Paul Kagame dépouille le dialogue inclusif de sa sève !

 Paul Kagame dépouille le dialogue inclusif de sa sève !

Dans la dramaturgie congolaise, le mot dialogue revient comme une incantation depuis que le pays subit l’agression Rwandaise. On le brandit pour calmer les esprits, pour donner l’illusion d’un processus politique en marche. Mais que vaut un dialogue quand la maison est déjà occupée par des troupes étrangères qui refusent de partir ? Le refus de Kigali de respecter l’accord de Washington comme l’a dIt à haute voix le porte-parole de l’armée Rwandaise n’est pas seulement une bravade diplomatique, c’est une gifle donnée à l’idée même de négociation.

Car dialoguer suppose un minimum de bonne foi, une reconnaissance mutuelle des règles du jeu. Ici, le jeu est faussé dès le départ, l’occupant dicte ses conditions et l’hôte est réduit au rôle de figurant. Alors, à quoi servirait un tel dialogue si ce n’est à meubler les communiqués officiels, à rassurer les chancelleries et à occuper les plateaux télé. Mais certainement pas à libérer les territoires occupés ni à soulager les populations de la partie orientale du pays qui ont trop souffert. Le dialogue réclamé à corps et à cris, devient ainsi un rideau de fumée, une suspension du réel, pendant que les armes continuent de parler.
Un dialogue sans retrait des troupes, c’est comme négocier la paix dans une maison déjà occupée : on discute dans le salon, mais les clés sont dans la poche du squatteur. De quoi faire réfléchir des irréductibles de l’opposition congolaise agissant sous le couvert de Joseph Kabila, lesquels ne jurent que par la tenue du dialogue inclusif, ainsi que leurs soutiens de la CENCO.

LES DÉFENSEURS DU DIALOGUE CLOUÉS AU PILORI
Le paradoxe central dans cette dramaturgie, c’est quand Kagame, par la voix de son armée, affirme que ses troupes ne quitteront pas le territoire congolais et qu’il faut « oublier l’accord de Washington », il retire d’un coup l’argument‑clé de ceux qui défendaient le dialogue politique comme solution, mieux le steak de la bouche des pères spirituels des églises catholique et protestante.
Le dialogue est du coup, vidé de sa substance parce que ses partisans soutenaient que la parole autour d’une table pouvait désamorcer la crise. C’était sans connaître la dualité de Paul Kagame qu’ils servaient en sous main. En refusant de se conformer à l’accord, le président Rwandais transforme le dialogue en une façade, puisque l’acteur principal nie toute obligation.
Pourtant, ce texte devait être la base d’une sortie de crise mais son rejet public le réduit à un symbole creux. À quoi donc servirait un tel dialogue ?, se delandent des observateurs avertis qui craignent que faute de sa légitimation, l’accord risque de ne servir qu’à donner une apparence de processus politique, sans effet réel sur le terrain. Dès l’instant où, pendant que les négociateurs parlent, les combats continuent et les populations paient le prix. Le dialogue devient ainsi un outil pour gagner du temps, détourner l’attention internationale et maintenir des positions militaires.

Le Journal

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