NOTE PUBLIQUE SUR LA POLITIQUE MONÉTAIRE DE LA BCC DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL ET L’APPRÉCIATION DU FRANC CONGOLAIS

1. Un mouvement qui interpelle*
La récente appréciation du franc congolais, passant de 2 800 à 2 200 FC pour un dollar américain entre octobre et la mi-novembre 2025, a suscité un vif intérêt dans l’opinion publique. Beaucoup y ont vu une réponse technique à des tensions de marché ; d’autres y ont perçu une rupture dans le pilotage traditionnel de la politique monétaire.
En réalité, cette correction s’inscrit dans une doctrine cohérente de stabilisation anticipative, où la Banque Centrale du Congo (BCC) a mobilisé simultanément l’évolution du contexte international, la synchronisation de la liquidité intérieure, la fenêtre d’opportunité créée par la conjoncture du dollar et la nécessité de restaurer la confiance dans la monnaie nationale.
*2. Des fondamentaux renforcés*
Cette évolution a été rendue possible par des progrès substantiels en matière de stabilité macroéconomique au cours du dernier trimestre, notamment la maîtrise de l’inflation, la consolidation des réserves de change au-delà de 6 milliards de dollars et le maintien d’une discipline budgétaire rigoureuse.
La BCC n’a pas improvisé : elle a ajusté ses instruments au moment précis où les paramètres mondiaux rendaient l’opération optimale.
*3. Une conjoncture internationale favorable*
Le système monétaire international a été marqué ces derniers mois par une détente progressive des taux directeurs américains, une réduction des primes de risque sur les actifs émergents et un affaiblissement relatif du dollar sur plusieurs places financières. Dans ce contexte, les banques centrales réactives peuvent profiter de l’élasticité descendante du billet vert pour renforcer la valeur interne de leur monnaie tout en limitant leurs interventions.
*4. Une stratégie d’instruments cohérente*
Pour garantir l’efficacité de ses instruments, la BCC a organisé ses décisions autour d’une logique évitant les tensions généralement observées lorsque l’assouplissement du crédit est combiné aux interventions sur le marché des changes. La baisse du taux directeur n’est pas un relâchement monétaire contradictoire, mais un signal structurant destiné à renforcer l’usage du franc congolais comme monnaie de financement interne. En améliorant les conditions du crédit en monnaie locale, la BCC vise un déplacement progressif de la demande des agents économiques vers le franc congolais.
Dans une économie fortement dollarisée, les canaux traditionnels du taux d’intérêt et du crédit sont affaiblis. La BCC cherche donc à maximiser l’efficacité du canal le plus opérant : le taux de change, tout en réactivant progressivement les autres canaux par l’assainissement monétaire.
*5. Des interventions ciblées*
Les interventions en devises ne visent pas une appréciation artificielle mais un lissage des anticipations, une stabilisation des marchés durant une fenêtre internationale exceptionnelle et un renforcement de la crédibilité monétaire. Il s’agit aussi de créer un espace où les réformes internes peuvent produire leurs effets. Dans une économie partiellement dollarisée, cette combinaison trouve sa cohérence dans un mécanisme gradué de désengorgement du marché en francs congolais et de consolidation de la confiance dans la monnaie nationale.
*6. Le pilotage du Gouverneur*
L’habileté stratégique du Gouverneur André Wameso mérite d’être soulignée. Il a su lire la fragilité relative du dollar, identifier la fenêtre d’opportunité, accélérer au bon moment le mécanisme interne de correction et réduire le coût global des interventions. Cette opération témoigne d’une compréhension fine des interactions entre liquidité internationale, cycle du dollar et structure interne des marchés congolais. Elle marque un tournant doctrinal où la conjoncture mondiale devient un levier pour renforcer la résilience monétaire nationale.
*7. Le comportement des prix*
Contrairement aux craintes initiales, les observations du marché montrent une baisse des prix dans plusieurs segments, notamment dans l’alimentation et la téléphonie mobile. Cette diminution constitue un indicateur précoce que la correction du taux de change commence déjà à améliorer le pouvoir d’achat.
Le mécanisme de transmission du taux de change agit toutefois de manière progressive. Les stocks constitués à des taux plus élevés doivent d’abord être écoulés, et la structure dollarisée du marché ralentit naturellement la pleine transmission de l’appréciation du franc. Mais les signaux actuels confirment que la stratégie de stabilisation engagée par la BCC fonctionne.
Pour amplifier cette tendance, une action cohérente du Gouvernement reste essentielle, notamment en stimulant les productions locales, en réduisant les coûts structurels et en atténuant les pressions sur la demande de devises. La désinflation en cours est à la fois un effet direct de la politique monétaire et une opportunité d’accélérer les réformes structurelles.
*8. Une action coordonnée*
La stabilisation ne peut être imputée à la seule Banque Centrale. L’objectif est de redonner à la politique monétaire un rôle d’ancrage permettant une politique budgétaire disciplinée, une meilleure mobilisation des recettes internes et un soutien accru aux secteurs productifs. L’appréciation du franc doit accompagner une transformation structurelle : substitution aux importations non essentielles, réduction des besoins en devises et retour progressif du franc comme référence économique.
*9. Une doctrine asymétrique efficace*
La récente correction de près de 22 % du franc congolais en quelques semaines s’inscrit dans une doctrine moderne et efficace, celle de l’exploitation d’une conjoncture internationale favorable, un pilotage asymétrique et des interventions calibrées et maîtrise du timing. Dans une économie dollarisée, la BCC concentre son action sur le canal le plus efficace : le taux de change. Elle démontre ainsi sa capacité à anticiper, stabiliser et utiliser les fenêtres internationales pour consolider la monnaie et renforcer la trajectoire économique du pays.
*10. Conclusion*
La correction du franc congolais est l’expression d’une stratégie maîtrisée, cohérente avec la pratique internationale et rendue possible par des fondamentaux plus robustes. Elle ouvre une fenêtre pour approfondir les réformes et renforcer durablement la confiance dans la monnaie nationale.
*Léon Engulu III – Cabinet LECC*
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*CABINET LECC*
*PUBLIC NOTE ON BCC MONETARY POLICY IN THE INTERNATIONAL AND THE APPRECIATION OF THE CONGOLAISE FRANC*
Kinshasa, November 11, 2025
*1. A movement that draws attention*
The recent appreciation of the Congolese franc, from 2,800 to 2,200 FC per US dollar between October and mid-November 2025, has attracted significant public interest. Many saw a technical response to market tensions; others perceived a departure from the traditional management of monetary policy.
In reality, this adjustment follows a coherent doctrine of anticipatory stabilization, where the Central Bank of Congo (BCC) simultaneously leveraged the evolution of the international context, the synchronization of domestic liquidity, the window of opportunity created by the dollar’s situation, and the need to restore confidence in the national currency.
*2. Strengthened fundamentals*
This development was made possible by substantial progress in macroeconomic stability over the last quarter, notably inflation control, the consolidation of foreign exchange reserves above 6 billion dollars, and the maintenance of strict budgetary discipline.
The BCC did not act impulsively; it adjusted its instruments precisely when global parameters made the operation optimal.
*3. A favorable international environment*
The international monetary system has seen, in recent months, a gradual easing of U.S. benchmark rates, a reduction in risk premiums on emerging market assets, and a relative weakening of the dollar across several financial markets. In this context, responsive central banks can leverage the downward elasticity of the greenback to strengthen the domestic value of their currency while limiting interventions.
*4. A coherent instruments strategy*
To ensure the effectiveness of its instruments, the BCC has structured its decisions around a logic that avoids the tensions usually observed when credit easing is combined with foreign exchange interventions. The reduction of the key rate is not a contradictory monetary loosening, but a structural signal aimed at strengthening the use of the Congolese franc as a domestic financing currency. By improving credit conditions in local currency, the BCC seeks a gradual shift in economic agents’ demand toward the franc.
In a heavily dollarized economy, traditional interest rate and credit channels are weakened. The BCC therefore seeks to maximize the effectiveness of the most operative channel: the exchange rate, while gradually reactivating other channels through monetary cleanup.
*5. Targeted interventions*
Foreign exchange interventions do not aim for artificial appreciation but for smoothing expectations, stabilizing markets during an exceptional international window, and reinforcing monetary credibility. They also create space for domestic reforms to take effect. In a partially dollarized economy, this combination is coherent within a gradual mechanism to relieve the market in Congolese francs and strengthen confidence in the national currency.
*6. The Governor’s leadership*
The strategic skill of Governor André Wameso deserves recognition. He accurately assessed the dollar’s relative fragility, identified the opportunity window, accelerated the internal correction mechanism at the right moment, and reduced the overall cost of interventions. This operation demonstrates a fine understanding of the interactions between international liquidity, the dollar cycle, and the structure of Congolese markets. It marks a doctrinal turning point where the global environment becomes a lever to strengthen national monetary resilience.
*7. Price behavior*
Contrary to initial concerns, market observations show a decline in prices across several segments, notably in food and mobile telephony. This decrease is an early indicator that the exchange rate correction is already improving purchasing power.
The exchange rate transmission mechanism, however, works progressively. Stocks acquired at higher rates must first be sold, and the market’s dollarized structure naturally slows full transmission of franc appreciation. Yet current signals confirm that the BCC’s stabilization strategy is effective.
To amplify this trend, coherent government action remains essential, notably by stimulating local production, reducing structural costs, and alleviating pressures on foreign currency demand. The ongoing disinflation is thus both a direct effect of monetary policy and an opportunity to accelerate structural reforms.
*8. Coordinated action*
Stabilization cannot be attributed solely to the Central Bank. The goal is to restore monetary policy as an anchor, enabling disciplined fiscal policy, better mobilization of internal revenue, and stronger support for productive sectors. Franc appreciation should accompany structural transformation: substitution for non-essential imports, reduction of foreign currency needs, and a gradual return of the franc as the economic reference.
*9. An effective asymmetric doctrine*
The recent nearly 22% correction of the Congolese franc in a few weeks reflects a modern and effective doctrine: leveraging a favorable international environment, asymmetric management, calibrated interventions, and precise timing. In a dollarized economy, the BCC focuses its action on the most effective channel: the exchange rate. It thus demonstrates its capacity to anticipate, stabilize, and use international windows to consolidate the currency and strengthen the country’s economic trajectory.
*10. Conclusion*
The Congolese franc correction is the expression of a controlled strategy, consistent with international practice and enabled by stronger fundamentals. It opens a window to deepen reforms and sustainably reinforce confidence in the national currency.
*Léon Engulu III – Cabinet LECC*
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