Nord-Kivu : Entre Ebola et insécurité, près de 50 000 élèves affrontent les épreuves du TENASOSP

 Nord-Kivu : Entre Ebola et insécurité, près de 50 000 élèves affrontent les épreuves du TENASOSP

Dans une province marquée par l’épidémie d’Ebola et une insécurité persistante, près de 50 000 élèves ont débuté, jeudi 11 juin, les épreuves du Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP) au Nord-Kivu.

Les provinces éducationnelles du Nord-Kivu ont, malgré les situations sécuritaire et sanitaire qui la menacent, aligné un nombre très considération d’élèves dans cette édition de la TENASOSP 2026.

Province éducationnelle Nord-Kivu 1
Malgré les obstacles, la province éducationnelle du Nord-Kivu 1 connait une forte mobilisation pour cette épreuve certificative.

Au total, 49 584 élèves, dont 23 193 filles, prennent part à ces épreuves organisées dans 146 centres. À Goma, le lancement officiel s’est tenu au Complexe scolaire La Joie, marquant le début de deux jours d’examens cruciaux pour les finalistes de l’éducation de base.

Mais une réalité complexe se cache derrière ces chiffres encourageants dont plusieurs élèves ont dû surmonter d’importantes difficultés pour accéder aux centres d’examen. Ces difficultés sont liées aux restrictions sanitaires et aux déplacements forcés.

Deux centres ouverts au Rwanda à cause d’Ebola
L’Organisation des épreuves sont fortement perturbées à cause de la fermeture des frontières avec le Rwanda pour contenir l’épidémie d’Ebola.
Pour éviter une
année blanche, des autorités éducatives ont pris une mesure exceptionnelle, dont l’ouverture de deux centres d’examen au Rwanda en faveur des nombreux élèves qui se sont retrouvés bloqués de l’autre côté de la frontière, incapables de rejoindre Goma. Un à l’École internationale de Gisenyi et un autre à l’École consulaire de la RDC à Kigali.

Deux inspecteurs de l’Éducation nationale y ont été dépêchés afin d’assurer la supervision des épreuves. Une solution d’urgence qui illustre la volonté de garantir l’égalité des chances, même en période de crise sanitaire.

La situation sécuritaire pose problème dans certaines zones
Si à Goma et dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo, les examens se déroulent tant bien que mal, la situation est beaucoup plus préoccupante dans le Masisi et Walikale, situés précisément dans la province éducationnelle Nord-Kivu 3.

L’organisation du TENASOSP a été fortement perturbée dans ces zones, en proie à des violences armées persistantes, des données incomplètes sur les candidats, des mouvements de population réguliers et surtout des risques sécuritaires élevés.

Masisi 1, deux centres délocalises sur 11 prévus
À Masisi 1, qui compte 2 241 élèves inscrits, dont 1 145 filles, les autorités ont dû délocaliser en urgence 2 centres d’examen sur les 11 prévus. Une décision prise pour protéger les candidats face à la recrudescence des combats.

Des élèves au caractère résilient face à l’adversité
Les élèves du Nord-Kivu passent leurs examens dans un climat particulièrement éprouvant : la crainte de la maladie, la peur des violences et les conditions logistiques difficiles.

Chaque épreuve devient pour eux une preuve de courage et de résilience, dans une région où accéder simplement à l’éducation relève parfois du défi. Malgré tout, leur détermination reste intacte.

Les élèves du Nord-Kivu possèdent la capacité de surmonter les chocs traumatiques, les épreuves et l’adversité, en parvenant à se reconstruire et à s’adapter de manière positive. Plutôt que de simplement encaisser les coups.

C’est pourquoi, entre Ebola et insécurité, ces examens prennent une dimension bien au-delà de l’évaluation scolaire, devenant un symbole de résilience pour toute une génération qui apprend de ses difficultés pour évoluer.

Gel Boumbe

    admin

    Related post