Procès Roger Lumbala à Paris : la défense réclame Jean-Pierre Bemba comme témoin clé

 Procès Roger Lumbala à Paris : la défense réclame Jean-Pierre Bemba comme témoin clé

Le procès de Roger Lumbala, ancien chef rebelle et ex-ministre congolais, s’est ouvert ce mercredi devant la Cour d’assises de Paris, marquant une étape décisive dans la quête de justice pour les crimes commis durant le conflit armé qui a ravagé l’est de la République démocratique du Congo (RDC) au début des années 2000. Poursuivi pour complicité de crimes contre l’humanité et participation à une association de malfaiteurs, Lumbala est accusé d’avoir pris part à des exactions commises entre 2002 et 2003, alors qu’il dirigeait le Rassemblement congolais pour la démocratie–National (RCD-N), une faction rebelle active notamment en Ituri et dans la Province Orientale.

Dès l’ouverture des audiences, la défense a demandé la comparution de plusieurs personnalités congolaises, dont Jean-Pierre Bemba, actuel vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, ainsi que Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu. Les avocats estiment que ces témoignages sont indispensables pour resituer les faits dans leur contexte politico-militaire et expliquer la complexité des alliances entre mouvements armés à l’époque.

Selon des sources diplomatiques, l’ambassadeur de France à Kinshasa a déjà transmis la citation à comparaître de M. Bemba aux autorités congolaises dans le cadre de l’entraide judiciaire. Il revient désormais au gouvernement congolais de décider de la suite à réserver à cette demande, conformément aux procédures en vigueur.

L’affaire remonte à une enquête préliminaire ouverte en 2016, à la suite de plaintes déposées en France par des victimes présumées. L’instruction formelle, lancée en janvier 2021, avait conduit à la mise en accusation de Roger Lumbala. Avant le procès, plusieurs entretiens diplomatiques ont été menés entre l’ambassadeur de France et les ministres congolais de la Justice pour clarifier la portée juridique et politique de cette procédure.

Prévu pour durer plusieurs semaines, le procès est perçu comme un symbole fort de la lutte contre l’impunité des crimes commis dans l’est de la RDC. Pour les ONG de défense des droits humains, il s’agit d’un test majeur de la compétence universelle exercée par la justice française. La défense, quant à elle, espère que ces audiences permettront de faire entendre toutes les parties impliquées dans ce conflit qui a marqué durablement l’histoire du pays.

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