La gifle de Constant Mutamba à la Cour de cassation

Ce mardi 28 juillet 2026, Constat Mutamba n’a pas seulement quitté la Cour de cassation, il a claqué la porte comme on claque une gifle. Une gifle à une justice congolaise qui titube, malade selon Félix Tshisekedi, incapable de se tenir debout sans béquilles politiques. Une Justice en coma où les magistrats jouent aux médecins, mais leurs ordonnances sentent la corruption et la compromission. Aussi curieux que cela puisse paraître, vingt quatre heures après cet incident, le président de la Cour de cassation, Firmin Mvonde est démis de ses fonctions par le chef de l’État.
En quittant la salle d’audience sur un coup de tête, Mutamba jouant en chirurgien, n’a pas pris le scalpel, il a pris ses jambes à son cou, laissant derrière lui une salle d’opération saturée de malades incurables. Comme quoi, “quand la Cour de cassation devient une salle d’attente, Mutamba choisit la sortie plutôt que la perfusion. L’on imagine dans ce cas, la Cour de cassation comme un hôpital délabré avec les juges qui sont des infirmiers fatigués, les verdicts des prescriptions falsifiées, et les citoyens des patients abandonnés dans les couloirs. Mutamba, lui, regarde la scène et lâche : “Je ne suis pas médecin légiste, je refuse de signer l’acte de décès d’une justice déjà enterrée”.
Les voies de solution proposées par maints analystes consistent à la réanimation institutionnelle en restaurant l’indépendance des magistrats et couper le cordon ombilical avec les milieux politiques. Recourir à la transfusion citoyenne est un plus, tant qu’il faut impliquer les avocats, les ONG et les médias pour surveiller les dérives.
Au titre d’antibiotiques légaux, il sied de réformer le Conseil supérieur de la magistrature pour qu’il cesse d’être une chambre d’enregistrement des volontés recommandées d’ailleurs, argumentent des observateurs avisés.
Le départ précipité de Constat Mutamba de la Cour de cassation, argumentent certains avocats, n’est pas seulement une réaction personnelle, c’est une mise en scène publique de la désapprobation face à une justice congolaise malade, mieux un geste de rupture.
Car, disent-ils, quitter la Cour de cassation sur un coup de tête, c’est refuser de cautionner un système perçu comme corrompu et inefficace. Et comme signal politique, Constant Mutamba, en tant qu’ancien ministre de la Justice, sait que chaque geste est interprété comme un message. Ici, il met en lumière l’urgence d’une réforme.
Ce départ qui continue de faire parler de lui, résonne avec le sentiment populaire que la justice est devenue un théâtre où les verdicts se négocient plus qu’ils ne se prononcent. Les enjeux institutionnels qui s’y dégagent sont entre autres, la fragilisation de la crédibilité des hautes juridictions et la pression accrue sur le successeur de Mutamba pour montrer qu’il ne regarde pas la situation pourrir et qu’il incarne réellement une volonté de réforme. Comme pour remettre de l’ordre dans la boutique, le magistrat suprême Félix Tshisekedi pour qui, la justice congolaise est malade,a procédé à un chambardement méticuleux à la tête de la Cour de cassation. Aux heureux nommés de prouver que la justice peut être guérie de son mal avec beaucoup de volonté.
Laurent BUADI
