Dialogue inclusif en RDC : L’opposition signe une déclaration commune*

 Dialogue inclusif en RDC : L’opposition signe une déclaration commune*

Dans une déclaration conjointe rendue publique, vendredi 11 juillet, l’opposution congolaise monte au créneau en dénonçant l’augmentation du nombre de déplacés internes, de réfugiés et d’exilés politiques.

 

Dans cette déclaration commune, plusieurs figures de proue ont posé leurs signatures, notamment des leaders représentant les partis de Joseph Kabila, Moïse Katumbi, Seth Kikuni, Franck Diongo, Claudel Lubaya, Delly Sesanga, Jean-Claude Mvuemba, pour ne citer que ceux-là, ainsi que des mouvements associatifs.

 

Bref, cette déclaration a été signée par la majorité des leaders de l’opposition, à l’exception de Martin Fayulu qui envisage à mettre sur pied son Camp de la patrie.

Ces derniers dénoncent ce qu’ils qualifient de « causes profondes » de la crise multidimensionnelle qui secoue le pays. Ils plaident pour une solution globale, et surtout pour l’instauration d’un dialogue politique sincère, national et inclusif.

 

Selon l’opposition, un appel au dialogue n’est pas inédit, mais, cette fois, elle insiste sur la sincérité du processus.

 

Les opposants soulignent que le pouvoir, tout en affichant un soutien mesuré à l’initiative de médiation lancée par les Églises catholique et protestante, chercherait en coulisses à influencer les facilitateurs en posant des conditions qui remettraient en cause leur neutralité.

 

Non au dialogue de façade

Voulant une sincère discussion entre congolais, l’opposition met en garde contre ce qu’elle décrit comme un « dialogue de façade », destiné à légitimer la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, sans véritable débat démocratique.

 

Les opposants et mouvements associatifs congolais évoquent, sans détours, une série de dérives qu’elle estime être à l’origine de l’instabilité persistante en RDC tels que le recul démocratique, les violations répétées de la Constitution, le harcèlement des voix dissidentes, la corruption généralisée, le népotisme et le tribalisme.

 

Selon eux, ces derives constituent des maux qui nourrissent le chaos et la violence, bien au-delà des tensions avec le Rwanda voisin. Ils déplorent l’augmentation du nombre de déplacés internes, de réfugiés et d’exilés politiques représente aujourd’hui l’un des symptômes les plus frappants d’une crise qui s’enracine profondément.

 

Remettre le pays sur les rails de la démocratie et de la paix durable

L’opposition qui veut rebâtir la RDC par une paix durable note que, tant que ces causes internes ne seront pas traitées de manière sérieuse et approfondie, la paix durable restera une illusion. Elle appelle ainsi à une véritable concertation nationale, avec pour objectif, de « remettre le pays sur les rails de la démocratie et de la paix durable », dit-elle.

 

Les opposants précisent que le dialogue est le seul cadre approprié pour débattre des causes profondes de la crise et dégager un consensus national essentiel au

rétablissement de la démocratie, à la restauration de la cohésion nationale et à une paix sociale durable.

 

CENCO : La nécessité de s’attaquer aux racines profondes des conflits

Pendant que l’oppositionet les mouvements associatifs ne jurent que sur un dialogue inclusif sincère, le même son de cloche resonne au sein de la société civile. Mgr Donatien Nshole, Secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a, au cours d’une conférence, insisté

sur la nécessité de s’attaquer aux racines profondes des conflits pour espérer une paix durable en République démocratique du Congo.

 

« Dans un processus de paix, si on ne cherche pas les causes profondes, on ne fait

rien du tout », a affirmé Mgr

Nshole, soulignant les limites des approches superficielles qui ne traitent que les symptômes des crises à répétition dans l’Est du pays.

 

Jetant un regard sur l’accord de paix signé le 27 juin à Washington entre la RDC et le Rwanda, il souligne que cet accord ne prend pas suffisamment en compte les éléments fondamentaux du conflit. Il a ainsi plaidé pour une démarche plus globale, intégrant les aspects sociaux, historiques et

communautaires.

Gel Boumbe

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