RDC : Quand l’État devient locataire chez ses propres voleurs !: RDC : Quand l’État devient locataire chez ses propres voleurs !

 RDC : Quand l’État devient locataire chez ses propres voleurs !: RDC : Quand l’État devient locataire chez ses propres voleurs !

La dénonciation de Guillaume Ngefa dans une sortie médiatique, révèle une réalité choquante : plus de 150 maisons de l’État, dans la seule commune de la Gombe, à Kinshasa, et censées incarner la présence ainsi que la dignité de la République, ont été accaparées par des particuliers. Derrière ces murs volés se cache un réseau de malfaiteurs composé d’anciens ministres, de généraux et autres hauts dignitaires. Ce qui est dénoncé à Gombe n’est pas un cas isolé. Le pays, dans son ensemble, est en proie à ce dérapage inquiétant.

Du coup, l’impunité s’érige dans le mode de gouvernance. Or, la spoliation du patrimoine public n’est pas un accident isolé, mais le symptôme d’une culture d’impunité. Ceux qui devraient protéger l’État se servent dans ses biens, transformant les institutions en butin. Le silence ou la simple constatation équivaut à une complicité.

Les conséquences

La crédibilité de l’État se trouve dévaluée. Comment exiger des citoyens qu’ils respectent la loi quand les élites la piétinent?, c’est la question que ne cesse de se poser certains observateurs.

Avec raison par ailleurs, parce que ces maisons devraient loger des fonctionnaires, des enseignants, des médecins. Mais elles servent aujourd’hui de résidences privées à des prédateurs que l’État dénonce sans chercher les voies et moyens de les mettre hors d’état de nuire.

Pourtant, chaque maison spoliée est une cicatrice dans l’histoire nationale, rappelant que l’État peut être dépossédé par ses propres enfants.

Guillaume Ngefa, au lieu de constater tout simplement et se montrer impuissant, devrait envisager ipso facto, un audit foncier pour recenser les biens spoliés, ouvrir des actions judiciaires contre les bénéficiaires, sans exception. Pas seulement ça, parce que dans la foulée, le ministre de la Justice peut ordonner une réquisition légale pour restituer les maisons à l’État et initier des réformes institutionnelles afin de verrouiller la gestion du patrimoine public.

La raison étant qu’actuellement, à la Gombe, l’État n’a plus d’adresse mais il squatte chez ses propres voleurs. C’est bien là, l’absurdité d’une République où les biens publics sont confisqués par ceux qui devraient les protéger.

Ce que Guillaume Ngefa dénonce est symptomatique d’un mal enraciné dans la gestion des biens publics avec la spoliation permanente du patrimoine public par des réseaux puissants, souvent protégés par leur statut d’anciens dignitaires. Se limiter à constater, comme Ngefa l’a fait, c’est accepter que l’État devienne un spectateur impuissant de son propre dépouillement.

Mais après avoir constaté, le mieux à faire c’est de publier des rapports, dénoncer publiquement, sensibiliser l’opinion. Un audit foncier et immobilier serait indiqué pour recenser les biens spoliés et établir la traçabilité des titres avant d’engager des actions judiciaires et des poursuites contre les bénéficiaires, même s’ils sont anciens ministres, mandataires publics ou généraux des FARDC.

Il y va de la crédibilité de l’État pour montrer que nul n’est au-dessus de la loi.

Nous sommes ici dans un cas plus grave que la simple spoliation privée des maisons appartenant à l’État, censées être protégées par la puissance publique, se retrouvent transformées en propriétés privées… avec la bénédiction implicite ou explicite de l’État lui-même.

Le Journal

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