La revanche du sol sur le sous-sol : Mythe, réalité, impératif social ou priorité économique ?

 La revanche du sol sur le sous-sol : Mythe, réalité, impératif social ou priorité économique ?

Samedi 26 juillet 2025, l’Asbl « Toile d’Araignée » et son Coordonnateur Jérôme Sekana, ont lancé, à la faveur d’un point de presse, lancé un plaidoyer pour l’autosuffisance alimentaire en RDC. Jérôme Sekana, connu pour son engagement dans les bonnes et justes causes, s’est demandé si la revanche du sol sur le sous-sol prônée par le président de la République est un mythe ou une réalité, un impératif social ou une priorité économique ?

Sekana a souligné que la RDC est un pays des paradoxes, disposant des terres arables inestimables, mais pourtant non mises en valeur, pendant que le Gouvernement de la République s’autorise de dépenser plus de 3,5 milliards de dollars américains pour importer les produits alimentaires dont il a lui-même la capacité de produire. En conséquence, les Congolais mangent ce qu’ils ne produisent pas et produisent ce qu’ils ne mangent pas, a regretté Sekana en confiant : “Bien que le chef de l’Etat ait lancé le slogan «la revanche du sol sur le sous-sol», il revenait au Gouvernement de s’en approprier et lui donner un corps, à travers des politiques agricoles cohérentes et des moyens conséquents”.
Si le coordonnateur de Toile d’araignée a rappelé que depuis l’époque de Mobutu, l’agriculture a toujours été la priorité des priorités, mais sans pour autant bénéficier des programmes et des moyens à la dimension de son potentiel, il a également appuyé qu’un autre défi venu aggraver le secteur agricole, a pour nom : le déficit en infrastructures essentielles de base pour son éclosion.

L’APPLICATION DU SMIG DANS LE SECTEUR…
Ne s’opposant nullement au SMIG, Sekana dit par contre NON à sa généralisation dans le secteur agricole, surtout que les entreprises de ce secteur assurent à leurs employés et à leurs ayant-droits une prise en charge complète et digne, couvrant la santé, l’éducation, le logement, du reste supérieure au SMIG. L’application de ce SMIG peut provoquer des licenciements massifs et autres abandons des charges sociales, au risque de quintupler l’enveloppe salariale, alerte-t-il, en soutenant que nous sommes dans un contexte où la Rdc qui regorge 80 millions d’hectares des terres arables et 40 millions d’hectares des terres irrigables, mais dépense chaque année plus de 3,5 milliards de dollars américains pour importer les produits alimentaires dont lui-même a la capacité de produire. Signes de ce paradoxe criant qui exige plus d’investissements et beaucoup de moyens pour une vraie revanche du sol sur le sous-sol.
Jérôme Sekana s’est appuyé sur des statistiques de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), pour révéler que sur 3.000 entreprises formelles et affiliées, seulement 388 exploitent dans les secteurs agro-industriel, pastoral et forestier contribuent de manière significative au social des populations des zones rurales. Et selon le même document de la FEC, ces entreprises prennent en charge la gratuité de l’enseignement de base, les soins de santé, l’adduction d’eau potable, l’entretien des routes de desserte agricole, l’encadrement des autorités politico-administratives, la création d’emplois directs et indirects, etc.

PLAIDOYER POUR LE SMAG
De là, noter que ces entreprises installées dans les zones rurales doivent faire face au paiement d’un Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 21.500 Francs congolais par jour dès janvier 2026, il n’y a qu’un petit pas franchi par le coordonnateur de Toile d’araignée en prévenant que si ce SMIG est appliqué sans discernement, il risque de provoquer des licenciements massifs et la fermeture des unités de production. D’où la nécessité d’instaurer un Salaire minimum agricole garanti (SMAG) encadré et négocié, couplé à une politique de soutien public au secteur agricole, conseille Sekana qui souligne que l’application aveugle du SMIG dans le secteur agricole, se fait dans un contexte où le tissu économique rural est sérieusement menacé d’effondrement et un cataclysme social sans précédent s’annonce ; la disparition des programmes sociaux portés par les agro-industriels ; l’ouverture des frontières à des importations illégales massives ; une montée en flèche de la tension sociale est à redouter, etc.
Mais si ce SMAG est bien appliqué, à en croire Jérôme Sekana, il va concourir à l’augmentation sensible de la production nationale, la diversification des sources de financement, l’équilibre de la balance de paiement, la maitrise de l’inflation et stabilisation du cadre macroéconomique, accroissement des investissements dans le secteur agricole, accroissement des investissements dans les infrastructures, amélioration du pouvoir d’achat de la population, développement de la chaine des valeurs alimentaires.

NECESSITE DU DIALOGUE PERMANENT AVEC LES AGRICULTEURS
En attendant d’autres étapes du plaidoyer, Jérôme Sekana a fait part des recommandations qui ont été adoptées dans ce cadre, en mettant l’accent sur la nécessité qu’il y a, pour le Gouvernement central, d’instaurer un dialogue permanent et efficient avec les producteurs agricoles locaux, de consulter la corporation des entreprises agro-pastorales et agro-industrielles pour examiner cette problématique dans toutes ses facettes et trouver ensemble des solutions idoines, d’accorder d’abord un moratoire et prendre des mesures transitoires en faveur des entreprises des secteurs concernés afin de leur permettre d’appliquer un SMIG réaliste et adapté aux entreprises exploitant dans les zones rurales.

En peu de mots comme en plusieurs, Sekana reste d’avis que l’Etat doit implémenter une nouvelle politique agricole prenant en charge le paysannat, l’agro-pastoral et l’agro-industrie, appliquant le Code agricole. Il est également question, à l’en croire, de prendre les Arrêtés interministériels/Décrets pour accorder les subventions et autres avantages aux producteurs agricoles locaux et suspendre le SMIG généralisé dans les secteurs du paysannat, de l’agropastoral et de l’agro-industriel.

Le Journal

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