Anzambi David victime de l’intolérance ?

“Attiser le feu à Kinshasa, nous serons obligés de gérer le front militaire et en même temps de gérer les violences à Kinshasa risque de détourner notre attention de l’objectif qui est Paul Kagame et son armée avec ses alliés étrangers ». C’est bien une déclaration du Vice-Premier Ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires Coutumières, Peter Kazadi, à l’endroit des Kinois et Kinoises à la suite des manifestations qui ont visé la Monusco, certaines ambassades et représentations diplomatiques installées en RDC. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, cette déclaration de foi a fait des victime, notamment Monsieur Anzambi David et ses compagnons d’infortune pris au hasard des circonstances en groupe sur un arrêt de bus, devant le siège de la Société nationale d’assurances -SONAS-, sur le boulevard du 30 juin, dans le centre commercial de la ville de Kinshasa.
En effet, intervenant lors d’un briefing presse co-animé avec son collègue de la Communication et des Médias, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Peter Kazadi avait révélé que la RDC est en guerre avec plusieurs États. Occasion pour lui d’inviter la population congolaise à la discipline et à l’unité autour du Président de la République.d’agression à la base du pillage des ressources naturelles de la RDC.
« J’en appelle au calme, le gouvernement de la République a mis tous les moyens nécessaires pour faire face à cette guerre et nous allons l’emporter parce qu’elle nous est injustement imposée par le Rwanda qui veut avoir la main basse sur nos richesses naturelles et nous sommes en droit, nous sommes dans une position de légitimité de défendre notre territoire et nous le défendrons quel que soit le prix », avait ajouté Peter Kazadi dans sa communication.
Pour rappel, des manifestations avaient éclaté à Kinshasa, visant les représentations diplomatiques et certaines organisations internationales samedi 10 février 2024. Des jeunes en colère avaient brûlé des véhicules appartenant à certaines ambassades et à la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO). Les manifestants avaient exprimé leur mécontentement contre ce qu’ils percevaient comme une indifférence de la communauté internationale face au drame sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC.
À la suite d’une réunion de crise organisée autour du Vice-Premier Ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires Coutumières, Peter Kazadi, la Police nationale congolaise (PNC) avait annoncé l’Interdiction formelle des moto-taxis d’accéder à la commune de Gombe, dans la ville de Kinshasa. Parmi les autres mesures figuraient l’interdiction de tout attroupement de plus de six personnes dans la commune de Gombe. Les vendeurs ambulants et les enfants en rupture familiale appelés Shegués ne pouvaient plus opérer dans la commune de Gombe.
C’est dans la foulée de ces mesures quelque peu draconiennes, que le compatriote Anzambi David a victime avec d’autres personnes qui, par un fait du hasard, se trouvaient avec lui sur l’arrêt de bus situé devant le siège de la SONAS, sur le boulevard du 30 juin.
Pendant qu’ils attendaient calmement un éventuel moyen de locomotion pour regagner leurs domiciles après une journée surchargée, Anzambi David et une dizaine de personnes qui étaient en sa compagnie, avaient vu stopper en trombe devant eux, une jeep 4×4 aux vitres tintées. Le temps de chercher à savoir de quoi il s’agissait, des individus fortement armés surgissaient et les embarquaient, pendant qu’un deuxième véhicule arrivait et se livrait à la même manoeuvre, face à ces personnes complètement désemparées. Avant de chercher à savoir où on les amenait et pourquoi, les intéressés ont été amenés à une destination inconnue, comme dans un fil d’épouvante.
Depuis lors, la famille de Anzambi David est restée sans nouvelles de ce dernier. Son épouse Mutumsula Thérèse Boliabo a toqué à toutes les portes imaginables, sans qu’elle obtienne une information rassurante sur son cher époux. Elle et ses enfants Anzambi Élisabeth et Anzambi Gabriel sont inconsolables jusqu’à ce jour. Loin d’être un banal fait divers, cette disparition subite, est un cas de conscience. Les informations de dernière minute glanées dans sa famille rassurent que Anzambi, grâce à ses relations, a réussi à s’évader du lieu où ils étaient retenus et serait en clandestinité, une situation inconfortable dès lors qu’il serait activement recherché pour regagner le lieu où il était détenu en captivité.
Le Journal
