Au coeur du débat: Les Églises espérent que le dialogue désamorce la crise en RDC !

 Au coeur du débat: Les Églises espérent que le dialogue désamorce la crise en RDC !

Les églises RD-congolaises viennent de publier leur feuille de route sur la préparation du dialogue inclusif visant de désamorcer la crise en RDC et apporter la paix, une démarche visant à instaurer un climat de paix et à mobiliser toutes les forces vives du pays autour d’un processus de réconciliation et de solutions techniques. Mais cela n’a pas été du goût de tous, à l’instar du Front anti dialogue qui a manifesté son désaccord à cette démarche.

Ce qui révèle deux visions opposées parce que la position du Front anti dialogue -FAD- privilégie une posture de résistance, estimant que dialoguer avec les agresseurs ou leurs soutiens revient à légitimer leur violence. Les Églises, quant à elles, misent sur la médiation et le compromis, espérant que le dialogue puisse désamorcer la crise et éviter davantage de souffrances.
En rejetant la feuille de route proposée par les confessions religieuses pour un dialogue national inclusif, le Front congolais anti-dialogue (FAD) considère cela comme une forme de capitulation face à l’agression dans l’Est du pays.
L’on peut ne pas prendre parti pour l’un des partis, mais les implications de chaque approche sont telles que, le refus du dialogue peut renforcer la cohésion nationale mais aussi prolonger les conflits, tandis que le dialogue peut ouvrir des portes à la paix mais être perçu comme une faiblesse.
Dans cette tension entre fermeté et conciliation, une contradiction fondamentale dans la gestion de cette crise se dégage à travers la tension entre les dynamiques internes et les leviers diplomatiques externes. En effet, la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée à l’unanimité le 21 février 2025, condamne fermement l’offensive du M23 soutenue par les Forces de défense rwandaises et exige leur retrait immédiat du territoire congolais. Elle appelle également à une reprise urgente des pourparlers diplomatiques entre la RDC et le Rwanda, sans conditions préalables, en s’appuyant sur les processus de Luanda et de Nairobi.
C’est qui démontre que si la crise est d’origine externe, comme le reconnaît cette résolution, alors les solutions doivent aussi être externes, ou du moins coordonnées à l’échelle régionale et internationale. Dans ce contexte, la démarche des Églises RD-congolaises peut sembler décalée, voire contre-productive, si elle donne l’impression de ramener le débat à une scène intérieure alors que les leviers de résolution sont ailleurs. Une lecture alternative à cette lecture a ceci comme appui, certains acteurs religieux estiment que la mobilisation interne -par la société civile, les confessions religieuses, les leaders communautaires-, peut renforcer la pression sur les autorités et les partenaires internationaux pour qu’ils agissent avec plus de cohérence et de transparence. Ce serait une manière de préparer le terrain pour que les solutions diplomatiques aient un véritable ancrage populaire.
Cette analyse met en lumière une tension stratégique : dialoguer à l’intérieur pendant que la solution se joue à l’extérieur, c’est risquer de diluer les responsabilités ou de détourner l’attention des véritables enjeux géopolitiques.
Cette démarche religieuse, pour certains observateurs, pourrait affaiblir la position diplomatique de la RDC ou simplement brouiller les pistes en estimant que l’affaiblissement de la position diplomatique de la RDC est possible dans cette démarche religieuse qui risquerait également de brouiller les pistes. Raison pour laisser le temps montrer de quel côté jeter l’eau du bain, et de quel autre jeter le bébé.
Zoom sur le contenu du dialogue national prévu par les confessions religieuses, selon la feuille de route dévoilée le 25 août 2025 à Kinshasa

Les 4 grandes étapes du processus
1. Le Mois de la Paix
– Culte œcuménique national, y compris dans les zones sous contrôle du M23/AFC
– Activités spirituelles pour la réconciliation et la guérison collective
– Plaidoyer auprès des acteurs internes et externes pour décrisper le climat politique

2. Dialogue des Experts
– Mobilisation d’intellectuels, chercheurs et techniciens congolais (y compris de la diaspora)
– Huit thématiques clés : défense, ressources naturelles, coopération régionale, etc.
– Objectif : poser les bases techniques d’un Pacte Social pour la Paix

3. Dialogue Politique
– Réunion de toutes les forces vives : majorité, opposition armée et civile, société civile, diaspora
– Pas de contenu préétabli : recherche d’un compromis patriotique
– Mécanisme de quotas pour garantir l’inclusivité

4. Conférence Internationale sur la Paix dans les Grands Lacs
– Sous leadership du Président de la République
– Vise à renforcer les engagements régionaux et mobiliser un financement post-conflit

Cahier des charges parallèle des opposants radicaux
Le Mouvement Radical pour le Changement (MRC) propose une transition sans Félix Tshisekedi, avec :
– Une Charte transitoire supervisée par des institutions internationales
– Signature préalable d’un accord de cessez-le-feu entre l’AFC/M23 et Kinshasa
– Mise en place d’institutions de transition et d’élections libres dans un délai de 2 à 3 ans
Le risque, c’est que si cette initiative religieuse n’est pas solidement arrimée aux dynamiques diplomatiques régionales, elle devienne un écran de fumée ou un détournement d’attention. Mais si elle parvient à canaliser les frustrations internes et à renforcer la cohésion nationale, elle pourrait devenir un levier puissant dans les négociations internationales.

Laurent BUADI

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