CJP : Le Gouvernement congolais doit accélérer le processus du dialogue inclusif

La Commission diocésaine Justice et Paix, de l’Archidiocèse de Kinshasa a invité le Gouvernement congolais, lors d’un point de presse tenu samedi 30 août, à accélérer le processus du dialogue inclusif entre acteurs impliqués dans le dossier phénomène Mobondo, persistant au plateau de Bateke, dans l’ouest de la République démocratique du Congo.
« Au ministère de l’Intérieur, sécurité et décentralisation, d’accélérer le processus du dialogue inclusif en perspective, en partenariat avec les structures locales et internationales qui œuvrent pour la paix dans la partie en conflit. Aussi, conseillons-nous pour ce faire de rechercher à dialoguer avec les vrais acteurs de la crise afin d’aboutir, à des résolutions efficaces qui favorisent la paix sociale et le bien-vivre ensemble et durable », a déclaré la sœur Perpétue Makiese, responsable du bureau de la commission diocésaine justice et paix, de l’Archidiocèse de Kinshasa.
Elle a poursuivi en soulignant la lutte contre le chômage et l’oisiveté des jeunes qui contribuent au banditisme.
« Nous recommandons au Gouvernement de la République de mettre en place une stratégie exhaustive pour lutter contre le chômage et l’oisiveté des jeunes qui contribuent de manière substantive au banditisme et de disponibiliser des moyens financiers conséquents pour la reconstruction des infrastructures détruites par les Mobondo et ainsi, permettre aux déplacés de revenir vivre dans leur village dans des conditions plus humaines », a-t-elle évoqué.
Parlant de la réelle prise en charge des forces de défense et de sécurité et de lutter contre leur affairisme elle invité le Gouvernement de renforcer l’autorité de l’État à travers une présence policière bien équipée dans toutes les agglomérations ratissées par les Forces armées.
« Nous plaidons pour plus d’engagement de l’armée pour déloger les Mobondo dans leurs différentes régions. (…) En même temps, nous invitons à une réelle prise en charge des forces de défense et de sécurité et de lutter contre leur affairisme qui risque de faire perdurer la crise. Au regard de l’étendue de la zone où opèrent les Mobondo », a ajouté la responsable du bureau de la commission diocésaine Justice et Paix.
Des procès publics pour décourager
Formulant des recommandations spécifiques à l’endroit des ministères de la Justice et des Affaires sociales, elle a demandé d’organiser des procès publics des auteurs des massacres et de renforcer l’aide aux déplacés.
« Au ministère de la Justice et Garde des Sceaux, d’organiser les procès publics des auteurs coupables des crimes graves et avérés. A défaut de cela, organiser une justice conditionnelle dans ces quatre piliers: le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation et le droit aux garanties de non-répétition, afin de décourager les velléités des autres personnes qui seraient tentées de rejoindre les mouvements Mobondo », a-t-elle ajouté.
Des chiffres inquiétant des morts et des déplacés
De 2022 à nos jours, la milice Mobondo a causé la mort de plus de 5 000 personnes, plus de 700 000 personnes déplacées dont des femmes enceintes et des orphelins. C’est à travers le projet intitulé « Lisanga », la Commission diocésaine Justice et Paix de Kinshasa qu’a été dénombré ces morts liées au phénomène Mobondo dans le Grand Bandundu et une partie du Kongo Central et de Kinshasa, il y a deux ans.
Gel Boumbe
