Arrestation en série des généraux des FARDC: Le porte-parole Sylvain Ekenge apporte un éclairage !

Les arrestations en série des officiers supérieurs de l’armée congolaise ont longtemps défrayé la chronique et alimenté la rumeur dans l’opinion. Il était temps que la grande muette sorte de son silence pour apporter la lumière sur ce qui était jugé comme une purge. Enfin, la sortie médiatique du porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge, confirme une vaste opération interne visant plusieurs généraux et officiers supérieurs, interpellés pour des faits jugés « hautement répréhensibles » et placés en résidence surveillée. Cette communication officielle marque une volonté de transparence, mais elle soulève aussi des interrogations sur la portée réelle de cette “purge” et sur les tensions internes qu’elle révèle.
CE QUE DIT LA COMMUNICATION OFFICIELLE
Dans une annonce publique, le général Sylvain Ekenge a confirmé devant la presse que plusieurs officiers généraux et supérieurs des FARDC ont été interpellés et font l’objet de procédures disciplinaires et judiciaires. De la nature des accusations, l’on a retenu que les faits reprochés aux personnes arrêtées sont qualifiés d’atteintes graves à la sécurité de l’État, au point que les officiers concernés ont été placés en résidence surveillée, sous contrôle strict, mais dans des conditions que l’armée décrit comme « acceptables ». Quant à la précaution du discours, le porte-parole s’est gardé de commenter le fond du dossier, signe de la sensibilité politique et institutionnelle de l’affaire.
LES IMPLICATIONS
Pour maints analystes, il s’agirait d’une purge interne dès lors que cette vague d’interpellations s’inscrit dans une dynamique de « nettoyage » au sein de l’armée, visant à sanctionner des comportements jugés contraires à la discipline et à la sécurité nationale. Pour bien faire, la CNDH (Commission nationale des droits de l’homme) a annoncé qu’elle déploiera des observateurs lors des procès à venir, pour garantir le respect des droits des prévenus. Le fait que l’armée ait attendu plusieurs mois avant de clarifier la situation, montre l’existence de fortes pressions et de luttes internes, estiment des sources indépendantes.
LECTURE CRITIQUE
Si cette sortie médiatique est à la fois un acte de communication institutionnelle et un signal politique. Elle vise à rassurer l’opinion publique sur la discipline au sein des FARDC, mais elle expose aussi les paradoxes en faisant que d’un côté, l’armée se présente comme garante de l’ordre et de la sécurité, de l’autre, elle reconnaît implicitement l’existence de dérives graves au sommet de sa hiérarchie.
Le Journal
