Adolphe Muzito est formel : “le gouvernement peut financer les infrastructures, équiper l’armée et améliorer les salaires”

 Adolphe Muzito est formel : “le gouvernement peut financer les infrastructures, équiper l’armée et améliorer les salaires”

Interrogé par RFI le mercredi 10 septembre 2025, pour éclaircir pourquoi l’opposant qu’il est a accepté d’entrer dans le gouvernement de Félix Tshisekedi après presque sept ans. Un surprenant changement de cap ! Il explique que face à l’agression de de la RDC et au vu de l’élan pris par le pays, il ne pouvait que répondre à l’appel solennel du président Félix Tshisekedi afin de lui prêter main forte et mettre son expérience à sa disposition pour faire avancer la République.

Pourtant, à la suite de ce que Muzito appelle l’agression dans l’Est de son pays, d’autres figures de l’opposition n’ont pas accepté le principe d’entrer au gouvernement. Cas de Martin Fayulu qui précise qu’il faut d’abord que le pouvoir organise un dialogue politique national, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Mais Muzito en entrant dans le gouvernement Suminwa 2, sans dialogue préalable, ne met-il pas la charrue avant les bœufs ?

À cette préoccupation, le ministre du Budget a fait savoir que de son point de vue, le dialogue ne peut se faire qu’autour de Monsieur Tshisekedi. Ce n’est pas le dialogue qui va donner la légitimité. Monsieur Tshisekedi est déjà légitime, c’est lui qui incarne la légalité nationale. S’il recourt à l’opposition, c’est parce qu’il veut associer tous les Congolais pour qu’ils parlent d’une même voix et qu’ils puisse matérialiser la cohésion nationale de manière à faire face à l’ennemi, tout simplement. Et Muzito de confier que lui, n’avait pas besoin d’attendre, tout en sachant que Monsieur Tshisekedi représente la légalité nationale. “Nous sommes agressés. C’est lui qui est à la tête du pays. Il veut l’apport de tout le monde pour que tous les Congolais parlent d’une même voix, pour que psychologiquement, on puisse affaiblir nos agresseurs, notamment le Rwanda et ses sous-fifres. Donc, je n’avais pas besoin d’une légitimité autre que celle dont il est porteur, parce que c’est lui, finalement, qui a été élu par le peuple”, a souligné le président de Nouvel Élan.

Quand on lui rappelle que de 2008 à 2012, pendant près de quatre ans, il avait été le Premier ministre du chef de l’État de l’époque, Joseph Kabila. Or, aujourd’hui, celui-ci est en exil et poursuivi par la justice militaire congolaise pour complicité avec les rebelles du M23. Le 25 août, le ministère public a même requis contre lui la peine de mort pour crimes de guerre et trahison. Qu’est-ce qu’il en pense ?

Sans tergiverser, il avoue que d’abord, il faut respecter la justice. Et que c’est elle qui va se prononcer. Quant au président Kabila, le moment venu, il devra éventuellement faire appel. Muzito croit que nous sommes un pays démocratique et la justice va toujours examiner son appel.

“Je trouve Monsieur Tshisekedi d’autant plus généreux que je ne le vois pas en train d’appliquer une telle peine de mort. Mais à ce stade, il faut respecter la justice et attendre son verdict”, réplique-t-il.

Connaissant bien Joseph Kabila, pour avoir travaillé à ses côtés pendant près de quatre ans, qu’est-ce que Muzito pense de son attitude politique actuelle ? À cette question, l’ancien candidat président de la République dit n’avoir pas beaucoup apprécié qu’il soit passé par le Rwanda, parce qu’il avait fait la guerre en son temps, et il avait repoussé les rebelles. Muzito ne voit pas comment Kabila peut se hasarder à organiser une rébellion contre le pays ou soutenir les sous-fifres que sont ces rebelles. “Je n’ai pas compris cette attitude. Ce n’est pas une attitude responsable de sa part”, tranche l’invité de RFI.

Un budget réaliste pour 2026…

En juin dernier, le Congo a dû réviser le budget initialement prévu à la baisse à cause de la guerre et d’un manque à gagner de quelque 700 millions de dollars. Quel budget alors prévoit Muzito pour l’année prochaine ?

Pour 2026, dit-il, il prévoit un budget autour de 12 milliards USD en ressources propres. Ça va correspondre, par rapport au budget dont a hérité Monsieur Tshisekedi, le double. Et Monsieur Tshisekedi et sa Première ministre pourront, à ce moment-là, dégager les ressources nécessaires pour financer les infrastructures et équiper l’armée et peut-être améliorer les salaires du personnel, des agents de l’État, en dégageant d’autres économies grâce au contrôle que nous pourrions faire, sous le contrôle de la Première ministre, pour extirper des effectifs de l’administration publique tous les agents fictifs introduits par les différents responsables. Donc, il y aura une tendance à l’amélioration des salaires des agents dans une certaine proportion. Donc, nous sommes dans le bon avec ce budget qui pourrait être autour de 12 milliards en ressources propres, avec des ressources extérieures autour des cinq, 6 milliards de dollars.

En parlant d’un budget en ressources propres de 12 milliards de dollars qui représenterait un doublement par rapport à quel budget, de quelle année ?, lui demande-t-on avant de le voir soutenir que c’est par rapport au budget de la fin du quinquennat précédent de Monsieur Tshisekedi, qui était de 8,5 milliards, ça va être un doublement.

 

 

Parce que, à ces 12 milliards, il pourra ajouter 4 milliards de ressources extérieures, plus ou moins 5 milliards de dollars grâce au financement de la communauté internationale.

Le Journal

 

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