Avec le transfert des FDLR dans leur pays d’origine par la MONUSCO: Kigali perd son alibi fétiche !

 Avec le transfert des FDLR dans leur pays d’origine par la MONUSCO: Kigali perd son alibi fétiche !

Incumbent President of Rwanda and Rwandan Patriotic Front (RPF) presidential candidate Paul Kagame arrives at his final campaign rally in Kigali, on July 13, 2024, ahead of the 2024 Rwandan general election. (Photo by LUIS TATO / AFP)

Le transfert de 120 membres des FDLR vers le Rwanda, annoncé par la MONUSCO, agit comme un révélateur diplomatique. Kinshasa, en respectant les Accords de Washington, retire à Kigali son principal argument de la menace des FDLR en justifiant la présence militaire rwandaise à l’Est de la RDC.

Kigali perd ainsi son éternel narratif sécuritaire et ne peut plus invoquer la lutte contre les FDLR comme une raison de son déploiement à l’Est de la RDC. Pour certains experts, dans cette logique, la communauté internationale risquerait de demander des comptes à Paul Kagame sur la véritable nature de son intervention.
Et en continuant à maintenir ses troupes malgré la démobilisation, le Rwanda s’expose à une critique accrue de l’Union africaine, du Conseil de sécurité des Nations unies et des partenaires occidentaux. Le soupçon que Kigali cherche à contrôler les zones minières de l’Est prendrait de l’ampleur et tout son sens tout en devenant un argument diplomatique difficile à contrer.
Par son geste, la RDC gagne en crédibilité et peut désormais repositionner ses alliances, notamment avec l’Ouganda et les États-Unis, en mettant Kigali face à ses contradictions, elle qui n’arrêtait pas de jurer combattre les FDLR. Mais voilà que Kinshasa les rapatrie, laissant l’armée rwandaise nue comme un roi sans couronne. Désormais, il reste à savoir si le prétexte changera de costume ou si le rideau tombera enfin sur cette pièce militaire qui n’a que trop duré. Parce qu’avec Paul Kagame, il est difficile de te mettre définitivement dos au sol, ironisent des observateurs.

L’affaiblissement du poison Rwandais…
En effet, le transfert de 120 membres des FDLR avec leurs familles vers le Rwanda constitue un signal fort qui montre que Kinshasa applique concrètement les Accords de Washington, en facilitant la démobilisation et le rapatriement des combattants FDLR des zones sous son contrôle. Cela affaiblit l’argument sécuritaire de Kigali, qui justifiait la présence de ses troupes en RDC par la menace supposée des FDLR.
La RDC démontre sa volonté de respecter ses engagements, ce qui renforce sa crédibilité diplomatique et affaiblit le narratif que Patrick Muyaya a toujours traité de poison rwandais. Kigali perd son principal prétexte militaire, puisque les FDLR sont désormais en voie de démobilisation et de rapatriement. Ce qui déplace le problème, les « FDLR résiduels » que le Rwanda évoque se trouvant désormais dans des zones contrôlées par le M23/AFC. Kigali se trouve alors face à ses propres contradictions.
Le geste de Kinshasa renforce sa position dans les négociations et montre sa bonne foi. Tandis que pour Kigali, la pression internationale pourrait s’accentuer pour qu’il retire ses troupes, son argument sécuritaire s’étant effrité comme peau de chagrin.

Le Journal

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