Quand Fayulu crache sur la mémoire des victimes du Genocost

Martin Fayulu, en appelant dans une sorte médiatique, à un dialogue où Kabila et Naanga seraient conviés, a lancé une onde de choc dans l’opinion. L’homme qui s’était fait le porte‑voix des victimes du Grand Kivu semble aujourd’hui vouloir “laver les linges sales en famille”. Mais quelle famille ? Celle des élites politiques qui se réconcilient au sommet, ou celle des millions de Congolais qui portent encore les cicatrices des massacres et des exils ?
Cette posture inquiétante soulève une question brûlante : peut‑on bâtir un avenir démocratique en invitant à la table ceux dont les noms restent associés aux fraudes électorales et aux compromissions sanglantes ? L’inclusivité ne doit pas devenir synonyme d’amnésie. Car derrière les mots policés du “dialogue”, il y a des mémoires qui refusent d’être effacées. Fayulu doit clarifier s’il parle au nom des vivants ou au nom des fantômes. Car chaque chaise offerte à Kabila ou à Naanga dans ce dialogue est une chaise retirée aux victimes du Kivu. Et l’histoire, elle, ne se lave pas en famille, elle se confronte, elle se juge, elle se transmet.
UNE POSITION AMBIGUË…!
Il s’agit la, d’une contradiction qui choque les bonnes consciences et une partie de l’opinion qui ne comprennent pas comment un opposant qui s’est construit sur la dénonciation des violences et des fraudes peut‑il aujourd’hui prôner un “dialogue inclusif” avec des figures associées à la rébellion et aux dérives institutionnelles ? Le paradoxe entre Fayulu et son discours de “lavage des linges sales en famille” semble en décalage avec sa posture de gardien de la mémoire des victimes du Grand Kivu.
La réhabilitation implicite de Kabila et Naanga ainsi que leur présence dans un tel dialogue est perçue comme une forme de blanchiment politique, alors que l’un est sanctionné pour complicité avec la rébellion et l’autre reste associé aux contestations électorales. Les rapports internationaux à ces sujets abondent. Pour les familles des victimes, cette ouverture voulue par Fayulu ressemble à une trahison symbolique, comme si la souffrance pouvait être relativisée au nom d’un compromis politique.
Certains analystes y voient une tentative de repositionnement de Fayulu, cherchant à apparaître comme rassembleur face à une crise nationale, mais au risque de brouiller son image d’opposant intransigeant. Des voix se sont immédiatement levées pour condamner ka posture d’un leader politique qui s’est souvent planté le couteau dans le pied.
Laurent BUADI
