Devant 990 milliards de FC de dette à régler face à la REGIDESO: L’État congolais, prestidigitateur de la soif !

La dette colossale de plus de 990 milliards de Francs congolais que l’État doit à la REGIDESO met en péril l’accès à l’eau potable et fragilise directement les citoyens. On peut parler d’un paradoxe : l’État, censé protéger ses enfants, étouffe son propre service public. En effet, 990 milliards de FC (près de 598 millions USD), c’est le montant des arriérés de factures que l’État congolais doit à la REGIDESO. Cette dette a été confirmée par le Directeur général de la REGIDESO, David Tshilumba Lutombo, devant la Commission Ecofin de l’Assemblée nationale en novembre 2025. Elle s’ajoute aux dettes contractées par la REGIDESO auprès des banques pour financer ses investissements.
CONSÉQUENCES DIRECTES
L’asphyxie financière de la REGIDESO est à craindre parce que l’entreprise peine à assurer ses missions de distribution d’eau potable. Du coup, cela menace sur la pérennité du service public dès lors que sans liquidités, la REGIDESO ne peut entretenir ses infrastructures ni investir dans de nouveaux réseaux. Sur le plan impact social, les Congolais, déjà confrontés à des difficultés d’accès à l’eau, voient leur droit fondamental compromis.
LE PARADOXE…
Dans cette logique, il ne serait pas illusoire de noter que l’État congolais « s’autoflagelle »en étant à la fois créancier et débiteur. Il finance la REGIDESO, mais ne paie pas ses propres factures. Un paradoxe qui fait que l’État en ne réglant pas sa dette, affaiblit son propre outil de service public, et donc prive ses citoyens de l’eau, ressource vitale.
On se trouve là, face à un contraste cruel entre discours officiel (protection sociale, développement) et réalité (asphyxie des institutions).
Cette situation a tout d’une auto-cannibalisation institutionnelle qui fait que l’État se prive lui-même de la capacité d’agir, tandis que les citoyens deviennent les victimes collatérales de cette incohérence en nourrissant un sentiment d’abandon et de trahison, car l’eau est un droit fondamental et non une faveur.
Ce paradoxe est un terrain fertile pour certains qui y voient l’image d’un État qui « affame ses propres enfants » en refusant de payer sa propre régie d’eau. Comment dans ces conditions, les contradictions budgétaires deviennent des contradictions vitales.
VÉRITABLE PIÈCE THÉÂTRALE DE LA SOIF…!
Acte I : Le grand illusionniste
Sur la scène nationale, l’État congolais se présente en protecteur des biens publics. Il promet l’accès à l’eau potable, il signe des protocoles, il inaugure des robinets flambants neufs. Mais derrière le rideau, il ne paie pas ses factures. 990 milliards de Francs congolais dus à la REGIDESO : voilà le tour de magie. L’illusion consiste à faire croire que l’eau coule, alors que les caisses sont vides.
Acte II : Le tour des gobelets
Comme dans un spectacle de prestidigitation, l’État déplace les gobelets : ici un budget, là une promesse, ailleurs une dette. Le public – les citoyens – croit que l’eau est sous le bon gobelet. Mais quand on soulève, il n’y a rien. L’eau disparaît, avalée par les dettes et les contradictions.
Acte III : Les enfants de la soif
Le paradoxe est cruel : en refusant de payer sa propre régie, l’État affame ses enfants. Il transforme l’eau, source de vie, en mirage. Les Congolais deviennent spectateurs d’un théâtre absurde où l’on applaudit des discours, mais où l’on boit la poussière.
Acte IV : Le rideau de fumée
Le prestidigitateur sait manier les mots : « développement », « protection sociale », « modernisation ». Mais ces mots sont des fumées. Derrière, la REGIDESO suffoque, incapable d’entretenir ses réseaux. Le rideau tombe, et le public découvre que l’État s’est auto-étranglé.
Acte V : La morale du spectacle
Un État qui ne paie pas ses factures est un État qui se cannibalise. Il détruit son propre outil de service public. Il transforme la promesse de l’eau en une dette sèche. Et dans ce théâtre de la soif, les citoyens ne rient plus : ils réclament leur droit à boire.
Laurent BUADI
