Pour organiser la riposte à l'est du pays: RDC: Les Wazalendos dotés d’un directoire exécutif national

Les représentants des groupes armés venus de plusieurs provinces, notamment de l’Est, se sont réunis, samedi 13 décembre 2025, à Kinshasa, mettant en place un directoire exécutif national sous la direction des Wazalendo
A l’issue de cette rencontre dont la coalition revendique plus de 250 groupes armés, l’objectif était de décider d’encadrer et de coordonner à l’échelle nationale les activités de leur coalition.
Officiellement appelée les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP), la coalition des miliciens wazalendo a procédé à des élections mêlant vote secret, consensus et cooptation. Au terme de l’exercice la coalition des groupes Wazalendo a élu Dady Saleh au poste de directeur exécutif national, tandis que le député de la majorité Willy Mishiki a pris la tête du Conseil d’administration de la coalition et Me Paluku Matofali le secrétaire général chargé des affaires juridiques.
Une bonne initiative d’unir les forces sous une coordination, mais il reste à savoir si ce mouvement contrôlera les hommes sur le terrain, dans l’est du pays, et s’il parviendra à coordonner tous les groupes actifs, comme interroge rfi.
La reconquête des territoires perdus
Devenu une urgence, après des nombreux incidents, centraliser l’organisation des Volontaires pour la défense de la Patrie, cette organisation des groupes armés alliés des forces armées congolaises (FARDC) cherchent notamment à reconquérir les territoires perdus. En ligne de mire figure la ville stratégique d’Uvira, prise le 10 décembre par les rebelles du groupe AFC/M23.
« Il y aura des task forces, mais en priorité, la récupération en urgence d’Uvira. Parce que s’ils traversent Kalemie, c’est un sérieux problème, » annonce le professeur Dady Saleh.
Plus de six coordinations nationales des VDP en une
La source souligne que la coalition revendique plus de 250 groupes armés issus principalement du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Maniema et de la Tshopo. Me Paluku Matofali explique que cette centralisation et mise en commun sont devenues urgentes.
« Nous sommes en train de perdre des milieux, des terres, parce que nous œuvrons en ordre dispersé, déplore le secrétaire général chargé des affaires juridiques. Et quand nous sommes arrivés ici à Kinshasa, nous avons retrouvé plus de six coordinations nationales des VDP : une cacophonie intolérable. Vous allez dans tel bureau, par exemple, aux FARDC, parce qu’il faut aller chercher des munitions là-bas. On vous dit, « mais tel mouvement revient d’ici. Et toi, tu viens d’où ? Toi, tu viens de quel mouvement ? » On vous chasse, » a expliqué Me Paluku Matofali.
La coalition Wazalendo a soulevé un problème crucial, celui d’un manque de munitions, évoquant par exemple qu’ « un groupe de 100 personnes avec 10 armes », ou des armes avec « des munitions incompatibles ».
La nouvelle coordination assure toutefois vouloir harmoniser les actions et veiller au respect des droits de l’homme.
Mais aucun membre du gouvernement n’a pris part à cette rencontre, alors que les autorités congolaises affichent leur soutien aux Wazalendo où les relations avec l’armée sur le terrain restent parfois tendues.
Gel Boumbe
