Promulgation la loi référendaire: RDC : 65 organisations de la société civile demandent à Félix Tshisekedi d’abandonner le projet

Soixante-cinq organisations de la société civile congolaise ont appelé le président de la République, Felix Tshisekedi à renoncer au projet de référendum et à ne pas promulguer la loi fixant les conditions de son organisation.
Dans un mémorandum adressé, lundi 10 août, au Chef de l’État et aux principales institutions du pays, soixante-cinq organisations de la société civile congolaise ont appelé le président de la République, Felix Tshisekedi à renoncer au projet de référendum et à ne pas promulguer la loi fixant les conditions de son organisation.
Elles estiment que le contexte sécuritaire, social et économique actuel ne favorise pas la tenue d’un tel exercice.
Les signataires veulent la résolution des défis sécuritaires
La Dynamique «Non au changement de la Constitution», Civil Bridge, Génération Z RDC, LUCHA-RDC et Filimbi, qui sont parmi les signataires, considèrent que la priorité nationale devrait être accordée à la résolution des défis auxquels le pays est confronté, notamment l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, la situation humanitaire de millions de déplacés internes ainsi que les difficultés socio-économiques qui affectent la population.
Ces organisations de la société civile affirment, dans leur mémorandum, que le refus de promulguer la loi sur le référendum constituerait «un acte de responsabilité politique visant à préserver la paix civile et la cohésion nationale».
Elles précisent dans leur document que, une telle décision ne remettrait pas en cause les prérogatives des institutions concernées, mais traduirait plutôt la volonté de privilégier la stabilité du pays dans un contexte particulièrement sensible.
Promulguer la loi peut alimenter davantage les tensions politiques
Les soixante-cinq organisations de la société civile congolaise signataires du mémorandum estiment que, la promulgation de cette loi pourrait être perçue par une partie de l’opinion publique comme une étape vers une modification de la Constitution. Elles soulignent qu’une perception qui risquerait d’alimenter davantage les tensions politiques et de fragiliser les perspectives de paix et de stabilité.
Elles appellent le président de la République à privilégier les défis jugés plus urgents pour le pays, soutenant qu’il fait face à une «responsabilité historique» en tant que garant de la Constitution, de l’unité nationale et de la cohésion sociale.
Ces 65 ONG insistent notamment sur la persistance de la guerre dans l’Est du pays, la nécessité de protéger les populations civiles, la situation des déplacés internes, les préoccupations sanitaires et la détérioration des conditions de vie des Congolais.
L’UDPS accrochée à la loi référendaire
Du côté de la majorité au pouvoir, la position est différente, elle tient à aller au bout avec le projet qui peut devenir une loi si le chef de l’État le promulguait.
L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti au pouvoir, considère que l’adoption d’un cadre légal relatif au référendum répond à la nécessité de combler un vide juridique.
Le parti présidentiel soutient que l’existence d’une loi encadrant l’organisation d’un référendum permettrait de clarifier les mécanismes d’expression de la souveraineté populaire et de renforcer l’arsenal juridique du pays en la matière.
Malgré que le pays se trouve dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires, économiques et sociaux, le débat autour du référendum continue ainsi de susciter des divergences au sein de l’opinion publique en RDC.
Gel Boumbe
