? Des signes avant-coureurs du suicide collectif congolais se multiplient, se densifient et s’amoncellent.

Plus qu’un quinquennium de répit pour, au prix d’une révolution citoyenne tranquille et immédiate d’appropriation et refondation du Congo post-colonial moyennant des ruptures, des changements et des reconquêtes comme jamais auparavant, conjurer durablement le funeste spectre d’une catastrophe imminente, un tsunami égalisateur des destins sociaux, qui déferlerait et frapperait à la suite de l’une des secousses épisodiques à répétition et répliques secondaires de la grande crise politique systémique et cyclique dont l’origine remonte à plus de 65 ans !

Appendices : R.D. Congo, un pays solution et un Avenir Durable pour générations présentes et futures de la RDC qui avance avec l’Afrique dans un monde en perpétuelle mutation – Échos citoyens à l’Appel à un sursaut national.

 

Des extraits introductifs choisis

Grande honte à Vous !

Le monde entier ricane et se moque crânement du Congo et des Congolais, enclins à la frime, à la frivolité et à la banalisation. Alors que le corps social se déglingue spectaculairement, l’élite de la nation, particulièrement les dirigeants politiques et intellectuels, s’écharpent sans répit pour la conquête ou la conservation du pouvoir pour le pouvoir. Locataires et squatteurs des palais de la République, ces leaders en vue se noient dans d’interminables débats défouloirs n’ayant le focus que sur des questions secondes, dans le registre de la « démocratie cosmétique avec la cohorte de ses nuisances et inutilités » (Jacques Attali) et loin des défis et enjeux de construction d’un véritable État de droit pérenne.

Nullement préoccupés par l’ampleur et l’acuité du triple défi existentiel de la coexistence pacifique entre les enfants du Congo, de la survie et la renaissance même de la nation, ils apparaissent singulièrement subjugués par les forces du mal : la passion ou la convoitise de la chair, le pouvoir ou la convoitise des yeux, la vie luxueuse ou l’orgueil de la richesse. La vénalité, le goût pour la puissance de leur position et de l’argent, des privilèges, des sinécures et rentes que cette position est susceptible de leur rapporter, les tiennent leaders prisonniers de leur désir immodéré des choses.

Le Congo peut et doit en finir avec « sa République jugée la plus bête du monde ». La nation sombre irrémédiablement. La survenue du désastre n’a plus rien d’impossible. Elle devient imminente et même irréversible. Ce n’est plus une question de « si », mais de « quand » cela va se produire. D’où viendra l’hypothétique sauveur du Congo aujourd’hui au bord du gouffre, de son peuple résigné, soumis et moutonnier mais bien quinteux ? Heureusement, « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve » (Hölderlin). Rien n’est définitivement perdu. Il faut surtout agir et encore aujourd’hui. Mais il faut un puissant électrochoc pour ébranler l’indolence des élites du pays, quasiment toutes taiseuses et absentes, sourdes et aveugles, majoritairement incapables de lire, d’écrire et même de simplement grommeler.

Des élites dirigeantes gentiment raillées de « bandits voleurs de porcs du village Congo » ? L’hypothèque la plus lourde réside dans le comportement scandaleusement démissionnaire de l’élite nationale face aux grandes menaces existentielles qui pèsent sur le Congo. Les figures marquantes de la classe dirigeante sont, en effet, affublées du portrait-robot caricatural de « bandits voleurs de porcs du village », c’est-à-dire des détrousseurs du peuple, selon une allégorie corrosive du trublion, acteur et journaliste sud-africain John Matshikisa. Un reportage de celui-ci décrivait alors les relations entre les belligérants congolais, les péripéties de leurs interminables disputes et les ténues chances de la paix au titre de l’accord de cessez-le-feu de Lusaka du 10 juillet 1999 (Journal Mail & Guardian). La satire comparait les protagonistes congolais aux « bandits qui avaient volé un porc dans une cour de ferme mais qui, n’ayant pas confiance les uns dans les autres et redoutant tous que l’animal ne soit volé une seconde fois, par l’un d’entre eux, mais, cette fois, pour son usage exclusif, alors, tous reconduisent l’animal dans la porcherie ».

Les regards croisés de nombreux citoyens du monde stigmatisent l’élite congolaise réputée « la plus médiocre et la plus indigne des élites africaines et mondiales » (F. Tshipamba Mpuila). Vu de l’extérieur, le drame congolais paraît plus grave que le congolais lui-même ne semble conscient. La communauté de destin nationale s’autorise plutôt à guerroyer inopportunément contre les « moulins à vent « de la démocratie cosmétique, se livrant en un spectacle si éhonté, hideux et affligeant dans une interminable, insouciante et effarante débauche de temps, d’intelligences et d’énergies à discuter de réforme, révision, changement ou remplacement de la Constitution, du 18 février 2006, de projection d’un nouveau cycle électoral de trop, forcément inutile voire contreproductif avant une remise à l’endroit institutionnelle générale.

Sur un ton accommodant et avec la saveur aigre-douce de cheval de Troie, le don belge de la Loi fondamentale du 19 mai 1960 culbuta fondamentalement et durablement, dès ses origines, le convoi institutionnel congolais. L’achoppement de cette aïeule de mythes fondateurs du Congo postcolonial plantera comme « une charrue avant les bœufs » l’ossature immuable des textes de Constitution à venir. Certes, les pères « fondateurs » prirent tôt le rendez-vous avec l’histoire pour assumer, une fois l’indépendance conquise, la « refondation du Congo en accord avec la volonté du peuple Congolais lui-même, c’est-à-dire construire des mythes fondateurs propres sur base desquels le pays allait ultérieurement et conséquemment se doter de sa Constitution à proprement parler. Patrice Lumumba assassiné le 17 janvier 1961 avec ses deux compagnons d’infortune, Joseph Okito et Maurice Mpolo, héros oubliés et faute de continuateur de la pensée politique du héros national, les générations politiques successives ne pensèrent plus à se remettre sur les rails de la voie classique d’organisation institutionnelle, d’appropriation et refondation du Congo, laquelle aurait conduit à produire la première Constitution du Congo indépendant qui soit, depuis le 1er juillet 1885, véritablement et effectivement sacrée, car fondamentalement ancrée dans l’âme congolaise authentique et portant une identité et un destin congolais, tels que voulus et choisis directement par le peuple congolais.

La refondation du Congo postcolonial commande de penser d’abord un modèle social lisible et inclusif, de choisir comment traduire l’historique rêve transgénérationnel d’un « Congo plus beau qu’avant » en un véritable projet collectif de bonheur commun : un « lieu géométrique national de vie heureuse pour tous ». Ainsi, l’épouvantail du fallacieux prétexte de « crise de légitimité des pouvoirs comme cause de la misère congolaise », une rengaine longtemps entretenue et même cristallisée, depuis, en lettres d’or dans la Constitution du 18 février 2006, passe en réalité pour une parfaite « victime expiatoire et propitiatoire » du grave péché congolais des origines, celui de l’oubli ou omission de la promesse et de la volonté testamentaires des pères de l’indépendance. Le Congo peut et doit redresser le front pour assumer l’indispensable tournant de la rigueur à travers une grande croisade de la renaissance, la refondation et la reconstruction. Il ne doit surtout plus verser dans des procrastinations stériles à attendre des réformes, celles qui « préparent généralement la production de demain et les fruits d’après-demain ».

Que le Congo abandonne la voie des réformes cosmétiques, des simples mues, des replâtrages et aggiornamentos à répétition ; qu’il emprunte courageusement celle de l’appropriation et refondation du Congo postcolonial, qu’il se constitue en un État normal et qu’il se dote des institutions sociales, économiques et politiques qui servent pertinemment à la réalisation de son destin propre qu’il aura déterminé par lui-même avant de pouvoir enfin former sa première Constitution dans l’histoire de sa souveraineté nationale et internationale.

Face à la grave crise politique systémique et cyclique âgée de plus de 65 ans, à une situation sociale constamment et irrémédiablement dégradée : Dialogue national inclusif ou Bien-être social ? Le peuple d’en bas ne veut ni de consultations des leaders politiques et sociaux pompeusement autoproclamés méritants et « les plus représentatifs » ni de conférence constitutionnelle d’accommodation conjoncturelle ni de dialogue politique de replâtrage institutionnel ni de conférence nationale de défoulement. Il piaffe d’impatience de renouer simplement avec la vie. Il veut et réclame son bien-être social.

Que ne pourrions-nous, mieux ne devrions-nous tenter pour sauver la patrie Congo en danger de disparition ? Le chantier d’appropriation et refondation du Congo est immense et lourd. Il induit un gigantesque et profond changement de mentalité et d’organisation institutionnelle qui peut à première vue sembler à peu près impossible surtout dans le bref laps de temps qui nous reste avant que le désastre ne soit irréversible. Le chemin du bonheur commun passe indubitablement par « une révolution », hors sentiers battus de l’interminable marche à reculons du pays, arrimée à un régime permanent de navigation à vue soit, somme toute, au mode opératoire de « folie institutionnalisée » : « faire toujours la même chose de la même manière et s’attendre à un résultat différent ».

Que les élites conscientes prennent corps-à-corps le destin du pays et qu’elles s’engagent au service de l’intérêt suprême du peuple, de la noble cause nationale suprême : « bâtir un pays plus beau qu’avant » et en même temps « remettre la locomotive Congo-Kinshasa sur les rails de la ligne ferroviaire de l’Afrique en marche qui avance sans le Congo depuis l’aurore du troisième millénaire. Encore et toujours dans la République, qu’elles osent oser une révolution tranquille et immédiate, inscrite volontiers dans l’option radicale selon Alexis de Tocqueville, à savoir « couper en deux notre destinée, en séparant par un abîme ce que nous avons été jusque-là », la fable de l’Afrique, la risée, le jouet et les balayures du monde, depuis le 1er juillet 1885, date de la proclamation de l’État Indépendant du Congo (EIC) et plus encore après le 30 juin 1960, date de la proclamation de notre Indépendance, jusqu’à nos tumultueux et incertains jours de l’an 2026, « de ce que nous voulons être désormais », une société congolaise solidaire, de justice et de progrès pour tous, un Congo moderne.

Prenons au grand sérieux et conjurons la situation d’enlisement et de descente aux enfers de notre société aujourd’hui délitée et naufragée par la faute et le fait des propres enfants du pays. Marquons un STOP au règne de l’émotion sur la réflexion, au triomphe des polémiques sur l’analyse, aux théories complotistes, aux insultes et fanatismes partisans, au pédantisme grotesque des terroristes du verbe. Car nous nous devons impérativement désormais de vaincre notre abrutissement individuel et collectif, retrouver le goût de l’étude, de la discussion argumentée et de la réflexion commune.

Oui, car le salut national ne viendra ni d’un homme providentiel ni d’une génération miraculeuse. Il exige la participation consciente et audacieuse de tous, d’autant plus que dans une « société très défaillante » confrontée à la complète impuissance des raisonnements contre les ressentiments, « les idiots et les fanatiques sont toujours si sûrs d’eux, tandis que les sages sont tellement pleins de doutes ; même d’accord entre eux les experts peuvent toujours se tromper », les rares vraies élites du pays se trouvent phagocytées, sclérosées pour les unes, ménopausées pour les autres ou constipées pour d’autres encore, par l’étendue et la profondeur de la crise multiforme et récurrente du corps social, tandis que celles résistantes et résilientes se tiennent souvent, en « âmes froides et timorées qui ne connaissent ni la victoire ni l’échec », comme taiseuses voire absentes et, pour exister et faire entendre leur voix de la raison, elles doivent braver la fureur des « terroristes du verbe » singulièrement envahissants sur la scène publique.

Cette analyse de l’écrivain russe Anton Tchekhov incline à postuler que la démocratie est littéralement mal seyante chez nous dans la mesure où c’est la majorité ignorante qui doit finalement décider du destin commun. En effet, dans une société très défaillante « la majorité reste toujours ignorante, et l’homme raisonnable est constamment vaincu ; des sujets futiles dominent les discussions et les sots occupent le devant de la scène ; les chansons et les paroles vides de sens trouvent des millions de gens pour danser et les répéter ; les écrivains et les auteurs ne sont connus de personne et ne reçoivent nulle reconnaissance de valeur ou de poids ; la plupart des gens aiment la futilité et l’anesthésie : quelqu’un qui nous anesthésie pour nous éloigner de nos pensées, et quelqu’un qui nous fait rire avec des futilités, est meilleur que quelqu’un qui nous réveille à la réalité et nous fait mal en disant la vérité ». La foule, tel un troupeau de moutons, ne réfléchit pas comme un individu amis elle réagit simplement car elle n’a pas de cerveau sinon très peu ; elle est un très mauvais décideur politique. Dans une foule, majoritairement ignorante et donc manipulable à souhait, toute voix lucide et méfiante face aux manipulateurs est traitée de complotiste.

Dans le jeu de la démocratie, ces leaders politiques se jouent des populations par l’épouvantail des « loups imaginaires », des dangers qu’ils leur font voir, d’autant plus qu’il est illusoire de s’attendre à ce qu’elles sachent choisir sur un bulletin de vote celui qui sait ou un quelconque programme politique parmi une gamme de propositions toutes nullement corrélées à un projet collectif de bonheur commun. Déjà les populations elles-mêmes ne savent pas, ne comprennent pas grand-chose des sciences sociales, du droit, de l’économie, de la géopolitique, de la sociologie, du développement. Elles inclineront leur choix vers le candidat le plus malin, celui qui les séduit, qui leur montre non pas où aller, le chemin vers le bonheur commun mais plutôt « le plus gros loup imaginaire ».

Par ailleurs, il est impossible d’instaurer une démocratie véritablement représentative et égalitaire dans une société congolaise colonisée par une aristocratie insolente. En effet, une tyrannie de groupe s’est installée elle s’exerce « à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice » (Montesquieu) par et au profit d’une oligarchie politique, économique et religieuse singulièrement tentaculaire, prétentieuse, insouciante, méprisante, outrecuidante voire narcissique, laquelle germe sauvagement et se développe spectaculairement sous la troisième République.

Non seulement que le drame congolais, vu de l’extérieur, paraît plus grave que le congolais lui-même ne semble conscient mais également et surtout c’est malheureusement presque toujours de l’extérieur du pays et même par des étrangers que les enjeux essentiels semblent être le mieux saisis voire pris en charge. Le peuple Congolais se croit seul à avoir raison, à être la victime de tout le monde et à voir en tout le monde l’ennemi du Congo. Recherchant des coupables de leur malheur ailleurs, les Congolais s’empêtrent bruyamment dans des querelles et conflits politiques amnésiants. Depuis le milieu des années 1990, ils sont restés hermétiquement sourds aux appels répétés des partenaires du pays à agir vite et avec force pour enrayer la dégringolade et prévenir une implosion sociale dévastatrice, le pays étant jugé « incapable, depuis 1994, de restaurer sa souveraineté, de la défense, la sécurité, l’administration…, définitivement incapable de restaurer un État fort et d’assurer la protection sociale » (Emmanuel Macron).

Que les élites, majoritairement indolentes, taiseuses, absentes voire incapables de grommeler face à l’effondrement de la nation prennent les choses au grand sérieux, en commençant par un sursaut collectif d’éveil et de réveil. Que sonne le glas de leur pugnace répugnance pour le lit de l’éclectisme. Est-ce que les cœurs des élites congolaises palpitent de quelque confusion à l’écho du propos de l’ancien président français Nicolas Sarkozy s’attribuant, par exemple, en discipline intellectuelle personnelle une moisson de lecture d’au moins un nouveau livre chaque semaine ? Parviendraient-elles seulement un jour à démentir sinon ébranler l’indécrottable réputation de surdité des oreilles et d’aveuglement volontaire des yeux de leurs cœurs aux œuvres de l’esprit ? Au prix de quelques week-ends volontairement sacrifiés à l’effort collectif de réflexion générale, tout citoyen congolais pourra apporter sa pierre à la fondation d’un autre Congo, un Congo congolais sur les vestiges du règne léopoldien et belgo-congolais dans la lignée mémorielle ininterrompue remontant aux aïeux congolais avec leurs mythes propres.

Que des torrents de haut-le-cœur débités par des trublions congolais, même des plus caustiques voire irrespectueux, ne font nullement reculer les élites dirigeantes particulièrement insouciantes ! Quelles consciences ont eu à être troublées même pour un court moment dans un quelconque épisode des floraisons des « semonces » éternelles du journaliste congolais Ben-Clet Kankonde, « l’apostropheur national » d’heureuse mémoire ? lui qui, à l’aurore du tout premier intermède officiel dans la formule 1+4 post Dialogue inter-congolais (DIC), tançait sèchement les consciences de « leurs excellences » en des termes volontiers corrosifs et sur un ton passablement comminatoire ?

« Prenez votre mandat au grand sérieux ! Évaluez le désastre qui accompagne le peuple depuis des décennies et tirez-en les conséquences. Avec ou sans les millions « verts » de blancos, le peuple veut retrouver le sourire, un bien exotique, et bénéficier, lui aussi, de la transition. Seriez-vous ces hommes et ces dames providentiels pour l’aider à y arriver ? » (Le Potentiel n°2893 du 7 août 2003). Un remake signé, dans les conditions actuelles, de la plume posthume de Ben-Clet aux cheveux grisonnants serait mille fois plus décapant et rudoyant !

« Toi aussi, fils d’homme, je t’ai fait guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. » (Ézéchiel 33,7).

Tourmenté par l’aphorisme gidien « si tu ne fais pas cela, qui le fera et quand sera-ce ? », je confesse avec humilité ma résignation, et ce n’est pas faute d’avoir combattu, de n’avoir pas réussi à ouvrir une moindre brèche dans l’épaisse cuirasse d’insensibilité du cercle des décideurs politiques congolais, sourds et aveugles.

Le défi premier de l’élite congolaise se situe à ce niveau : prendre conscience de la ruine nationale, refuser de perpétuer l’état de non-pays et de non-État dans lequel nous nous trouvons, dénoncer courageusement tout comportement qui confine à l’institutionnalisation de la médiocrité, qu’il soit le fait des pouvoirs publics à tous les niveaux comme celui des particuliers dont notamment des élites nationales, et ramener voire contraindre tout le monde dans la voie de la raison, de l’État de droit. Agir autrement serait perpétrer la complicité du silence et « condamner le Congo à l’état embryonnaire d’association internationale ».

En effet, « le silence devient un péché lorsqu’il prend la place de la protestation et d’un homme il fait alors un lâche » (Abram Lincoln). Il m’est un droit de citoyen d’interpeller ceux qui, au nom de la communauté de destin, sont investis des pouvoirs d’impacter positivement ma vie et celles des miens. L’acte que j’accomplis est un moyen pour être un moment de la conscience humaine de l’élite de la nation et surtout pour hâter l’anticipation sur le tsunami dévastateur car sinon, ce serait la déroute de tout le système politique et les événements se précipiteraient avant la fin de la décennie 2020 au point de fournir au tsunami la brèche de surgir et de faire tomber sur le Congo l’estocade finale d’une époque de folie et de honte.

Le guetteur de la nation porte en lui une mission, celle du prophète Amos des temps de crise en RD Congo : appeler l’élite de la nation à ses responsabilités, quand revêtu de son armure et son armement d’intellectuel résistant, il se fend aujourd’hui d’un « évangile prolétarien », lequel plonge ses racines dans les lamentations, gémissements et plaintes du peuple congolais dans toutes ses diversités (Ézéchiel 2, 8 – 3, 4).

En proie à des manques de tous ordres d’une rare acuité, l’élite intellectuelle est, quant à elle, pratiquement incapable d’une réflexion prospective sur le long terme, étant comme bâillonnée et placée dans un cercle vicieux, toutes ses énergies étant accaparées dans la recherche effrénée de moyens d’une survie primaire. Comment ne pas s’inquiéter quand la gangrène affecte si dangereusement ce qu’une nation, un pays, un État, compte de plus précieux : le capital humain dans sa fibre la plus noble ? Cette maladie touche plus particulièrement l’élite congolaise, qu’il est admis de considérer pourtant comme l’acquis positif le plus marquant depuis l’indépendance.

Gorki l’Ancien et l’Amer, le Guetteur de la Nation, en Hussard Solidaire, s’est, en ces temps très difficiles, adjugé la mission de rappeler régulièrement dans des tribunes publiées et postées sur la lucarne du blog https://lucarneduguetteur.blogspot.com, le rendez-vous des pères de l’indépendance à la communauté politique nationale, celui d’un engagement crucial, malheureusement oublié par les générations successives. Je me fendis d’une tribune le 15 décembre 2023 sous forme d’une lettre de questionnement inquisitoire et réquisitorial aux 26 compatriotes candidats en lice à l’élection présidentielle et aux 28 membres et observateur du Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA – 2018) ainsi qu’au Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI)  : Vivement une trêve – arrêt sinon pause – immédiate à la course électorale 2023-2024 ! Brisons la série des « quinquennats pour rien » !

Je postulais alors que le destin du Congo n’étant inscrit dans aucune fatalité, le peuple ne doit pas se présenter en spectateur indolent du grand combat que se livrent en son nom toutes ces figures socio-politiques marquantes. Je suggérai alors des assises nationales d’un grand débat national citoyen et social visant à stopper dans l’immédiat la descente aux enfers du pays et à conjurer le spectre d’un tsunami social dévastateur, offrant au peuple de définir un plan de renflouage du paquebot Congo dangereusement à la dérive, intégrant un programme de réconciliation des cœurs doublé d’un programme d’actions d’urgence dites déclics de confiance et censé déboucher sur le processus d’élaboration du destin du Congo bicentenaire (1885-2085).

 

Plus tôt, soit le vendredi 28 avril 2023, alors que Kinshasa institutionnelle mobilisait fiévreusement des foules de sympathisants et se parait pour célébrer la sortie officielle de la plateforme politique « Union sacrée de la nation », née du basculement sui generis de la majorité parlementaire dans le camp de soutien au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, je choisis de me fendre d’un puissant, tranchant et bruyant haut-le-cœur citoyen, aux couleurs et sons à la fois de tocsin de la raison et de glas de l’incurie d’une classe politique dont l’attitude paraissait, à mon goût, désespérément insouciante et dédaigneuse. La tribune est encore lisible sur : https://lucarneduguetteur.blogspot.com: Le sésame « USN » fait jouer le dernier acte de la tragédie de l’effondrement par délitescence et pourrissement du Congo.

La tribune, volontiers pamphlétaire, assénait : « Le suicide congolais en phase terminale ? Sortie officielle de l’Union sacrée de la nation (USN) : une erreur de timonerie fatale ? En se lançant et manifestant bruyamment dispendieusement, et dédaigneusement ce samedi 29 avril 2023 au Stade des Martyrs de la Pentecôte, connu pour être l’antre mythique de compétition & confrontation des stars de la rumba congolaise, la plateforme politique hétéroclite « USN » en coalition gouvernementale n’est-elle pas en train de donner l’estocade à une nation congolaise à l’article de la mort ?

Sans circonlocutions, l’alerte stigmatisait : L’exhibition flamboyante, débridée et impertinente du régime politique « Union Sacrée de la Nation » aura pour nuisance collatérale immédiate d’administrer l’ultime dose d’euthanasie homéopathique à une république agonisante. Comme insensible et indifférent, il est en train de précipiter la mort du géant pachyderme africain tombé et gisant plus bas que terre : le Rubicon de la défiance du peuple d’en bas est littéralement franchi !

L’appel exhortait alors le premier Citoyen congolais à faire montre d’un volontarisme d’airain et un réalisme de vérité pour aller au large, soit au-delà de son « USN », d’avancer en eau profonde pour en adjurer les élites à s’engager dans une utopie libératrice à prendre le risque d’assumer volontiers une sorte de rébellion politique inspirée par le Peuple et de renverser le jeu actuel hors voies et règles institutionnelles, elles-mêmes étant largement inadaptées et donc inutiles. Il s’agit, loin des projecteurs des flagorneurs, d’imposer aux foules des partisans la discipline pour l’observance de la règle de conduite au service de l’objectif stratégique central.

(Felix), Duc in altum, et laxate retia vestra in capturam ! (Oui, Félix) Avance en eau profonde, (fais prendre le large à la barque, dans l’unité et la concorde des pensionnaires du faîte du dôme institutionnel national,) et jetez vos filets pour pêcher ! Choisissons de jeter ensemble les filets de la réconciliation véritable des cœurs de la totalité des citoyens, de l’ensemble des forces sociales et politiques de la nation, des deux sections du Peuple, le peuple d’en bas et le peuple d’en haut, en vue de la formation d’une véritable et éternelle union sacrée de la nation, fondée sur le socle d’un consensus général forgé à l’initiative du chef de l’État, et par laquelle la nation trouvera des voies et moyens de conjurer durablement le lugubre spectre, celui d’une dérive irréversible et définitive du navire de haute mer battant pavillon congolais, avant l’imminent fracas qui rappelle la tragique fin de l’insubmersible Titanic.

Sinon, une révolution violente pourrait naître ex nihilo, plutôt d’un mouvement de type attrape-tout surgissant spontanément de nulle part, lequel fédérerait des colères de toutes sortes perceptibles dans tous les pans de la société et de plus en plus bruyantes pour finir par tout balayer. Une telle révolution violente hâterait la délitescence du Congo. Et le destin immédiat du peuple basculerait dans l’horreur. Aussi, l’indignation, la frustration et la rage voire la colère des gens de peu deviennent incompressibles et leur défiance abyssale et implacable face aux élites de pouvoir : les gouvernants et les législateurs, sont de plus en plus perçus et détestés comme des affameurs, des manipulateurs, des spéculateurs sans scrupules. Car ces riches et ces puissants, flamboyants locataires et squatteurs des palais de la République, se tiennent bien perchés, protégés et – comble de l’illusion ! — hermétiquement enfermés dans la calotte du dôme institutionnel du pays, ce domaine de vie exclusif de la ploutocratie nationale.

La tribune engageait alors les élites dirigeantes à entreprendre résolument une révolution tranquille, en allant à la rencontre du peuple, en l’écoutant et en échangeant avec lui à travers la préparation et l’organisation d’un grand débat national novateur dont les assises permettront de redimensionner et de reprendre complètement les fondements du radier général de la société congolaise, lequel est demeuré en l’état léopoldien, jamais revisité et donc inachevé depuis 1960 jusqu’à ce jour, et ensuite alors seulement penser et entreprendre une sorte de croisade nationale « to be or not to be » dans le but de marcher vers la terre promise, de construire collectivement le bien commun.

Afin que le pouvoir interinstitutionnel ne soit pas irrémédiablement trompé par des charlatans, une analyse approfondie a fut postée en septembre 2024 dans le blog : https://lucarneduguetteur.blogspot.com en justification du plaidoyer pour l’organisation d’un grand débat social et citoyen : Le Grand Débat National Novateur (GD2N) de refondation et construction d’un destin de dignité et de grandeur : « Le Congo moderne », nation forte, prospère et juste au service du bonheur commun, de la vie heureuse pour tous et chacun : « Dialogue politique ? Que nenni ! Le Peuple d’en-bas demande plutôt le bien-être social pour tous, ciment de la cohésion sociale ! Un sésame ? « Le Congo Moderne » via le Grand Débat National Novateur !

Non, le Peuple ne veut ni de conférence constitutionnelle d’accommodation conjoncturelle ni de conférence nationale de défoulement ni de dialogue politique de replâtrage institutionnel – en réalité celui du tissu politique avec les mêmes hommes et femmes – ni surtout de consultations d’acteurs socio-politiques du haut, ces véritables harpagons repus, détenteurs exhibitionnistes de privilèges, sinécures et rentes de situation. Non, le Peuple désespère ! Il répugne la parole publique des élites et exècre tous ces conciliabules à vocation de blanchisseries des acteurs socio-politiques, de thermales de réincarnation du chiendent des crises de légitimité à répétition et de sécréteurs des chicayas politiques sans fin. Oui, le Peuple demande son bien-être ! Un sésame : le Grand Débat National Novateur de refondation et construction d’un destin de dignité et de grandeur : « Le Congo moderne », nation forte, prospère et juste au service du bonheur commun, de la vie heureuse pour tous et chacun. Oui, telle est l’immuable volonté testamentaire des pères de l’Indépendance enfouie dans les « mémoires d’outre-tombe » du Premier ministre P.E. Lumumba, oubliée et jamais exécutée par la postérité :

Nous bâtirons un pays plus beau qu’avant – Debout Congolais, 1960.

Pour bâtir notre pays toujours plus beau  – La Zaïroise, 1971.

Nous bâtirons un pays plus beau qu’avant – Debout Congolais, 1997.

 

Le sursaut ou l’abîme ?

Un Sprint de trois mois de « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État » pour résorber enfin réellement et durablement une crise politique systémique et cyclique née dans le pays il y a plus de 65 ans, et alors vouloir et pouvoir refonder le Congo de manière classique ?

Bâtir pour la toute première fois un État moderne souverain, affranchi de l’héritage colonial belge, assaini de la vision du duc de Brabant encore vivace, et guidé par des mythes fondateurs endogènes, exhumés des vestiges du règne léopoldien et belgo-congolais et moyennant ré-ancrage culturel, remis au caractère du peuple congolais indépendant, à ses coutumes, à son climat et à sa culture, son âme , à la réalité sociologique et à l’identité profonde des citoyens ?

Oui, mais … voire Que Nenni !

Pourquoi ne pas plutôt essayer le sésame « Duc in altum » en marche « Marathon de trois ans » déroulé suivant un processus structurant et inclusif de « Grand débat national : une concertation sociale, citoyenne et novatrice d’appropriation et refondation du Congo postcolonial » ?

 

Oui, en « Duc in altum » un véritable jackpot stratégique élaboré en une formule thérapeutique « macédoine » sans égale dans la série des 77 essayées par le passé pour résorber les secousses épisodiques à répétition de la grande crise politique systémique et cyclique, à compter de la Conférence de Tananarive du 8 au 12 mars 1961 et du Conclave de Lovanium du 22 juillet au 2 aout 1961 !

Oui, en « Duc in altum » un « python constrictor géant », lequel, par la magie de son pouvoir structurant et réconciliateur, de ses vertus d’inclusivité, de pertinence et de cohérence, est capable d’engloutir le chiendent originel des crises politiques récurrentes de même que les rejetons de réincarnation de l’ivraie politique !

Oui, en « Duc in altum » un parfait catalyseur de la réconciliation véritable des cœurs de l’ensemble des Congolais, de la formation d’un front idéologique commun et de l’émergence d’une nouvelle « union sacrée de la Nation véritable et immortelle », qui recouvre les valeurs, forces, aspirations et attentes de la totalité des enfants du Congo, ceux du peuple d’en haut comme du peuple d’en bas, dans la voie du triptyque « Dialogue – Éducation – Travail » cher au Pape François d’heureuse mémoire : le dialogue entre les générations comme base pour la réalisation de projets communs ; l’éducation en tant que facteur de liberté, de responsabilité et de développement ; le travail pour une pleine réalisation de la dignité humaine. Faire travailler chacun et tous pour l’intérêt général garantit l’harmonie, la paix et la réussite de la vie en société. Réussir à faire travailler ensemble les membres querelleurs de la communauté nationale à la réalisation d’un bien commun en partage, ferait taire pour longtemps leurs disputes et conflits !

Oui, à travers « Duc in altum » se prépare l’indispensable croisade révolutionnaire de refondation-renaissance-reconquête identitaire, culturelle, socio-économique et politique du Congo bicentenaire (1885 – 2085) par la construction des mythes fondateurs du Congo postcolonial, une identité et un destin authentiquement congolais déterminés souverainement par la communauté de destin national en remontant et puisant, le cas échéant, aux sources identitaires et culturelles originelles de l’État Indépendant du Congo (1885).

En perspective une grande première depuis le 30 juin 1960 voire le 1er juillet 1885 : tirant une volonté d’airain collective du tremplin de ces mythes fondateurs, la croisade pourra transformer en un triomphe transgénérationnel durable, un essai historique : confesser et réparer le péché grave originel des pères de l’indépendance, celui de l’omission ou oubli de la promesse testamentaire faite en gage de l’option d’autodétermination : « tout revoir, tout repenser par nous-mêmes » et au goût du peuple une fois l’indépendance conquise !

Oui, « Duc in altum » construit et érige au cœur de la conscience nationale un puissant aiguillon à la fois « exterminateur » du chiendent des crises politiques, « torréfacteur » des rejetons de réincarnation de l’ivraie politique et « réificateur » de la promesse nationale testamentaire d’édification d’un « pays plus beau qu’avant », un « autre Congo », un « Congo moderne » et une société congolaise solidaire, de justice et de progrès pour tous !

Oui, « Duc in altum » procède à une remise à l’endroit institutionnelle générale suivant les pratiques classiques de construction de l’État, c’est-à-dire comme avant jamais depuis le 1er juillet 1885, les Congolais n’ont eu à conduire ni même prendre part à une démarche obéissant à un processus ordonné et cohérent qui guide la société congolaise dans la réalisation d’un exercice maîtrisé de choix menant à la réalisation du rêve de l’espérance pour le Congo bicentenaire 1885 – 2085.

L’ensemble des élites du pays doivent hic et nunc opérer des choix cornéliens sur l’avenir et le devenir du Congo, et engager pour la première fois et mener jusqu’au bout le premier exercice fondateur du Congo postcolonial selon la vision et la volonté des Congolais. La charge consistera à définir une ligne générale et une politique générale pour la construction d’une société idéale future selon la volonté et le goût du peuple : définir d’abord des finalités communes et des préférences, et ensuite des grandes orientations, des objectifs, des stratégies et corollairement des politiques publiques ainsi que des institutions sociales, économiques et politiques correspondantes adaptées à la réalisation des objectifs, identité, le tout devant résulter de la délibération collective. Ce faisant, le pays prendra ainsi le point de départ d’un processus régulier de réflexion approfondie et d’analyse des enjeux essentiels auxquels la société congolaise doit répondre ainsi que de leurs implications.

Viendra ensuite l’esquisse d’une série d’orientations prioritaires pour les dix, vingt, trente ans à venir ainsi qu’une prospective générale de rêves intergénérationnels allant jusqu’à l’horizon des cinquante ans à venir et plus. Les institutions choisies seront traduites, agencées et organisées par les citoyens qui, n’ayant jamais auparavant joué sainement et véritablement le rôle naturel de pouvoir constituant originaire ni même pouvoir constituant régulièrement dérivé ou institué, seront enfin établis pour la toute première fois en « citoyens véritablement constituants » pour doter enfin le pays d’une véritable Constitution, idéale et sacrée, et non plus comme « charrue plantée avant les bœufs ».

Destinataires de la lettre

Lettre citoyenne aux élites du Congo, toutes : élites politiques et administratives, médiatiques, religieuses et morales, intellectuelles et culturelles, économiques et techniques, pouvoir et contre-pouvoir, autorité sans compétence et compétence sans autorité.

 

À l’adresse des élites en responsabilité institutionnelle, des personnes élevées en dignité, des leaders et des personnalités clés des mouvements sociaux et citoyens, et de toutes élites politiques et sociales en vue de la formation d’un front idéologique commun, socle d’émergence d’une nouvelle union sacrée de la Nation véritable et immortelle, celle de la totalité des enfants du Congo, du peuple d’en haut comme du peuple d’en bas, et aiguillon à la fois exterminateur du « chiendent » des crises politiques récurrentes, torréfacteur des rejetons de réincarnation de l’ivraie politique, et réificateur de la volonté nationale séculaire d’appropriation et refondation du Congo postcolonial, d’édification d’un « pays plus beau qu’avant » !

Et afin que nulle figure publique marquante du pays, politique ou sociale, n’en prétexte cause d’ignorance et avant que nos yeux prophétiques ne soient dessillés de la dernière illusion, certes ingénue, d’un hypothétique mais toujours possible sursaut d’amour, d’humilité et de patriotisme dans le chef des hommes et femmes en responsabilité institutionnelle, la présente lettre ouverte porte et développe un double plaidoyer :

« Pro domo » contre la République dans sa gouvernance clivante, anxiogène et conflictogène soit et contre une gouvernance publique brouillonne, erratique, chaotique et inefficace, génératrice des charges émotionnelles, frustrations et colères dans les masses des plébéiens congolais, fabrique à profusion des vaincus sociaux et marginalisés factieux, séditieux, révoltés voire rebelles. Un casus emblématique : la requête « pro domo sua » en recouvrement du droit à « une sépulture de première classe » du citoyen Bongungu, cadre dirigeant de la REGIDESO de 1980 à 2019, aujourd’hui septuagénaire.

« Pro bono » pour la République de la totalité des citoyens et contre « l’Union Sacrée de la Nation », celle des acteurs politiques et sociaux « membres du peuple d’en haut » : locataires – ou postulants – et squatteurs des palais de la République, et pour la République par une offre « pro bono publico » sur un questionnement catilinaire inquisitorial et réquisitorial postulant « la nécessité de l’urgence de pensée et d’action » en vue de l’émergence d’une « nouvelle union sacrée de la Nation véritable et immortelle.

 

S.E.  Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République : affronter ce qui est dit aujourd’hui par les citoyens et y répondre franchement, surtout pas par des entourloupes ; donner le déclic premier, ferme et puissant dans la perspective de l’émergence d’un mouvement général citoyen de remise à l’endroit institutionnelle et d’amélioration de la gouvernance publique ; et aux fins de la restauration du ciment pour le vivre-ensemble et socle de notre communauté de destin, administrer en urgence une cure de cheval à l’attelage gouvernemental en l’expurgeant des nombreux ministres et mandataires de l’Etat fossoyeurs impénitents, conscients ou inconscients, de ce liant de la concorde et de la solidarité nationale, et en faisant appel à de véritables maîtres d’œuvre aguerris pour la mise en œuvre d’un programme de déclics de confiance !

Aux personnes en responsabilité institutionnelle de la prise en charge et canalisation des questions, idées et propositions suscitées, abordées, exposées, analysées et développées dans le présent essai de dissection à la racine de l’énorme crise actuelle et des enjeux et impératifs de survie de la Nation, de coexistence pacifique entre ses enfants et de relèvement des défis de refondation du Congo :

Guillaume NGEFA Atondoko Andali, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux.

André MBATA Betukumesu Mangu, Secrétaire Permanent et Porte-parole de l’Union Sacrée de la Nation.

À l’intention des têtes des démembrements du dôme institutionnel national, et des Servantes et Serviteurs de l’État de tous rangs, par la diligence de :

Cheffe et membres du Gouvernement, plénipotentiaires et mandataires publics.

Président et membres du Bureau du Conseil supérieur de la magistrature, CSM.

Membres de la Représentation nationale.

Dans une perspective de continuité, perpétuation et d’expansion de la réflexion et de l’action par les générations d’architectes et artisans du Congo bicentenaire (1885 – 2085) :

À la Jeunesse congolaise active à travers des associations et mouvements citoyens, Écoles et Universités : Conseil National de la Jeunesse (CNJ-RDC), parlement des jeunes, parlement des étudiants, mouvements d’action de jeunes à charisme propre, confessionnels ou non, chrétiens catholiques, orthodoxes, protestants, évangéliques, pentecôtistes, néo-charismatiques ou des églises de réveil, branhamistes, kimbanguistes et musulmans, et autres associations.

Aux institutions, organisations non gouvernementales, et associations à but non lucratif, d’essence spirituelle, sociale, économique, d’appui à la démocratie : CNSA, CSAC, CNDH, CES…; représentations structurées des Confessions religieuses : CENCO, ECC, Église Orthodoxe, ERC, EJCSK, COMICO… ; mouvements associatifs d’action et organisations des élites religieuse, morale, artistique, intellectuelle, scientifique et technique : AMOCO, CALCC, FICCHER, MILAPRO… en vue des concertations exemplaires, sincères et apaisées en rapport à la perspective de l’organisation des mini- congrès des idées, propositions et engagements.

À tous les compatriotes congolais : des forces vives sociales et politiques, de la grande Diaspora ainsi que des « exilés » de l’intérieur, comme moi-même, de l’immense « Géant africain » à la double « massivité » territoriale et démographique ; vous, tous, à l’instar des contemporains du prophète Jérémie alors déportés de Jérusalem à Babylone, des vaincus sociaux et tous citoyens exclus des cercles fermés des détenteurs du pouvoir et de la puissance publique, bénéficiaires avec leurs protégés des rentes d’affinité et d’intérêt à profusion, partageons une exhortation matutinale : « recherchez la paix pour la ville où je vous ai déportés ; priez Yahvé en sa faveur, car de sa paix dépend la vôtre » (Jérémie 29.7) !

 

Vivement une trêve franche d’affrontements, de chasse aux sorcières et traques, de stigmatisations, de persécutions, d’injures, de menaces ! Trêve de contestations de rue, de sit-in, de journées villes mortes, de marches protestataires comme celles de soutien, d’actes de désacralisation des animateurs des institutions, d’opérations de distributions des tracts et fake news numériques !

La lumière de « La Lucarne du Guetteur de la Nation » s’emploie à tamiser méticuleusement les flux d’opinions et positions vraies et assumées qui s’entredéchirent aujourd’hui afin qu’elles puissent apparaître et être ressenties par et dans la communauté de destin telles qu’elles sont réellement, c’est-à-dire à fondamentalement convergentes, sinon à tout le moins comme des « convergences parfaitement parallèles » (Laurent Cai Monsengwo Pasinya) et qu’alors « unies par le sort, toutes les forces vives, sociales et politiques, soient unies dans l’effort pour sauver la République démocratique du Congo, celle du Peuple ».

Que vous écoutiez ou que vous n’écoutiez pas, ce que le Guetteur de la Nation a reçu gratuitement au titre de l’appel à la mission, il vous en donne gratuitement (Mathieu 10, 8), portant le cri de révolte du peuple d’en bas comme moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de l’émotion collective.

 

« Vous êtes donc assez fous, enfants d’Israël, pour condamner sans enquête et sans évidence une fille d’Israël ? Retournez au lieu du jugement, car ces gens-là ont porté contre elle un faux témoignage… Viens siéger au milieu de nous et dis-nous ta pensée, puisque Dieu t’a donné la dignité de l’âge » (Daniel 13, 48-50).

Vous êtes donc assez fous, enfants du Congo élevés en dignité, pour vous écharper continuellement, vous condamner et vous crucifier les uns les autres au pied de « la tour de Babel » érigée sur les ruines de nos fragilités, juste sur des contrariétés déchirantes d’opinions ou convictions, de velléités ou volontés et d’entreprises de conservation ou de conquête du pouvoir ? Évacuez vos jugements et condamnations hâtifs et définitifs.

 

Le Petit Livre catilinaire se veut une œuvre de vérité ayant l’odeur du peuple congolais d’en bas, un mystère du Royaume caché aux sages et aux intelligents, aux figures socio-politiques marquantes, mais révélé aux tout-petits, aux gens de peu : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits » (Mathieu 11, 25).

Tollite, legite ! Prenez, lisez et dévorez ‘‘Le Petit Livre catilinaire’’. Heureux les lecteurs et les auditeurs de ces paroles prophétiques s’ils en retiennent le contenu, car le Temps est proche : « il remplira vos entrailles d’amertume, mais dans votre bouche il sera doux comme le miel » (Apocalypse 10, 8 – 11).

 

Vous, autorités morales divinisées, boulimiques du pouvoir pour le pouvoir, retournez aux sièges de vos états-majors et revisitez-y vos certitudes, vos assurances et vos rêves sur fond de vos opinions et déclarations car celles-ci ont gravement péché par l’oubli ou omission de la volonté testamentaire des pères de l’indépendance, à savoir le gage de « tout revoir, tout repenser par nous-mêmes » aussitôt l’indépendance conquise afin de pouvoir refonder un autre Congo véritablement congolais.

    admin

    Related post