Chronique d’un conclave à l’encens rance...: La messe noire de Naïrobi accouche d’un FCC bis !

 Chronique d’un conclave à l’encens rance...: La messe noire de Naïrobi accouche d’un FCC bis !

Naïrobi, octobre 2025. Tandis que Kinshasa panse ses plaies à l’Est, une partie de l’opposition congolaise inféodée à l’ancien président de la République, s’est réunie dans la capitale kényane pour une retraite spirituelle d’un genre très particulier. Rassemblant autour de la table, des personnalités aussi controversées que douteuses. Avec au menu, du vin de messe frelaté, des hosties de ressentiment et un autel dressé à la gloire d’un revenant politique nommé Joseph Kabila, ex-président de son état et sénateur à vie devant l’Éternel. Désormais condamné à mort, ce dernier est pourtant toujours vivant dans les cœurs de ses fidèles et dans les salons climatisés de l’exil.

Ça a tout d’un conclave sans encens, mais avec beaucoup d’encensés. Les convives sont venus, ils étaient tous là avec sourire aux lèvres : anciens ministres, ex-conseillers, nostalgiques du FCC, anciens députés…, et même quelques âmes errantes de la technocratie déchue. On aurait dit une réunion d’anciens élèves de l’école de la présidence à vie à Kingakati. Si l’objectif officiel poursuivi est de réfléchir à la crise congolaise, l’objectif officieux est lui, de ressusciter un cadavre politique avec des prières en dollars et des psaumes en lingala diplomatique. Le tout sous l’œil bienveillant du Kenya, qui semble avoir troqué son rôle de médiateur pour celui de maître d’hôtel. Car à Naïrobi, on ne refuse jamais une bonne messe noire, surtout si elle est servie avec buffet et caméras à l’appui.

Le Kenya, sommelier des rancunes régionales
Pourquoi le Kenya ? Poser cette question c’est déjà y répondre. Parce que Kenya c’est chic, discret, et que les hôtels y ont de bonnes salles de conférence insonorisées. Mais surtout parce que Naïrobi aime jouer les entremetteurs, quitte à héberger des réunions qui sentent le souffre plus que l’encens. Après avoir accueilli les pourparlers sur le M23 et la création de l’AFC de Corneille Naanga, voilà que le pays ouvre ses bras à ceux que Kinshasa considère comme des conjurés.
Il s’agit là, d’une diplomatie à la carte où l’on sert le plat du jour selon le client : aujourd’hui, c’est « opposition en exil sauce Kabila », demain ce sera peut-être « rébellion tiède aux épices régionales ». Et à ce rythme, il ne manque plus qu’un happy hour pour les putschs en transit.

De quoi sera fait demain ?
Cette messe noire aura-t-elle un effet sur la politique congolaise ? Peut-être. Elle pourrait raviver les braises d’un FCC moribond, semer la zizanie dans l’opposition institutionnelle, ou simplement rappeler que les fantômes politiques ne meurent jamais vraiment, ils voyagent, s’exilent, et parfois reviennent en hologramme. Mais surtout, elle pose une question consistant à savoir comment un pays peut-il construire sa mémoire démocratique si les condamnés d’hier peuvent encore bénir l’avenir depuis l’étranger ? À moins que la politique congolaise ne soit, au fond, qu’un éternel banquet où les convives changent de table sans jamais quitter la salle. Croisons les doigts et attendons de voir à quelle sarabande, la nouvelle plateforme politique chère à JKK va nous convier.
Laurent BUADI

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