Son discours percutant interppelle…: Tshisekedi place l’ONU devant ses responsabilités !

 Son discours percutant interppelle…: Tshisekedi place l’ONU devant ses responsabilités !

Dans son discours mardi aux Nations Unies, Tshisekedi a pris à rebrousse-poil Paul Kagame et mis l’institution onusienne devant ses responsabilités en exigeant justice, vérité et dignité en faveur de la RDC. “L’histoire ne jugera pas nos discours mais notre capacité à juguler le mal”, a-t-il insisté. Cette rigoureuse prise de décision du président Congolais a donné lieu à des réactions diverses.

D’aucuns estimant que le discours de Tshisekedi est très juste, parce qu’il il a transformé la tribune onusienne en un espace de vérité, de dénonciation et de mise en demeure. Ce n’était pas un simple exercice diplomatique, mais une interpellation directe, presque une mise en accusation morale de la communauté internationale.
En effet, beaucoup sont ceux qui répètent que nommer le mal, en qualifiant la crise de l’Est de « génocide silencieux », Tshisekedi a brisé le langage feutré habituel des diplomaties. Comment ne pas le souligner dès lors que le chef d’État congolais a parlé de millions de morts, de villages rayés de la carte, de mémoire collective effacée.
En outre, il n’a pas porté de gants pour pointer du doigt en désignant les responsables : l’AFC/M23 et ses parrains en faisant allusion claire aux Forces de défense du Rwanda.
Tshisekedi ne s’est pas limité là, il a exigé des actes, mais pas des mots, en appelant à soutenir la commission d’enquête indépendante sur les massacres, et à reconnaître les crimes comme relevant d’un projet d’extermination. “La RDC ne demande pas la charité, mais la justice, la vérité et la dignité”, a dit le président congolais. “C’est une affirmation de souveraineté et de résilience”, ont commenté des analystes, jugeant sa phrase : «L’histoire ne jugera pas nos discours mais notre capacité à juguler le mal », de puissante.
Cette phrase renverse le paradigme diplomatique, ont-ils fait savoir, expliquant que ce ne sont pas les belles paroles qui feront foi, mais les actions concrètes. Tshisekedi place ainsi l’ONU face à son propre mandat –paix, sécurité, droits humains– et lui demande de sortir de l’abstraction.

Enjeux pour la RDC
Une tribune stratégique s’offre à la RDC qui va siéger au Conseil de sécurité en 2026-2027. Vu comme tel, Tshisekedi prépare déjà le terrain pour y jouer un rôle actif.
Une mobilisation morale dans la mesure où, en parlant de génocide, Tshisekedi cherche à créer un électrochoc, à forcer la communauté internationale à sortir de sa torpeur.
Un Narratif de résistance qui transforme la douleur en levier diplomatique, en récit national de résilience.
Ce discours, pour un confrère français, est aussi un outil de mémoire -une manière de refuser l’oubli, de documenter l’histoire en direct. Il s’inscrit dans le combat qui demande à préserver la vérité, à nommer les silences, et à faire du récit un acte de justice.
Est-ce que la cible qui est la communauté internationale peut être atteinte ?, s’interrogent les radicaux, dès lors que la résolution 2773 semble reposer dans les tiroirs depuis des mois.
Il s’agit là, d’une tension centrale entre la force symbolique d’une résolution et sa mise en œuvre concrète. La résolution 2773, adoptée à l’unanimité le 21 février 2025, est sans ambiguïté, car elle condamne fermement l’offensive du M23 soutenue par les Forces de défense rwandaises, exige leur retrait immédiat de Goma, Bukavu et des zones occupées, et appelle à démanteler les administrations parallèles. Mais depuis, l’application reste en suspens.
Dans ce cas, se demander pourquoi la cible semble hors d’atteinte pour l’instant devient un impératif. Surtout à cause de l’inertie diplomatique qui fait que, malgré l’urgence exprimée, les mécanismes de suivi sont lents. Le Conseil de sécurité appelle à des couloirs humanitaires, à la reprise des pourparlers, à la neutralisation des FDLR…, mais sans calendrier contraignant.
Il y a aussi l’ambiguïté des acteurs régionaux : l’Union africaine, la CAE et la SADC sont invitées à collaborer avec la MONUSCO, mais leurs mandats et moyens divergent. L’harmonisation des processus de Luanda et de Nairobi reste théorique.
Les intérêts miniers et géopolitiques se positionnent : la résolution dénonce le trafic des ressources naturelles et appelle à la transparence via le Mécanisme régional de certification. Mais les circuits d’exploitation illégale sont profondément enracinés et bénéficient de complicités transfrontalières.
L’absence de sanctions immédiates s’invite au débat : le Conseil « envisage » de nouvelles sanctions contre les acteurs du conflit, mais ne les déclenche pas. Ce langage conditionnel affaiblit la portée dissuasive.
L’espoir est-il permis dans de telles conditions ? Les optimistes répondent par l’affirmative, mais à certaines conditions : que la mobilisation diplomatique soit ciblée de façon que la RDC capitalise sur sa future présence au Conseil de sécurité (2026-2027) pour relancer l’application de 2773. La pression médiatique et citoyenne doit s’accélère parce que le discours de Tshisekedi peut servir de levier pour interpeller les opinions publiques et les chancelleries.

Laurent BUADI

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