RDC: Le Général Philémon Yav Irung devant la Haute Cour militaire pour trahison

Premier officier général interpellé après la grande offensive de la rébellion AFC/M23 dans le Nord-Kivu, le lieutenant-général Philémon Yav Irung, surnommé le « Tigre katangais » dans l’armée congolaise, a comparu depuis vendredi 20 décembre devant la Haute Cour militaire à Kinshasa, soit trois ans après son arrestation.
L’Ancien commandant de la troisième zone de défense, couvrant sept provinces du Nord-Est et de l’Est de la République démocratique du Congo, il est poursuivi de plusieurs accusations. Mais la trahison, en raison de liens présumés avec le Rwanda, en est la principale accusation dont son entourage dénonce une cabale.
Deux dossiers de trahison pour le Général
L’acte de mise en accusation de l’auditeur général des Forces armées de la RDC, le général trois étoiles est poursuivi dans deux dossiers pour trahison, notamment la participation à un mouvement insurrectionnel et incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline.
Le lieutenant-général Philémon Yav Irung est soupçonné d’avoir posé des actes de trahison en entretenant des liens avec Kigali.
Selon la Haute Cour Militaire, parmi les éléments retenus à charge figure la transmission à Peter Cirimwami – alors commandant des opérations contre l’AFC/M23 et décédé en janvier 2025 – d’un message présenté comme émanant du secrétaire particulier du général James Kabarebe, à l’époque conseiller sécuritaire du président Paul Kagame.
Dans ce texto, Peter Cirimwami était accusé de « retarder sérieusement notre projet », en référence supposée à des objectifs rwandais.
La Haute juridique militaire congolaise précise que, lors d’une autre rencontre, dans un hôtel de Goma, Philémon Yav Irung aurait également tenté de dissuader un officier congolais de se rendre au combat contre l’AFC/M23 ou ses alliés dans le Sud-Kivu.
Accusations jugées infondées par la défense
La défense du général Philémon Yav Irung, affirmant ne pas encore avoir accès à l’ensemble des pièces du dossier, rejette ces accusations, qu’elle juge « infondées ».
C’est lors de la prochaine audience prévue le 6 janvier 2026, que la Cour procédera à l’examen de l’affaire au fond et ses moyens de défense devraient être évoqués.
Gel Boumbe
