La redevabilité se porte bien pour l’an 1 du gouvernement Suminwa 2: Redevabilité : Jean Pierre Lihau a placé au cœur de son action, la considération, le respect et le dialogue avec les agents de l’État

Le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et Innovation de service public, Jean-Pierre Lihau, a présenté les principales réformes engagées dans son secteur dans le cadre de l’exercice de redevabilité du Gouvernement. Il a indiqué avoir placé au cœur de son action la considération, le respect et le dialogue avec les agents de l’État afin de restaurer la confiance entre l’administration publique et les fonctionnaires.
Selon le vice-Premier ministre, cette approche s’est traduite par un dialogue permanent avec les partenaires sociaux et les organisations syndicales, ainsi que par l’instauration d’une rencontre hebdomadaire, chaque mercredi, ouverte à tous les fonctionnaires, sans distinction de grade ou d’origine, pour leur permettre d’échanger directement avec l’autorité ministérielle.
Abordant la philosophie de sa gouvernance, Jean-Pierre Lihau a expliqué avoir privilégié une administration fondée sur la responsabilisation, l’écoute et la concertation. Il a souligné sa volonté d’adopter une gestion davantage horizontale, en associant les différents acteurs de l’administration aux processus décisionnels, estimant que la confiance et la considération constituent des piliers de la construction de l’État.
Revenant sur la situation de l’administration publique à son arrivée, il a décrit un système profondément dysfonctionnel, qu’il a qualifié d’« état comateux », nécessitant une réforme structurelle de grande ampleur.
Dans cette perspective, plusieurs chantiers ont été engagés, notamment la réorganisation des services publics, la réforme du cadre juridique de la Fonction publique et la rationalisation des recrutements. Ces réformes portent également sur l’évaluation des compétences, la contractualisation de certaines fonctions, la définition des structures organiques et des effectifs maximaux, ainsi que la possibilité de mettre fin aux fonctions en cas d’inaptitude professionnelle.
Le ministre a également évoqué les pratiques de recrutements irréguliers qui, selon lui, avaient contribué à une forte inflation des effectifs. Il a indiqué que des recrutements étaient souvent opérés sur base de considérations politiques, sans planification des besoins réels des administrations.
Pour remédier à cette situation, la Fonction publique a engagé un vaste processus d’identification biométrique des agents de l’État. Contrairement aux méthodes antérieures, les équipes se déploient désormais directement dans les administrations centrales, provinciales et territoriales afin d’identifier les fonctionnaires sur leurs lieux de service. Cette opération vise à disposer d’une cartographie précise des effectifs, de leur localisation et de mieux maîtriser la masse salariale.
Jean-Pierre Lihau a précisé que cette réforme permet également aux citoyens de consulter, via un smartphone, le portail de la Fonction publique pour vérifier l’existence et la situation administrative d’un fonctionnaire à partir de son numéro matricule, grâce à un annuaire numérique des agents publics.
S’agissant des départs à la retraite, il a indiqué que le processus d’identification biométrique a permis de recenser près de 300 000 fonctionnaires éligibles à la retraite. À ce jour, environ 20 000 agents ont effectivement quitté l’administration, contre 923 départs enregistrés au cours des dix années ayant précédé les réformes actuelles.
Selon le vice-Premier ministre, cette évolution s’explique notamment par l’amélioration de la prise en charge des retraités à travers le système de sécurité sociale mis en place avec la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP). Il a affirmé que cette couverture est passée de 566 000 à près de 1,6 million d’agents publics.
Le ministre a également présenté les mesures destinées à améliorer la performance des fonctionnaires. Désormais, le recrutement s’effectue par voie de concours afin de sélectionner les profils répondant aux besoins de l’administration. La formation constitue le deuxième levier de cette réforme, avec des partenariats développés notamment avec la Belgique à travers ENABEL, la France via l’Institut national du service public (INSP), ainsi qu’avec le Maroc, le Sénégal, la Suisse et le Canada.
Concernant l’École nationale d’administration (ENA), Jean-Pierre Lihau a réaffirmé sa volonté de renforcer son autonomie, de mettre fin au régime des exemptions et de consolider les missions de l’institution afin de garantir la pérennité des réformes engagées.
Le vice-Premier ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité de corriger la répartition des effectifs sur l’ensemble du territoire national. Il a rappelé que la République démocratique du Congo compte environ 17 fonctionnaires pour 1 000 habitants, contre une moyenne internationale estimée à 50 pour 1 000 habitants. Toutefois, cette sous-administration nationale contraste avec une forte concentration des agents à Kinshasa et dans les services centraux, alors que plusieurs provinces connaissent un déficit important en personnel administratif.
À titre d’illustration, il a cité les secteurs de la santé et de la justice, où certaines zones disposent d’un excédent de médecins ou de magistrats, tandis que d’autres en sont insuffisamment dotées. La Fonction publique entend ainsi s’appuyer sur une cartographie des effectifs pour organiser leur redéploiement en fonction des besoins des administrations.
Sur le plan de la gouvernance, Jean-Pierre Lihau a indiqué qu’une réforme juridique interdit désormais aux ministres, secrétaires généraux, directeurs et autres responsables administratifs d’affecter des personnes n’ayant pas été préalablement admises sous statut. Le principe de la vacance préalable des postes est désormais consacré, tandis qu’une conférence des effectifs précède la conférence budgétaire afin d’identifier les besoins réels de chaque secteur avant toute programmation des recrutements.
Le vice-Premier ministre a également annoncé des mesures disciplinaires à l’encontre des responsables impliqués dans des pratiques irrégulières de recrutement. Il a indiqué avoir déjà révoqué trois secrétaires généraux ainsi que seize directeurs et chefs de division, tout en affirmant sa détermination à poursuivre cette action contre toute affectation ou tout recrutement non conforme au cadre légal.
Enfin, abordant la question de la bancarisation de la paie des fonctionnaires, notamment dans les territoires où les banques commerciales sont peu présentes, Jean-Pierre Lihau a indiqué qu’une nouvelle évaluation est en cours afin d’actualiser la couverture bancaire sur l’ensemble du territoire. Il a cité le cas du Maï-Ndombe comme illustration des difficultés d’accès aux services bancaires et a précisé que la Fonction publique travaille avec les acteurs concernés pour renforcer le rôle de la CADECO et développer le mobile banking afin de rapprocher les agents publics de leurs banques payeuses sur toute l’étendue de la République.
Avec la Cellule de communication
