L’Association Bana Matonge saisie le Parlement contre la vente du marché Djakarta à la SOCODECO

A street market scene in Matonge district in Kinshasa, Congo, DRC.
A Kinshasa, des marché, terrain de foot, espace vert, voire même de parcelles des institutions de l’État sont morcelés et vendus aux tiers, précisément aux etrangers, en complicité avec le gouvernement tant central que provincial.
Le cas de l’espace Djakarta abrita un marché municipal dont la Société Congolaise des Postes et Télécommunications (SCPT) vient de céder à une société privée dénommée SOCODECO.
Cette espace qui abrite le « Marché Djakarta » est un bien de la République démocratique du Congo affecté à usage public et soumis à un régime particulier qui le protège. Il est localisé sur l’avenue du Stade au quartier Matonge.
L’Association Bana Matonge asbl (ABM) vient de saisir officiellement le Parlement Congolais à travers une lettre ouverte aux Honobables députés et sénateurs de la RDC pour dénoncer la cession, par la Société Congolaise des Postes et Télécommunications, de cet espace qui abrite le Marché Djakarta à la société privée dénommée SOCODECO.
« (…) des personnes non autrement identifiées, pour le besoin de Lucre, veulent faire perdre la mémoire collective et l’identité des habitants du Quartier Matonge par la disparition, sur base d’un contrat avec une société signé sans respect des procédures des marchés publics, du marché historique et quotidien de Matonge dénommé « Marché Djakarta », marché des pauvres, de vos électeurs, des femmes veuves, des jeunes universitaires mais chômeurs qui subit la menace des bazola nzimbu, » peut-on lire dans cette lettre dont une copie est parvenue au quotidien Le Journal.
Dans ce document qui porte la signature du président de l’Association Bana Matonge, Monsieur Rodolphe Mafuta, rappelle aux Honobables députés et sénateurs qu’ils avaient alerté par écrit, les pouvoirs exécutif et même législatif de la ville de Kinshasa pour la protection de ces pauvres mamans. Mais leur plaidoyer est resté lettre morte.
« Même les Ministres nationaux de l’Urbanisme et Habitat, des Affaires foncières et des Petites et Moyennes entreprises ont été sollicités pour la sauvegarde de l’espace public de L’État et pour la protection des petits commerçants congolais, notre demande est resté sans suite. Ci-joint la copie de la lettre N°ABM/CD/027/06/m/2025 du 27 juin 2025 adressée au Ministre de l’Urbanisme et Habitat, » précise la lettre.
L’ABM sollicite « l’intervention des représentants des peuples meurtris agonisant dans la douleur et ne sachant à quel Saint se vouer pour couvrir les deux bouts du mois, pour aider ces mamans de recouvrir leur espace afin qu’elles placent leurs etalages pour éviter d’être victimes de l’opération « Balabala eza wenze te », renchéri le document.
Dans la lettre adressée au Ministre de l’Urbanisme et Habitat, l’Association Bana Matonge a porté à sa connaissance des faits graves de violation des lois de la République relatives à l’aménagement, utilisation ou occupation d’un espace ou terrain relevant du domaine public de L’État.
Pour elle, un contrat assis sur un fond foncier couvert par l’article 10 non modifié de la Loi n°73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et régime des sûretés telle que modifiée et complétée par la Loi n°80-008 du 28 juillet 1980 stipule que « Les biens de l’État qui sont affectés à un usage ou à un service public sont hors commerce, tant qu’ils ne sont pas régulièrement désaffectés », et n’ayant subi ou obtenu une quelconque autorisation de votre autorité.
Selon l’ABM, la SCPT cosignataire de ce contrat et prétendant propriétaire de cet espace exhibé une autorisation de bâtir établie par les services du ministère de l’Urbanisme et Habitat en contradiction avec le Manuel des procédures d’octroi du permis de construire en RDC à son point 4.1 qui stipule que « … avant d’entreprendre une construction, l’on doit se rassurer que l’on dispose d’une parcelle de terre sur laquelle sera implanté le projet et le Maître d’ouvrage (qui est la SCPT dans ce dossier) doit demander un avis urbanistique ou un certificat d’urbanisme qui atteste de la régularité de l’existence de la parcelle et de sa disponibilité à recevoir une construction. »
Dossier à suivre !
Gel Boumbe
