Dans une lettre adressée à ses enfants: Constant Mutamba : Ces réseaux mafieux ont utilisé la justice pour m’éteindre politiquement et physiquement

 Dans une lettre adressée à ses enfants: Constant Mutamba : Ces réseaux mafieux ont utilisé la justice pour m’éteindre politiquement et physiquement

Condamné par la Cour de cassation, au mois de septembre, à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics, l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba va d’une lettre à une autre. Après celle adressée aux collaborateurs du chef de l’État, Félix Tshisekedi, au système judiciaire et à l’absence de solidarité gouvernementale, vient le tour de celle adressée à ses enfants. L’ex-garde des sceaux de la RDC dont le dossier portait sur 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani ne range pas sa plume. Au regard de la peine principale, la haute juridiction a également prononcé à son encontre une interdiction de cinq ans d’accéder à toute fonction publique. Ce qui constitue une tâche d’huile de celui qui ne cesse de clamer tout haut son innocence.

 

Voice ce que l’ancien ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, a écrit à ses enfants depuis son lieu de détention.

 

« J’espère que vous êtes en bonne santé et que vous vous reveillez toujours à 4 heures du matin pour aller à l’ecole (…). J’ai appris que vous vous posez des questions sur l’endroit où je me trouve, car vous n’avez plus de mes nouvelles depuis un certain temps. En effet, je suis détenu arbitrairement dans un endroit où je n’ai accès ni au soleil, ni à la lumière, ni à l’air naturel, pour avoir choisi de servir notre pays, notre peuple et le Président de la République avec sincérité, dignité et loyauté, en menant une lutte acharnée contre le système mafieux qui mine le développement de notre pays et de l’Afrique depuis 1960 ».

« Ces réseaux mafieux ont utilisé la justice pour m’éteindre politiquement et physiquement après avoir tenté, en vain, de m’empoisonner à plusieurs reprises. Ils me refusent l’accès à mes médecins alors que ma santé se dégrade jour après jour. Ma condamnation injuste et illégale constitue l’acte de décès de notre justice, désormais réduite à une justice des plus forts, des riches, au service des règlements de comptes sociopolitiques ».

 

« Ils croient m’humilier, mais ils humilient plutôt la République, l’Afrique et la fonction de ministre de la Justice que j’ai assumée avec responsabilité, courage, équité et patriotisme. Soyez forts, mes enfants. C’est le chemin rocailleux que j’ai choisi, celui de la lutte pour le changement et pour une justice juste et équitable dans notre pays. Je paie donc, avec honneur et dignité, le prix de cette lutte sésame du développement de notre pays et de notre continent pour laquelle nombre de nos compatriotes et Africains ont péri. Toutes ces souffrances que j’endure pour la justice et le changement prendront fin un jour, et notre noble lutte triomphera. L’avenir du Congo et de l’Afrique est prometteur, mais il attend de chacune et chacun de ses filles et fils un sursaut patriotique et panafricain.Tenez donc bon, mes enfants. Nous nous reverrons très bientôt, par la grâce de Dieu et de nos ancêtres qui veillent sur vous et moi », a conclu Constant Mutamba.

Gel Boumbe

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