La promesse de Tshisekedi trahie par l’administration publique...: Le Passeport congolais : un sésame devenu racket !

Une promesse trahie. Lorsque Félix Tshisekedi annonçait que le passeport biométrique serait désormais délivré à 75 USD, beaucoup y ont vu un geste fort voulant rendre ce document essentiel accessible à tous, et mettre fin aux abus. Mais la réalité est tout autre sur le terrain. Dans les couloirs de l’administration publique, la promesse du chef de l’État s’est dissoute, elle est remplacée par une pratique honteuse qui fait que le passeport s’obtient aujourd’hui à 150 USD, voire au double de ce montant, selon les réseaux et les intermédiaires qui pullulent dans la capitale.
L’administration (ANR, Ministère des Affaires étrangères…) s’est transformée en marché noir et les agents publics, censés servir l’État, transforment leurs bureaux en guichets parallèles. Les citoyens se disent désabusés parce que contraints de payer des sommes exorbitantes pour un droit fondamental. Beaucoup sont ceux qui attendent d’être livrés en passeport plusieurs mois après la capture de photos, juste pour avoir payé le prix officiel sans pots de vin. Si à Kinshasa les plaintes abondent, les compatriotes de la diaspora ne savent à quel saint se vouer et prennent leur mal en patience. L’État est ainsi fragilisé au point que la crédibilité des institutions s’effrite, pendant que la corruption se banalise.
Ce scandale illustre un paradoxe regrettable où le pouvoir proclame la réforme, mais l’administration la détourne parce que les moyens et les matériels ad hoc ne suivent pas. Tshisekedi voulait incarner la rupture avec les pratiques opaques or, l’appareil bureaucratique résiste, et les Congolais constatent que les vieilles habitudes ont la dent dure et survivent aux discours officiels. Conséquence : le passeport congolais, censé ouvrir les frontières, commence par vider les poches des demandeurs. À ce rythme, il faudra bientôt un visa pour accéder au guichet, ironisent d’aucuns, en estimant avec raison, qu’un document vital ne peut pas être réservé qu’aux seuls plus riches.
Il est vrai que la réforme administrative a été saluée des pieds et des mains, mais sans le contrôle, les promesses présidentielles resteront longtemps des slogans vides de sens. Pour un minimum de la confiance nationale, il sied de restaurer la foi des citoyens en passant par des actes concrets, pas des annonces stériles.
REGARD CHEZ LES VOISINS…
Le passeport congolais, censé coûter 75 USD, est aujourd’hui vendu à 150 USD ou plus, plaçant la RDC parmi les pays africains où ce document est le plus cher. Cela révéle une corruption administrative qui mine la gouvernance et la confiance citoyenne. La grille comparative des frais de passeport en Afrique (2025–2026) renseigne qu’en RDC, la promesse présidentielle de livrer le passeport à 75 USD reste non respectée sur fond d’une corruption généralisée. Au Cameroun, l’un des plus chers du continent le passeport coûte 180 USD. Au Zimbabwe, c’est 170 USD, une augmentation récente dûe à une forte pression économique. Au Nigeria, c’est à 65 USD, une révision intervenue en 2025, mais ce coût reste lourd par rapport aux revenus. En Algérie, il faut débourser 137 USD, un coût élevé mais pour un salaire minimum plus important du continent. L’Ouganda pratique un coût relativement abordable comparé à la RDC et au Cameroun. Le Soudan délivre le passeport à 100 USD, un document jugé coûteux par la population, mais pour une mobilité internationale limitée. Au Sierra Leone, il faut se délester de 100 USD pour acquérir le sésame, une augmentation récente qui pèse sur les ménages. Tandis qu’en Guinée équatoriale, le coût est à 137 USD, bien que jugé élevé pour un revenu légèrement supérieur.
CORRUPTION ADMINISTRATIVE, UN FLÉAU À ÉVITER DANS LA GOUVERNANCE, …
Pour beaucoup d’analystes, en RDC, le passeport n’est plus un document d’identité, mais un ticket de loterie pour lequel , celui qui paie le plus vite s’en compter gagne le droit de voyager. Les guichets deviennent ainsi des casinos, et l’administration publique un croupier qui encaisse sans jamais perdre. Pourtant, les effets de la corruption administrative sur la gouvernance sont alarmants pour l’affaiblissement institutionnel.
En effet, la corruption réduit l’efficacité de l’État, mine la confiance et bloque les réformes et a tout d’un frein au développement, car selon des études comparées, elle fait perdre 2 à 4 points de croissance annuelle et entraîne plus de 88 milliards USD de fuite de capitaux illicites chaque année. La corruption alimente des inégalités accrues et fait que les plus pauvres sont exclus des services publics, tandis que les élites capturent les ressources.
L’érosion de la légitimité politique en trouve élargie avec les promesses non tenues, comme celle du passeport à 75 USD, qui alimentent le désenchantement citoyen. Le blocage des Objectifs de développement durable est au RDV dans la mesure où, la corruption est directement corrélée à de faibles performances en matière de santé, éducation et infrastructures.
En guise de conclusion, la RDC illustre parfaitement le paradoxe africain avec des frais de passeport exorbitants, souvent supérieurs à plusieurs mois de salaire, combinés à une corruption administrative qui transforme les réformes en slogans creux. Pour restaurer la confiance et la gouvernance chez l’homme congolais, il faut mettre en place des réformes institutionnelles faciles à exécuter, une numérisation des procédures et une mobilisation citoyenne contre ce racket bureaucratique.
Le Journal
