FATSHI exclut le dialogue CENCO/ECC de son agenda!

Dimanche à Bruxelles, devant la diaspora congolaise, Félix Antoine Tshisekedi a clairement durci le ton en déclarant qu’aucun dialogue ne serait pas possible tant que les acteurs politiques, n’auront pas condamné explicitement l’agression rwandaise contre la RDC. Ce n’est pas une pirouette diplomatique, c’est une ligne rouge.
Ce qui est frappant, c’est le contraste avec son appel à la paix des braves lancé quelques jours plus tôt au Global Gateway Forum, où il tendait la main à Kagame en demandant l’arrêt des hostilités du M23. Mais cette main tendue a été rejetée sèchement par Kigali, qui a parlé de « cinéma grotesque » et de « discours de bouc émissaire ». Face à cette réponse, Tshisekedi semble avoir choisi de verrouiller le cadre du dialogue : pas de neutralité molle, pas de faux consensus.
Ce n’est donc pas tant une surprise qu’un recentrage stratégique. Il sait que tout dialogue sans reconnaissance claire de l’agression risque de se transformer en mascarade. Et dans un contexte où l’opposition et certaines voix religieuses poussent pour une table ronde nationale, poser cette condition revient à tester leur cohérence en cherchant à savoir si l’on peut vraiment parler de paix sans nommer la guerre ?
Quelles peuvent être les implications diplomatiques et autres effets internes face à la posture du président congolais, peut-on se demander en tentant de savoir à quoi peut servir un dialogue dans le conteste où le pays est agressé et où l’on comptabilise plus de cinq dialogues dans l’espace des trente dernières années, sans rien de concret.
Éviter un dialogue en contexte d’agression
Poser la question de l’utilité du dialogue dans un contexte d’agression répétée et de saturation diplomatique, c’est déjà faire œuvre d’analyse politique. Mais à quoi peut servir -ou ne pas servir-, un dialogue dans ce type de configuration :
Ce que peut viser un dialogue en contexte d’agression, c’est clarifier les positions internationales dès lors qu’un dialogue peut forcer les acteurs à se positionner publiquement.
Ceux qui refusent de nommer l’agresseur s’exposent à l’ambiguïté, ce qui peut être politiquement utile pour les dénoncer, c’est aussi créer une dynamique de désescalade parce que même si l’agresseur ne reconnaît pas ses actes, un cadre de dialogue peut permettre des arrangements techniques (cessez-le-feu, corridors humanitaires, retrait partiel) sans reconnaissance formelle. Un dialogue peut isoler l’agresseur diplomatiquement dans la mesure où, en tenant un dialogue avec des partenaires régionaux ou internationaux, le pays agressé peut construire une coalition morale et politique, renforçant sa légitimité.
Pas que ça, si d’aucuns pensent que le dialogue peut préparer le terrain pour des mécanismes contraignants et précéder des actions plus fermes (sanctions, résolutions, enquêtes internationales) en montrant que toutes les voies pacifiques ont été tentées.
Plus de dialogues tuent le dialogue…
Dans le cas de la RDC, plusieurs obstacles structurels affaiblissent cette logique et se présentent comme suit : la fatigue du dialogue issue de plus de cinq dialogues en trente ans (Sun City, Nairobi, Kampala, Addis-Abeba, Genève…) qui ont souvent débouché sur des compromis fragiles, des intégrations militaires non tenues, ou des accords violés.
Le dialogue est souvent instrumentalisé car, certains groupes armés ou États voisins ont utilisé les dialogues comme des pauses stratégiques pour se réarmer ou légitimer leur présence.
Tandis que l’absence de mécanismes de suivi y a sa part dans la mesure où, les dialogues passés ont rarement été accompagnés de dispositifs robustes de vérification, de sanctions ou de justice transitionnelle.
Peut être parce qu’il y a souvent confusion entre dialogue politique et négociation sécuritaire car, on a vu les dialogues parvenir à mélanger les revendications politiques internes (inclusion, élections, réformes) avec les enjeux de sécurité transfrontalière, en diluant ainsi les responsabilités.
Éviter le piège du rituel de façade !
Dans un contexte d’agression claire, un dialogue ne peut être utile que s’il est structuré autour de la vérité, adossé à des mécanismes de contrainte, et porté par une volonté politique de rupture avec les cycles d’impunité. Sinon, il devient un rituel de façade, un théâtre diplomatique sans effet réel.
Le Journal
