Gouvernement Suminwa 2 : l’exercice de redevabilité se porte bien !

Au cours d’un Panel du Briefing Presse animé par les journalistes Oscar Mbal, Sandra Nyangi, Blaise Bokokia de la RTNC et Mamina Masengu de B-One, les ministres des Mines, de la Formation professionnelle et de la Jeunesse se sont livrés à un exercice de redevabilité en mettant en avant des réalisations concrètes qui ont jalonné le mi-parcours de ce mandat dans leurs secteurs respectifs.
Louis Watum Kabamba appuie sa vision sur les directives du chef de l’État
Dans le cadre de l’exercice de redevabilité, chaque membre du Gouvernement Suminwa II s’est prêté à cet exercice afin de rendre compte du bilan de sa première année d’action. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présenté les différentes réalisations accomplies au cours de cette première année de mandat.
Sur ses réalisations dans le secteur minier, il a expliqué que sa vision est axée sur les directives reçues du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« En réalité, comme je l’ai dit au début, en arrivant dans ce ministère, on ne réinvente pas la roue. En fait, c’est une feuille de route qui se traduit en actions concrètes selon la vision du Chef de l’État, qui est celle de faire une gestion durable et responsable de ce secteur et, finalement, créer des richesses et faire du Congo une puissance, pas seulement industrielle, mais géopolitique également, et pas seulement au niveau régional, mais continental et même planétaire. Tout cela a donc été traduit en actions concrètes, articulées autour des différents défis », a-t-il indiqué.
Le ministre des Mines a fait état d’une forte avancée grâce à la digitalisation du système. Aujourd’hui, le Cadastre minier a récupéré près de 3 000 kilomètres carrés de concessions revenues dans le domaine public afin d’être redistribuées à des personnes ou des structures mieux outillées, tant sur le plan financier que technique, pour découvrir de nouveaux gisements et les exploiter.
Toujours dans le cadre de la gouvernance, le dialogue avec la Chambre des mines a été institutionnalisé. Ce cadre d’échanges avec les opérateurs miniers porte notamment sur les questions de fiscalité, de parafiscalité et sur les zones d’ombre liées à l’application du Code minier.
Le laboratoire du CEEC a reçu des équipements de dernière génération grâce auxquels il a été possible de détecter des sous-produits présents dans certains minerais exportés. Selon le ministre, dès le mois d’octobre, cette avancée a permis de générer plus de 136 millions de dollars, entièrement versés au Trésor public.
Sur le plan de la lutte contre la fraude minière
Pour s’en rendre compte, le ministre a effectué plusieurs itinérances dans les profondeurs de la RDC, notamment dans le Lualaba, le Haut-Katanga, le Bas-Uele, le Haut-Uele, le Maniema, l’Ituri et d’autres provinces. Ces missions ont permis de prendre des mesures répressives contre les pratiques frauduleuses.
En matière d’encadrement de l’artisanat minier, près de 64 zones d’exploitation artisanale ont été mises à disposition. Elles ne sont pas encore effectives, mais le seront prochainement, le temps d’être viabilisées.
Le ministre des Mines a dit avoir signé un contrat de 180 millions de dollars avec Xcalibur Multiphysics Group SL pour réaliser une cartographie géophysique aéroportée et géologique de l’ensemble du territoire national. Une équipe de travail s’est rendue au Musée africain de Tervuren afin de récupérer les archives géologiques de la RDC.
À la question sur la présence des militaires et des policiers sur les sites miniers, Louis Watum Kabamba a rassuré que le processus de retrait est en cours d’exécution en collaboration avec l’état-major des Forces armées.
S’agissant des partenariats stratégiques et des investissements, notamment du deal américain, le ministre a affirmé que des résultats concrets sont déjà visibles sur le terrain. Il a cité en exemple la reprise de Chemaf, qui a permis de sauver 2 000 emplois et de sécuriser l’activité de plus de 5 000 à 10 000 creuseurs artisanaux.
Louis Watum Kabamba a également indiqué qu’un premier pas a déjà été franchi avec Manono Lithium, qui a réalisé la première exportation de concentré de lithium de l’histoire de la RDC. Il a ajouté que, d’ici le mois de décembre, la production de sulfate de lithium débutera, avec des applications dans plusieurs secteurs industriels, notamment les batteries et la santé.
Au sujet des allégations portant sur une exportation clandestine de l’uranium, le ministre s’est montré catégorique en choisissant de ne pas être sur la défensive, mais d’être totalement ouverts aux critiques et d’y répondre. “Nous y avons répondu de manière factuelle et objective, en disant : venez, voici les statistiques, voici comment nous avons respecté, au fil des années, les normes dictées par les institutions internationales en termes de limites acceptables de contenu en uranium pour ce qui est exporté. Et si vous avez mieux à dire, dites-le-nous”, a-t-il tranché.
Marie Nyange Ndambo mise sur la rénovation des forêts congolaises
En une année, la patronne de l’Environnement s’est appuyée sur la vision du Président de la République, qui peut se résumer à la rénovation des forêts tout en améliorant les conditions de vie des populations de la RDC. Sur cette base, elle a travaillé sur deux volets.
Le volet structurel, c’est-à-dire la mise en place des mécanismes de suivi des réformes entamées avant son arrivée, notamment la finalisation de la politique forestière, qui fixe les grandes orientations de la gouvernance forestière, ainsi que du Code forestier, qui réglemente les modalités d’exploitation des forêts.
« Nous avons pu finaliser la politique forestière et le Code forestier est en phase de finalisation. Nous pensons qu’à la session de septembre, ce Code arrivera au niveau du Parlement pour être voté », a-t-elle expliqué.
Dans le souci de redorer l’image du pays à l’extérieur, son ministère a organisé la première Semaine du climat, qui a réuni tous les acteurs et toutes les parties prenantes de la gouvernance forestière. Cette première édition a débouché sur une feuille de route présentée à Belém, laquelle a reçu un écho très favorable et contribué à améliorer l’image de la RDC.
Parallèlement, une réforme a été mise en place afin de permettre au pays de mobiliser des ressources financières pour son développement.
À ce sujet, une stratégie de valorisation, de certification et de monétisation des ressources forestières de la RDC est en cours de mise en œuvre.
C’est une stratégie qui repose sur deux piliers majeurs dont le registre carbone souverain et les dispositifs MRV. Deux piliers qui ne peuvent être appliqués sans un cadre légal.
« Ce qui fait que nous avons travaillé sur la loi sur le marché carbone que nous sommes en train de finaliser. Elle a déjà été validée parmi les matières d’habilitation du Gouvernement et nous sommes en phase de finalisation pour que le Président de la République puisse prendre l’ordonnance-loi qui consacrera cette réforme fondamentale et cruciale pour la République », a-t-elle expliqué.
Pour rappel, la Banque mondiale évalue les forêts de la RDC à 230.000 milliards USD. L’accès à ces ressources nécessite la mise en place d’un dispositif permettant de mobiliser ces financements.
Afin de permettre aux communautés rurales, qui dépendent des forêts, de bénéficier de ces ressources, le Gouvernement mise sur le marché carbone à travers les paiements pour services environnementaux.
« Depuis que je suis là, je viens de valider cinq projets qui vont travailler sur les paiements pour services environnementaux. Il y a aussi les paiements pour les services écosystémiques et nous avons déjà validé quatre projets qui vont travailler sur les paiements pour services écosystémiques. Pour ces paiements, et surtout le marché carbone, 20 % des bénéfices sont réservés aux communautés locales. C’est une norme de l’Accord de Paris. Lorsque vous avez vendu des crédits carbone, 20 % des bénéfices sont d’abord défalqués pour les communautés locales », a souligné la ministre de l’Environnement.
« Le recyclage des déchets plastiques fait partie des éléments qui dégradent énormément notre environnement. C’est d’ailleurs pour cela que le Président de la République a pris l’initiative de mettre en place une task force », a-t-elle indiqué.
Dans le cadre des réformes engagées, son équipe a travaillé sur des projets visant à limiter les déchets plastiques dans les villes ou à les transformer en ressources économiques.
« Les déchets plastiques, au-delà d’être des déchets, sont aussi des matières premières pour la transformation. On peut en faire beaucoup de choses et j’encourage tous les partenaires qui viennent investir dans la transformation des déchets plastiques ainsi que d’autres déchets solides et liquides. À ce jour, nous comptons déjà douze projets et nous espérons que d’ici la fin de l’année, parmi les douze projets que nous avons signés, nous pourrons obtenir des résultats concrets sur le terrain », a insisté la ministre Marie Nyange Ndambo.
Les ministères des Mines et de l’Environnement collaborent à travers des arrêtés ministériels et interministériels, des commissions interministérielles, des commissions mixtes ainsi que des échanges permanents. Pour la loi sur le carbone, pour l’environnement et les crédits carbone. Marie Nyabge Ndambo a déjà approché le ministre des Mines pour qu’ensemble ils mènent la pédagogie pouvant faire que tous les acteurs miniers s’alignent et comprennent quel sera l’impact de cette loi sur leurs activités minières.
Grâce Emy Kutino, ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique aligne des réalisations palpables
À cet exercice de redevabilité initié dans le cadre de l’an 1 du Gouvernement Suminwa II, Grâce Emy Kutino, ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, a présenté les différentes réalisations enregistrées au cours de cette première année dont la plus grande demeure la mise en place du Village des Opportunités.
Face aux immenses défis de la jeunesse congolaise, dès son arrivée à la tête du ministère de la Jeunesse, Grâce Emy Kutino s’est fixé un seul objectif : apporter des réponses concrètes aux difficultés des jeunes.
« Nous avons mis en place le Village des Opportunités. Le ministère de la Jeunesse s’est présenté comme un pont entre les jeunes et les opportunités. Dans le Village des Opportunités, vous retrouvez notamment des centres de formation, des financements. Les jeunes ont été financés par le FSPH, qui est une structure sous notre tutelle. Nous l’avons fait à Kinshasa, puis cette année à Lubumbashi. Vous retrouvez aussi des partenaires, des entreprises et des institutions. La jeunesse congolaise est compétente, intelligente et veut réussir. Mais, quelquefois, elle ne sait pas à quelle porte frapper ni vers qui se tourner », a-t-elle expliqué à Sandra Nyangi et Blaise Bokokia, journalistes à la RTNC et présentateurs de cette émission de redevabilité mise en place pour permettre aux membres du Gouvernement Suminwa II de rendre compte de leurs réalisations à la population après une année d’exercice.
Retombées positives pour le Village des Opportunités…
D’après la ministre de la Jeunesse, cet espace a été créé pour permettre à la jeunesse congolaise d’accéder à plusieurs opportunités.
À Kinshasa :
– plus de 30 jeunes ont reçu des financements ;
– plus de 1.000 jeunes ont bénéficié de stages, dont certains ont ensuite décroché un emploi et plus de 2.000 jeunes ont suivi des formations.
« Je tiens encore à remercier le ministre de la Formation professionnelle, qui nous a accompagnés avec sa structure, l’INPP, en offrant des formations aux jeunes lors du Village des Opportunités », a-t-elle indiqué en s’adressant à son codébateur, le ministre de la Formation professionnelle.
En dehors du Village des Opportunités, son équipe a lancé un vaste programme de formation aux métiers du numérique avec Cisco et Cybastion, dans l’objectif de former 250.000 jeunes Congolais.
« Sous la haute impulsion du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, notre pays s’est engagé dans une dynamique claire et résolue : bâtir un Congo moderne, connecté et compétitif, où la jeunesse est placée au cœur du développement national. C’est dans cet esprit qu’a été signé ce protocole d’accord historique entre le ministère de la Jeunesse, Cisco, référence mondiale des réseaux et de la cybersécurité, et Cybastion, partenaire académique et technique. Cet accord porte sur la formation de 250.000 jeunes Congolais aux métiers du numérique. Ce programme constitue le programme national de formation numérique qui soutient notre stratégie d’autonomisation et de montée en compétence de la jeunesse congolaise », a déclaré Grâce Emy Kutino.
Dans un premier temps, 121 jeunes ont été formés pour devenir des formateurs, chargés à leur tour de former les 250.000 bénéficiaires du programme.
« Ce qui est beau dans ce programme, c’est que les 121 formateurs, désormais certifiés Cisco, ont obtenu un emploi auprès de Cybastion, où ils seront rémunérés pour accomplir cette mission », a révélé Grâce Emy Kutino, avant de préciser l’origine de ces formateurs.
« Ces 121 formateurs sont passés par des tests et des examens. Plusieurs jeunes ont postulé pour devenir formateurs, mais seuls ceux qui ont réussi les épreuves ont été certifiés », a-t-elle expliqué.
Cette formation au numérique bénéficie également du partenariat avec Airtel, qui joue un rôle important dans sa mise en œuvre.
« Nous sommes à l’ère du numérique. Airtel offre cinq ans de connexion gratuite non seulement aux 250.000 jeunes bénéficiaires, mais aussi aux formateurs », a indiqué Grâce Emy Kutino.
La troisième réalisation est la carte Avantage Jeune, qui sera opérationnelle d’ici la fin de l’année. « La carte Avantage Jeune vient alléger le quotidien des jeunes. Ils bénéficieront de réductions dans plusieurs domaines essentiels, notamment le transport en commun, la santé, les loisirs et bien d’autres secteurs. L’objectif est que la jeunesse congolaise puisse s’épanouir dans son propre pays. Nous sommes accompagnés par plusieurs partenaires et plusieurs ministères », a-t-elle précisé.
La quatrième réalisation concerne les centres de réinsertion des Kuluna et dans un premier temps, cinq centres pilotes verront le jour au début de l’année 2027, à Kinshasa, Mbuji-Mayi, Kalemie, Lubumbashi et au Kongo Central. L’objectif est d’étendre ce dispositif à l’ensemble des 26 provinces dans les deux années suivantes.
« Dans ces centres de réinsertion, les jeunes bénéficieront de formations ainsi que d’un accompagnement psychosocial. Ils seront aidés à se réinsérer dans la société », a précisé la ministre.
Le chantier de l’Éveil patriotique
L’une des principales actions menées dans le volet Éveil patriotique a été la sensibilisation des jeunes aux valeurs du patriotisme.
« Nous avons une cellule dédiée à ce chantier au sein du ministère de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique. Nous avons mis en place une campagne qui nous a conduits dans plusieurs universités et écoles. Lorsqu’on aime son pays, on le protège, on protège aussi les biens publics », a-t-elle insisté.
« Nous avons déjà mis plusieurs programmes en place et nous nous battons pour les dupliquer dans les provinces. Je parle du Village des Opportunités, de la formation Cisco-Cybastion, qui entre dans sa deuxième phase avec la formation de la grande masse, de la carte Avantage Jeune, qui doit être opérationnelle d’ici la fin de l’année pour les jeunes de 15 à 35 ans, ainsi que des centres de réinsertion. Ce sont véritablement nos priorités », a conclu la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique.
Avec Marc Ekila Likombo, la Formation professionnelle devient autonome !
Longtemps demeuré sous la tutelle du ministère de l’EPST, le ministère de la Formation professionnelle est devenu autonome depuis près de dix ans. Quel contenu a été donné à ce ministère pour faire parler de lui aujourd’hui ? Marc Ekila Likombo s’est prêté à l’exercice de redevabilité de l’an 1 du Gouvernement Suminwa II.
Pour cerner la problématique de son ministère, Marc Ekila Likombo a d’abord posé le défi majeur : repeupler le capital humain. Par capital humain, il entend les compétences et la main-d’œuvre.
« Aujourd’hui, dans le milieu professionnel, chez les employeurs, on dit toujours que la main-d’œuvre congolaise n’est pas qualifiée. Sinon, on parle d’inadéquation entre l’emploi et la formation », a-t-il déploré.
Professionnaliser les métiers avec les outils…
«L’ordonnance qui me nomme fait de moi le ministre de la Formation professionnelle, tout court. Donc, il faut professionnaliser les métiers en leur donnant les outils. Comme nous sommes dans l’an 1 de ce mandat, nous avons doté notre pays, pour la première fois depuis l’existence du ministère, d’un document de politique nationale de formation professionnelle qui s’étend sur dix ans. Quand vous y entrez, vous trouvez les quatre segments qui permettront à notre pays d’entrer pleinement dans l’univers de la formation professionnelle », a-t-il expliqué avant d’ajouter :
« Nous avons pensé, pour canaliser, comme aime toujours le dire le Chef de l’État et la Première ministre, que nous devons disposer d’une main-d’œuvre capable de répondre aux défis économiques et aux défis du développement de notre pays ».
Le document de politique nationale de formation professionnelle
« Je vous ai dit que nous avons produit un document, une sorte de répertoire, d’annuaire, si vous voulez, qui recense tous les métiers à développer dans les 145 territoires. Cela signifie que, dans chaque territoire, nous identifions les compétences nécessaires pour accompagner le développement et permettre aux jeunes de rester sur place. Vous allez me demander comment y parvenir. Cela appelle une grande politique de construction des centres publics de formation. Nonobstant l’existence des centres privés, qui sont des partenaires, il s’est imposé une nécessité : l’État doit disposer de ses propres centres. Nous avons donc lancé ce programme de construction des centres à travers toute la République », a expliqué Marc Ekila.
“La question de la main-d’œuvre congolaise dans les mines demeure un grand défi pour moi. C’est dans le secteur des mines où nous ne retrouvons pas suffisamment de main-d’œuvre congolaise. Nous avons des Sud-Africains, des Zimbabwéens, des Éthiopiens”, a fait savoir le ministre Ekila.
Le Journal avec la Cellule de Comm’ du Ministère des Médias.
