Mort programmée pour la DGRK !

 Mort programmée pour la DGRK !

C’est confirmé. La Direction Générale des Recettes de Kinshasa -DGRK- est en voie de dissolution. Le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, a par contre, validé la création de deux nouvelles régies financières, notamment la DGIPK et la DGTK qui remplaceront l’actuelle Direction générale des recettes de Kinshasa. L’une est chargée de collecter les impôts et l’autre s’attelera aux taxes.

Cette réforme a été révélée le 28 mai 2026, à la clôture de l’atelier de validation à l’Hôtel de Ville. Le Gouverneur Daniel Bumba Lubaki (initiateur) et Ministre provincial des Finances Magloire Kabemba sont les deux autorités impliquées dans le projet après avoir constaté que la DGRK est devenue désuète, s’appuyant sur des méthodes dépassées et une faible performance dans la mobilisation des recettes. Pourtant, Magloire Kabemba, le même, est le père-fondateur de la DGRK, en sa qualité d’architecte de sa création.
Autrement dit, Kabemba est celui qui avait bâti l’outil fiscal de Kinshasa et qui, aujourd’hui, en signe l’acte de décès. Il s’agit d’un paradoxe institutionnel qui voit le “père-fondateur” de la DGRK reconnaître désormais que son enfant est devenu obsolète. Mais à tout prendre, la crédibilité de la démarche est renforcée dès lors qu’en ayant une connaissance intime de la structure, Kabemba sait exactement où se trouvent les failles et peut légitimer la réforme. Magloire nourrit ainsi le discours du genre : “Je sais ce que j’ai construit, et je sais pourquoi je le déconstruis.”
Les nouvelles structures DGIPK et DGTK vont s’impliquer dans la gestion des impôts provinciaux et le recouvrement des droits, taxes et redevances, avec pour objectif, la spécialisation fiscale, la traçabilité et l’efficacité accrue. La digitalisation des procédures, la modernisation et la transparence des opérations sont également dans la ligne de mire. À cela, il sied d’ajouter l’accroissement du rendement des recettes pour financer la mobilité, l’assainissement, la sécurité et les infrastructures de Kinshasa. Bien que rassuré des promesses, le personnel attend des précisions sur l’organisation pratique. Parce que l’efficacité réelle de la réforme dépendra de la mise en œuvre et du contrôle interne. Cette dissolution, selon certains analystes, illustre une rupture symbolique : Kinshasa veut tourner la page des vieilles pratiques fiscales pour se doter d’une administration moderne.

Laurent BUADI

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