Révision constitutionnelle: Kamuleta ouvre la boîte de Pandore !

La Cour constitutionnelle de la RDC a, à la faveur de la rentrée judiciaire, jeté le pavé dans la mare, en demandant au législateur de se pencher désormais sur la révision de la constitution. L’on touche par là, à ce qui faisait trembler l’opposition depuis le début du deuxième mandat de Félix Tshisekedi. Un analyste de la vie politique congolaise fait une lecture sans phares de la question.
En effet, la rentrée judiciaire 2025 aura été marquée par une déclaration qui fait frissonner les colonnes du pouvoir, comme celles de l’opposition avec l’invitation de la Cour constitutionnelle de la RDC faite au législateur à se pencher sur une révision de la Constitution. C’est une suggestion en apparence technique, mais dont la portée politique est vertigineuse, estime l’analyste qui note que toucher à la Loi fondamentale, c’est non seulement effleurer les nerfs à vif de la République, mais c’est aussi réveiller les spectres du glissement, du troisième mandat, des équilibres fragiles entre institutions.
Beaucoup plus que cela, c’est surtout raviver les inquiétudes d’une opposition qui, depuis des années, voit dans toute velléité de réforme constitutionnelle une tentative de verrouillage du jeu démocratique, déclare notre interlocuteur qui se demande ce que signifie réellement cette interpellation de la Cour ? Est-ce un signal d’alerte sur les incohérences juridiques accumulées depuis 2006 ? Une volonté de moderniser un texte devenu inadapté aux réalités du pays ? Ou bien une manœuvre feutrée, destinée à préparer le terrain à des ambitions moins avouables ?
Si du côté du parlement, pour l’instant, le silence est assourdissant, mais de ce silence, chacun projette ses craintes, ses calculs, ses espoirs. L’opposition tremble, certes, mais elle pourrait aussi saisir cette occasion pour exiger un débat national auquel elle est plus qu’attachée jusqu’à ce jour, débat transparent, inclusif et basé sur les fondements de notre vivre-ensemble.
Car si révision il doit y avoir, elle ne peut se faire dans l’ombre des palais. Elle doit s’écrire à la lumière des citoyens, dans le tumulte des idées, et non dans le confort des arrangements.
Laurent BUADI
