Kinshasa paralysée: Routes en chantier, circulation impossible et rentrée scolaire chaotique

Depuis une semaine, la rentrée scolaire a repris dans la capitale congolaise. Mais à Kinshasa, circuler est devenu un véritable casse-tête. Les grandes artères et routes principales en construction ou réhabilitation ne sont pas prêtes, créant un énorme problème de timing et de planification pour les habitants, les élèves et les travailleurs.
À Bandalungwa, seul l’avenue Kasavubu reste à moitié praticable, mais le reste de la commune est quasi inaccessible. Le trajet de Bandalungwa à Kintambo est devenu un parcours du combattant, tandis que Bandalungwa–Selembao est particulièrement compliqué et Ngiri–Ngiri vers Bandalungwa est quasiment fermé. Le centre-ville, quant à lui, continue de subir une paralysie quasi totale, rendant la circulation presque impossible.
Élèves et travailleurs pris au piège
Chaque matin, les élèves sont censés arriver à 7h00 à l’école, tandis que les travailleurs doivent se rendre à leur emploi dans le même créneau horaire. Mais avec les routes bouchées, les déviations mal signalées et les embouteillages monstres, le temps de trajet a explosé, transformant le quotidien en une expérience stressante et dangereuse.
« On met presque deux heures pour parcourir quelques kilomètres seulement. Les élèves arrivent souvent en retard, fatigués et parfois obligés de traverser des zones dangereuses à pied », déplore un parent d’élève de Kintambo. Le problème dépasse la simple gêne : la sécurité des enfants et des passants est directement menacée.
Travaux et assainissement : une double urgence
Les travaux de réhabilitation des routes sont combinés avec le curage des caniveaux. Si les autorités saluent ces initiatives pour prévenir les inondations, les habitants dénoncent l’absence d’évacuation des sables et déchets extraits, qui restent entassés sur la chaussée. Dans les communes de Ngaliema et Bandalungwa, les agents d’assainissement s’activent manuellement, retirant dalles et boues, mais la situation reste critique.
Le bourgmestre de Ngaliema, Fulgence Bolonkomo, reconnaît les limites logistiques : « La commune n’a pas de véhicule pour évacuer les déchets. Il faut louer, mais sans argent, on attend. » Cette insuffisance accentue la paralysie de la ville et crée des conditions propices aux inondations et aux maladies hydriques à l’approche de la saison des pluies.
Météo chaotique et risques imminents
Les prévisions météorologiques annoncent une fin d’année marquée par des pluies torrentielles et orages intenses. Avec des routes impraticables, des caniveaux bouchés et des déchets accumulés, la capitale risque une paralysie totale dès les premières pluies fortes. Les élèves, piétons et automobilistes seront les premiers exposés, tandis que les services publics et les commerces pourraient subir de lourdes perturbations.
Une ville au bord du chaos
Kinshasa vit actuellement un mix dangereux : rentrée scolaire, embouteillages monstres, routes en chantier, caniveaux non évacués et météo menaçante. Les habitants doivent composer chaque jour avec une mobilité quasi impossible, des retards chroniques et des risques sanitaires et sécuritaires majeurs.
Appel à une action urgente
La situation impose une mobilisation rapide : sécuriser les routes principales, évacuer les déchets et sables accumulés, réévaluer les horaires des écoles et du travail, et renforcer la communication auprès des habitants pour éviter les zones les plus critiques. La ville ne peut se permettre d’attendre : chaque jour perdu augmente le risque d’accidents, de maladies et de paralysie urbaine.
Christian Tandu avec MCP
