Tête à tête Félix Tshisekedi – Maxime Pivot sur la dégradation de la situation sécuritaire à l’est de la RDC

Le Chef de l’État Congolais, Félix Tshisekedi, a reçu mardi 19 août à la Cité de l’Union africaine (UA) à Kinshasa, le Chef de la diplomatie belge, Maxime Pivot, en séjour dans le cadre d’une tournée en Afrique.
Lors de ce tête à tête avec le Président de la RDC, le Chef de la diplomatie belge a affirmé que « la situation sur le terrain ne s’est pas améliorée », pourtant, un cessez-le-feu avait été signé entre le M23 et la RDC le 19 juillet dernier.
« La situation sécuritaire et humanitaire ne s’est pas améliorée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), un mois après la signature d’un accord de principe entre Kinshasa et le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda », a déclaré Maxime Pivot.
Selon lui, malgré les efforts diplomatiques en cours, il subsiste encore un grand décalage entre les intentions couchées sur papier et la réalité du terrain. « Le mois qui s’est écoulé depuis la signature est probablement l’un des mois les plus meurtriers », a regretté M. Prévot.
À l’issue de cet entretien de près de deux heures, M. Prévot a réaffirmé l’engagement ferme de la Belgique, et plus largement celui de l’Union européenne (UE), dans les efforts de paix menés par la République démocratique du Congo.
« Il y a toujours trop de violences, trop de viols, trop de tueries. Il y a des problèmes humanitaires qui restent criants. Il y a motif à avoir toujours d’énormes préoccupations par rapport à la situation dans l’Est du Congo, où on voit du reste le M23 s’installer, organiser sa propre administration, son propre appareil de justice, remplacer les chefs coutumiers, se comporter finalement comme si le territoire était devenu leur État. Ce n’est pas acceptable ! », a martelé le ministre des Affaires étrangères belges.
Nécessité d’une mobilisation de la communauté internationale
Le Chef de la diplomatie belge a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de rester mobilisée sur la situation dans l’Est de la RDC. Il a relevé que « la Belgique a toujours été une grande défenderesse des principes du droit international, y compris, évidemment, de l’intégrité des territoires et de la souveraineté des États, ce qui n’est actuellement pas du tout garanti ni respecté dans la partie orientale de la RDC ».
M. Pivot estime qu’au-delà du rôle des acteurs régionaux et internationaux, il a encouragé l’impulsion d’un dialogue national à l’intérieur de la RDC. Il a soutenu qu’en complément des démarches externes, il était essentiel d’envoyer des signaux internes forts en faveur de la paix et de la stabilité.
Aux futurs conseils européens des Affaires étrangères
Le patron de la diplomatie belge a souhaité pouvoir remettre la question de la situation humanitaire dramatique dans l’Est du Congo à nouveau dans l’agenda de futurs conseils européens des Affaires étrangères, pour que ce ne soit pas finalement une situation passée sous silence au motif que l’initiative a été prise par les États-Unis et le Qatar.
S’agissant des Processus de Washington et de Doha, le chef de la diplomatie belge a fait savoir que ce sont « d’initiatives louables que nous soutenons parce que nous voulons croire à la bonne foi de l’ensemble des parties, qu’il s’agisse de la RDC et du Rwanda, pour œuvrer à une paix qui est indispensable à obtenir de manière rapide et durable dans l’Est du Congo, et les Européens doivent rester vigilants sur cette situation. »
Une situation qui perdure
L’est de la RDC est en proie à des conflits depuis trois décennies à cause de ses ressources minières. Les violences se sont intensifiées depuis 2021 avec la résurgence du groupe antigouvernemental M23, qui s’est emparé des grandes villes de Goma en janvier, puis de Bukavu en février.
Selon l »ONU, les affrontements depuis janvier ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.
Le malheur en est qu’après trois mois de pourparlers au Qatar, le M23 et la RDC se sont engagés à respecter un cessez-le-feu le 19 juillet à Doha, dans la foulée d’un accord de paix séparé signé à Washington entre les gouvernements de RDC et du Rwanda fin juin.
Gel Boumbe
