Martin Fayulu : «Kabila et Nangaa ou rien»

 Martin Fayulu : «Kabila et Nangaa ou rien»

En séjour en Europe depuis le week-end dernier, l’opposant congolais Martin Fayulu exige la participation de l’ancien président Joseph Kabila et du chef rebelle Corneille Nangaa (AFC/M23) au futur dialogue national inclusif en République démocratique du Congo. Au nom de l’opposition, il exige le retrait de la loi sur le référendum.

Alors que Kinshasa s’est toujours opposé à la participation de ces deux personnalités à ces assises, Fayulu souhaite que ces deux figures clés doivent s’expliquer publiquement sur leurs responsabilités présumées dans la crise sécuritaire et politique du pays.

Il souligne que les raisons de cette exigence de Joseph Kabila est qu’en tant qu’ancien chef de l’État, il doit répondre aux accusations le soupçonnant d’armer ou de financer l’AFC/M23 et s’expliquer sur la situation à l’est du pays.

«Kabila a dirigé ce pays. Malgré son statut ou son titre, mais il est là. Ils ont dit que c’est lui qui arme et finance l’AFC/M23. Il doit venir nous dire pourquoi il le fait, quel est le problème», soutient Martin Fayulu.

Pour le cas de Corneille Nangaa, le président de l’ECiDé insiste et persiste soutenant qu’en tant qu’ancien président de la CENI et dirigeant rebelle, il doit justifier son aventure macabre contre ses compatriotes.

«Corneille Nangaa doit aussi venir à ces assises nationales, notamment pour expliquer pourquoi il a pris les armes contre le pays. Il tue ou il fait tuer ses frères et sœurs, ses semblables qui ont le sang humain comme lui…
Je rappelle que Nangaa avait proclamé Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle de 2018, avant de prendre les armes contre le pouvoir.
Il faut qu’il vienne dire pourquoi il a fait ça. Comme on dit les linges sales se lavent en famille,» insiste le leader de la coalition Lamuka.

Selon lui, les deux personnalités ont joué un rôle important en RDC, respectivement en tant que chef de l’État et président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). À ces titres, ils doivent participer au dialogue.

«Ils sont parties prenantes (…) Ils ont des griefs contre Tshisekedi ou contre le pays, mais si on se parle, on peut laver les mains», a-t-il précisé.

Les perspectives du dialogue, vision de l’opposition
Pour le leader de l’ECiDé et membre du présidium de la coalition article 64 (C64), l’inclusivité du dialogue voulue par tous ne peut exclure les principaux acteurs de la crise sous peine d’échec. Les discussions doivent se baser sur la vérité, la justice et la réconciliation. Fayulu pousse pour un dialogue national véritablement inclusif.

A en croire le leader ECiDé, aucun acteur dont le rôle est évoqué dans la crise actuelle ne devrait être tenu à l’écart. Il rappelle que la présence du président de la République honoraire et de l’ex-chef de la Centrale électorale à la table des négociations se justifie aussi par leur parcours au sein des institutions publiques.

Le pardon de Fayulu à ceux qui lui ont causé du tort
Au-delà des divergences et des griefs personnels, l’opposant se dit favorable à une démarche fondée sur le pardon et la recherche de la vérité. Il affirme avoir lui-même pardonné à ceux qui lui ont causé du tort, estimant que le dialogue doit permettre aux différentes parties de mettre leurs différends sur la table, afin de parvenir à une réconciliation susceptible de renforcer la cohésion nationale.

La position de Kinshasa est autre
Le pouvoir en place s’est historiquement opposé à l’implication de ces personnalités dans un cadre de négociation politique, tandis que le président Félix Tshisekedi a récemment annoncé qu’il s’adresserait prochainement à la nation pour clarifier les véritables contours de ces assises.

Gel Boumbe

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