La CENCO piétine le testament du Pape François !

 La CENCO piétine le testament du Pape François !

Lors de son voyage apostolique en République démocratique du Congo en février 2023, le Pape François a adressé un message fort et sans détour à l’épiscopat congolais : “ Bien que la prophétie chrétienne puisse inspirer des actions sociales, le souverain pontife avait précisé que les évêques ne doivent pas s’impliquer dans la politique partisane, car leur rôle est d’éveiller les consciences, non de gouverner, en les appelant à protéger les plus faibles.

Le souverain pontife avait en plus mis l’accent sur le refus du commerce dans l’Église en déclarant avec force : « Nous sommes des pasteurs et des serviteurs du peuple, pas des hommes d’affaires ! ». Dans cet ordre d’idée, il les avait mis en garde contre la tentation de voir l’épiscopat comme une position sociale ou un moyen d’exercer le pouvoir, non sans avoir insisté : « Nous ne sommes pas des hommes d’affaires, mais des pasteurs ! ».

Tout le contraire de ce qui est vécu en RDC, avec la multiplication par l’église catholique, des complexes commerciaux, des hôtels et restaurants, des écoles dont les frais de scolarité ne sont pas accessibles aux bourses moyens. Des exemples parmi tant d’autres.

Lors de sa rencontre avec les évêques congolais, le Pape François leur avait livré un discours dense et inspirant, riche en recommandations pour renforcer leur mission pastorale et spirituelle en rejetant la mondanité et l’esprit de carrière.

Se tenir à l’écart des actions politiques directes

Bien que la prophétie chrétienne puisse inspirer des actions sociales, le Pape avait précisé que les évêques ne doivent pas s’impliquer dans la politique partisane, car leur rôle est d’éveiller les consciences, non de gouverner, en les appelant à protéger les plus faibles, à lutter contre la corruption et à promouvoir la paix, comme dit ci-dessus.

Pape François avait salué l’Église congolaise comme un « poumon qui donne du souffle à l’Église universelle », tout en reconnaissant ses souffrances.

À tout prendre, ce discours considéré comme l’un des plus puissants de son séjour en RDC, reste un testament spirituel pour l’Église congolaise, surtout après son décès en avril 2025 et surtout en ce moment où la CENCO s’implique maladroitement dans la recherche de solution à la crise de l’Est du pays, avec des moyens financiers issus des pays agresseurs, à en croire les affirmations de son président, Mgr Fulgence Muteba que l’on a vu récemment à Goma trinquer à grands sourires, avec les rebelles qui tuent et violent des compatriotes des territoires occupés à longueur des journées.

De quoi jeter le doute sur la sincérité de la démarche du tendem CENCO -ECC baptisé le Pacte social pour la paix, surtout quand l’on voit comment les rebelles du M23-AFC en font leur cheval de bataille pour la sortie de crise, utilisant le même narratif que le Rwanda : “La paix passe par la résolution des causes profondes du conflit sur fond d’un dialogue interne avec comme médiateur central, la CENCO”.

Ont-ils tord, ces Congolais qui cherchent à comprendre que lorsque le président rwandais Paul Kagame conclut un partenariat stratégique avec l’Union européenne autour des minerais extraits illégalement en République démocratique du Congo, le cardinal Fridolin Ambongo n’y voit qu’une illustration éclatante d’un « modèle de leadership », tandis que, lorsque le chef de l’État congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, initie un accord similaire avec les États-Unis sur l’exploitation des ressources nationales, il se retrouve aussitôt accusé d’avoir « bradé » les richesses du pays.

“Cette posture à géométrie variable, empreinte d’une partialité troublante, interroge sur les motivations réelles de certains hauts dignitaires de l’Église catholique, regroupés autour de la CENCO et de l’ECC”, analysent ces compatriotes en ne comprennant pas s’il s’agit d’un simple aveuglement idéologique, d’un positionnement politique dissimulé sous les habits ecclésiastiques, ou une animosité manifeste envers les institutions républicaines ? En tout état de cause, la cohérence morale et patriotique semble, ici, avoir cédé le pas à une critique sélective aux relents d’animosité, soutiennent-ils.

Laurent BUADI 

 

 

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