L'heure de la vérité approche: Olivier Kamitatu : Le choix appartient au pouvoir

 L'heure de la vérité approche: Olivier Kamitatu : Le choix appartient au pouvoir

Dans son introduction, l’opposant Olivier Kamitatu commence sa sortie médiatique par un paragraphe de sept courtes phrases : <<On attend de Félix Tshisekedi une phrase : « Je respecterai la Constitution. Je ne chercherai pas un troisième mandat. » Une petite phrase. Quelques secondes. Si difficile à prononcer. Pourquoi ?>>

L’ancien président de l’Assemblée nationale et membre de la Coalition Article 64 a, d’entrée de jeu, rappelé le passé politique qui rattrape le pouvoir actuel.

« Il y a dix ans, le 19 septembre 2016, l’opposition avait appelé à marcher pour une raison identique à celle d’aujourd’hui : empêcher qu’un Président ne s’accroche au pouvoir en violant la Constitution. »

De continuer, Olivier Kamitatu évoque avec certitude ce qui s’était passé à cette époque.

« Cette marche avait été réprimée dans le sang : une dizaine de morts, des violences inouïes, des familles brisées.
Ce jour-là, Félix Tshisekedi était dans l’opposition. Il dénonçait les manœuvres destinées à contourner la Constitution. Il dénonçait les artifices juridiques. Il dénonçait le glissement du calendrier. Il dénonçait la tentation du troisième mandat.
Mais il n’avait pas marché. Le matin même de la mobilisation, il aurait préféré s’envoler pour le Soudan, » précise-t-il.

Selon Olivier Kamitatu, la Constitution se trouve aujourd’hui devant une responsabilité historique : la respecter lorsqu’elle limite son propre pouvoir.

Pour lui, ce renversement n’est pas anodin. Il dit qu’un opposant peut, une fois au pouvoir, être tenté d’utiliser les institutions qu’il combattait hier pour contourner les limites qu’imposent la Constitution. Et il dit surtout ceci : « le peuple n’oublie pas. L’histoire non plus. Et elle juge toujours. »

Et d’ajouter : « Dix ans ont passé. Les visages ont changé. Les responsabilités aussi. Mais la Constitution, elle, n’a pas changé.
Le 15 août devait être une échéance. Il ne l’aura pas été pour rien. »

Marché reporté pour laisser une chance au dialogue, à la paix, à la raison

« Depuis des semaines, renchéri-t-il, nous avons choisi la responsabilité, nous avons reporté les marches du 8 juillet. Celle du 22 juillet. Non par faiblesse. Non par renoncement. Par sens du pays, pour laisser une chance au dialogue, à la paix, à la raison.
Qu’avons-nous reçu en retour ? Le mépris. Les moqueries. Les manœuvres dilatoires. Des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. »

L’homme politique peut un tableau sombre sur la situation sécuritaire à travers le territoire national précisant que
« Pendant ce temps, rien n’avance. Sur le front militaire, des territoires congolais restent occupés, des millions de nos compatriotes vivent la guerre, l’exil, l’humiliation. »

Il souligne que « Sur le front intérieur même immobilisme : prisonniers politiques, condamnation arbitraire, harcèlement judiciaire. libertés en recul, milices, pillages, impunité.

À ce stade, il pose la question de savoir quel rôle joue le pouvoir sortir du gouffre que traverse le pays et sa population.
« Que fait le pouvoir ?
Il voyage. Brazzaville Luanda Bujumbura Libreville, Dar es Salaam : la diplomatie rapproche les nations lorsqu’elle prépare la paix. Elle devient un alibi lorsqu’elle sert seulement à gagner du temps. Et à chaque retour à Kinshasa, les mêmes questions demeurent sans réponse. Or pendant qu’il voyage le projet de changement de la Constitution n’est toujours pas abandonné. Dans un pays en guerre, ce projet est un risque de plus pour notre unité nationale, notre cohésion et notre souveraineté.
L’envoi de la loi référendaire au Parlement n’est ni un retrait ni un renoncement. C’est un délai. Ce renvoi ne répond pas à l’essentiel. Car le 28 juillet dans son raisonnement, la Cour constitutionnelle a reconnu l’existence d’un pouvoir constituant originaire du peuple qu’elle présente aujourd’hui comme illimitée et jamais épuisé, susceptible, en théorie, de conduire à l’adoption d’une nouvelle constitution.
Le renvoi de la loi au Parlement n’efface pas ce raisonnement et c’est là que demeure le danger.

La Constitution dit : Deux mandats. Point final

L’ancien président de l’Assemblée nationale a éplucher la situation de changement constitutionnel avec un couteau tranchant.
« La Constitution dit deux mandats. Deux. Pas trois. Deux mandats point final. Pas par révision. Pas par changement de Constitution, pas par référendum pas par artifice juridique, » a-t-il insisté, avant d’ajouter :
« Le président a prêté serment de respecter et de défendre la Constitution. Qu’il respecte sa parole. Qu’il renonce à toute entreprise visant à modifier les règles du jeu à l’approche du terme de son second est dernier mandat.
Qu’il prépare ce que tout démocrate prépare lorsque son temps s’achève : l’alternance. »

L’alternance, c’est ça la démocratie

Saluant l’alternance de 2019, Olivier Kamitatu veut cette continuité d’accéder au pouvoir par le respect de la Constitution.
« L’alternance n’est pas une faveur c’est la règle que la République se donne à elle-même. C’est le moment où le pouvoir retourne au peuple pour qu’il le confie à un autre. c’est cela la démocratie.
C’est cela, respecter le peuple qui vous a confié le pouvoir pour un temps limité. En janvier 2019 pour la première fois dans l’histoire de notre pays, un président sortant vous a transmis pacifiquement le pouvoir. Votre responsabilité historique est de permettre à votre tour une alternance pacifique et constitutionnelle, » a-t-il souligné.

Les conditions d’un vrai dialogue

Abordant le point dialogue qui pèse sur les levres des Congolais depuis son annonce par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, ce membre de la C64 épingle quelques conditions d’un dialogue national inclusif.

« Notre patience n’est pas un blanc-seing. Nous avons tendu la main. Nous avons reporté nos marches. Nous avons laissé sa chance au dialogue. Notre patience ne saurait permis de contourner la Constitution.

« Les conditions d’un vrai dialogue sont connues :
Libérer les prisonniers politiques ; levez les condamnations politiques ; mettre fin au harcèlement judiciaire ; rétablir les libertés publiques ; et accepter un dialogue véritablement inclusif, sous une facilitation crédible et impartiale avec l’accompagnement des confessions religieuses et des partenaires régionaux et internationaux, » a déclaré Kamitatu

La phase qui pèse loirde

Pour ce membre de C64, le Président de la République doit, pour préserver l’unité nationale et sortir avec honneur, déclarer officiellement devant son peuple qu’il n’est pas candidat à un troisième mandat.

« Et surtout dire clairement au peuple congolais: « Je respecterai la Constitution, je ne chercherai pas un troisième mandat. » Une phrase. Quelques secondes. Si elle est si difficile à prononcer, alors les Congolais sont en droit de se demander pourquoi.

« Nous ne voulons ni violence, ni chaos, ni vengeance. Cette mobilisation du 15 septembre sera pacifique, civique et républicaine. Nous appelons les manifestants comme les forces de l’ordre à bannir toute violence. La Constitution se défend dans le respect de la Constitution, » a-t-il soutenu, tout en ajoutant:
« Nous voulons éviter au Congo une nouvelle tragédie. Mais que personne ne confonde notre sens des responsabilités avec de la faiblesse. »

Fin du temps des promesses, vient celui des dates

Pour Kamitatu, le temps des promesses a touché à sa fin et maintenant, cède la place à celui des dates. Il estime que, le 15 septembre, pendant que les députés vont délibérer à l’intérieur, le peuple sera devant le Parlement.

« Le temps des promesses est achevé, vient celui des dates
Le 15 septembre, la Coalition Article 64 organisera une marche pacifique sur l’ensemble du territoire national. Cette date n’a pas été choisie au hasard. Le 15 septembre, le Parlement ouvre sa cession ordinaire, il y reprendra la loi référendaire que le bureau de l’Assemblée nationale s’est engagé à inscrire à son calendrier.
Ce jour-là, pendant que les députés délibéreront à l’intérieur, le peuple sera devant, » a-t-il dit.

Une mobilisation avec un message sans équivoque

Homme dévoile ce qui sera cette marche pacifique vers le Palais du Peuple :
« À Kinshasa, plusieurs points de rassemblement convergeront vers le Palais du Peuple. Cette mobilisation portera un message sans équivoque : « Aucune révision, aucun changement de Constitution, aucun référendum, aucun artifice juridique ne peut contourner l’article 220, effacer la limitation posée par l’article 70, ni ouvrir la voie à un troisième mandat. »

« Nous nous préparons à la mobilisation civique, à la résistance démocratique, pacifique et non violente. Car une chose est non négociable : la Constitution appartient au peuple le pouvoir ne peut pas la confisquer pour prolonger un seul homme.
Le 15 août est arrivé. Nous avons attendu, nous avons tendu la main, nous avons laissé sa chance à la raison désormais le choix appartient au pouvoir : la Constitution ou le passage en force, l’alternance ou la crise, » a-t-il précisé

Respect du serment pour préserver le Congo

Pour conclure, l’ancien Président de l’Assemblée nationale exhorte au Chef de l’État au respect de son serment car, il a encore le temps pour une décision soulageant la population.

« Monsieur le Président de la République, il est encore temps de choisir une sortie honorable. Respectez votre serment. Préservez le Congo. Préparez l’alternance, c’est ainsi que vit une République.
Parce qu’au Congo aussi lorsqu’on a accompli ses deux mandats, donc on fait ses valises… et on s’en va. Le 15 septembre le peuple congolais marchera. Et cette fois, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas, » a-t-il conclu
Gel Boumbe

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