Drame évité à l’avion présidentiel de retour du Kazakhstan Quand Kinshasa se trouve plongée dans le noir inhabituel !

 Drame évité à l’avion présidentiel de retour du Kazakhstan  Quand Kinshasa se trouve plongée dans le noir inhabituel !

Il était 22h passées quand le ciel de Kinshasa s’est mis à tourner en rond. À bord d’un avion présidentiel revenu du Kazakhstan, Félix Tshisekedi survolait sa capitale sans pouvoir y poser le pied. En bas, l’aéroport international de N’djili était plongé dans le noir, non pas ce noir des nuages, mais celui d’une panne électrique brutale, silencieuse, inexplicable.

Pendant près de quarante minutes, le chef de l’État a tourné au-dessus d’une ville qui l’attendait sans lumière, sans balisage, sans réponse. Une capitale en veille, un aéroport en panne, et un président suspendu dans les airs : l’image est saisissante, presque cinématographique. Mais elle n’a rien de fictif.

Ce qui aurait pu n’être qu’un incident technique est devenu, au fil des heures, une affaire d’État. Car dans un pays où la mémoire politique est marquée par les embuscades et les silences, l’impossibilité d’atterrir prend des allures de menace. Et lorsque les services de sécurité s’empressent d’interpeller les responsables de la Régie des voies aériennes (RVA), c’est que le doute s’est installé — celui d’une tentative d’assassinat, ou d’un sabotage orchestré.

L’incident survenu à l’aéroport de N’djili lors du retour du président Tshisekedi est effectivement grave et soulève des interrogations profondes sur la sécurité des infrastructures critiques en RDC.

 

Ce que l’on sait jusqu’à présent :

– Une panne électrique majeure a paralysé la tour de contrôle dans la nuit du 10 au 11 septembre, empêchant l’atterrissage immédiat de l’avion présidentiel de retour du Kazakhstan.

– L’appareil a dû survoler Kinshasa pendant près de 40 minutes, faute de balisage et de communication fonctionnelle.

– Le commandant de l’aéroport a été suspendu pour « désobéissance aux instructions » et plusieurs agents de la RVA ont été interpellés pour « négligence grave ».

– Des voix comme celle de Kin-Kiey Mulumba, président du conseil d’administration de la RVA, dénoncent la fragilité chronique des installations et appellent à une modernisation urgente.

 

Sur la perception d’une tentative d’assassinat:

Bien que certains médias et commentateurs aient évoqué cette hypothèse, aucune preuve formelle ne l’étaye à ce stade. Le président a pu atterrir sans incident majeur, et la présidence a assuré que l’avion n’a jamais été en réel danger. Toutefois, dans un contexte de tensions politiques et de méfiance institutionnelle, une telle défaillance technique peut facilement être interprétée comme une menace délibérée, surtout lorsqu’elle touche le sommet de l’État.

Que retenir ?

Cette scène met en lumière une faille systémique dans la gestion des infrastructures stratégiques du pays doublé d’un manque de redondance et de préparation face aux urgences. Elle dévoile également une culture de l’impunité technique où les responsabilités sont souvent diluées jusqu’à ce qu’un scandale éclate.

À tout prendre, cet épisode pourrait être le point de départ d’une enquête plus large sur la sécurité aérienne en RDC, la chaîne de responsabilité au sein de la RVA, et les enjeux de gouvernance technique. Il y a là matière à creuser : entre les protocoles de secours non activés, les techniciens jugés incompétents, et les décisions politiques qui suivront.

Quand le ciel s’assombrit sur la République

Le survol prolongé de Kinshasa par l’avion présidentiel, dans l’obscurité d’un aéroport privé de courant, n’est pas un simple incident technique. C’est le symptôme d’un mal plus profond : celui d’un État dont les infrastructures stratégiques vacillent au gré des négligences, des silences et des improvisations.

À Ndjili, ce n’est pas seulement la lumière qui a manqué — c’est la rigueur, la prévoyance, et peut-être même la loyauté. Car lorsqu’un chef d’État ne peut atterrir dans sa propre capitale, c’est toute la chaîne de commandement qui vacille. Et lorsque les responsables techniques sont interpellés au petit matin, c’est que la République cherche des coupables dans l’urgence, là où elle aurait dû bâtir des garanties dans le temps long.

D’autres nations ont connu des pannes, des ratés, des frayeurs. Mais ici, dans un pays où la mémoire est encore marquée par les turbulences du pouvoir, chaque incident prend des allures de mise en garde. Le ciel congolais, cette nuit-là, n’était pas seulement noir de nuages — il était chargé d’interrogations.

Reste à savoir si la lumière reviendra par les projecteurs d’une réforme, ou si elle s’éteindra dans les couloirs d’une enquête sans suite.

Laurent BUADI

 

Cas similaires dans le monde

Ce qui vient d’être vécu à Kinshasa est loin d’être un cas isolé dans l’histoire proche. En effet, il existe plusieurs autres exemples à travers le monde -voir la liste ci-dessous -, où des défaillances techniques dans des aéroports ont compromis la sécurité ou la logistique entourant des vols officiels, parfois même ceux de chefs d’État.

1. Inde – 2015 : Panne de courant à l’aéroport de Delhi

– Une panne électrique a paralysé temporairement l’aéroport international Indira Gandhi, affectant les radars et les systèmes de navigation.

– Bien que cela n’ait pas concerné un chef d’État, l’incident a mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures critiques dans un pays en développement.

2. Nigeria – 2018 : Atterrissage difficile du président Buhari

– L’avion présidentiel a connu un problème technique à l’atterrissage à Abuja, dans un contexte de tensions politiques.

– Bien que la cause n’ait pas été une coupure de courant, la gestion de l’incident a suscité des suspicions et des critiques sur la maintenance des appareils officiels.

3. États-Unis – 2001 : Blackout partiel à l’aéroport de Los Angeles

– Une panne électrique a affecté les systèmes de contrôle pendant une visite officielle du président George W. Bush.

– Des générateurs de secours ont pris le relais, mais l’incident a déclenché une révision des protocoles de sécurité.

4. Russie – 2010 : Incident à Vnukovo lors du retour de Medvedev

– Une défaillance du système de balisage a retardé l’atterrissage de l’avion présidentiel.

– L’affaire a été étouffée rapidement, mais des sources internes ont évoqué une mauvaise coordination entre les services techniques et la sécurité présidentielle.

 

 

 

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