Discussions sur l’ouverture de l’ “aéroport fantôme” de Goma !

 Discussions sur l’ouverture de l’ “aéroport fantôme” de Goma !

Des fonds ont été levés pour l’ouverture de l’aéroport de Goma, des promesses se sont répétées et des signatures se trouvent alignées. Mais toujours pas d’avion humanitaire sur le tarmac. Depuis des mois, des forums internationaux ont été organisés et des bailleurs mobilisent suffisamment des ressources pour la réouverture de l’aéroport de Goma. Les engagements diplomatiques s’accumulent, mais l’infrastructure reste paralysée, sous contrôle militaire et politique.
Le paradoxe réside dans la volonté affichée de soutenir les populations et d’assurer les transports humanitaires. Pourtant, la réalité étale des blocages persistants, l’absence de mise en œuvre et un aéroport qui devient symbole d’impuissance collective.
Conséquence : à Goma, les avions attendent moins le carburant que la vérité des engagements. Il s’agit d’un exemple de « diplomatie en suspens », un cas où la parole internationale se heurte à l’inertie des réalités locales, rappelant que les promesses sans actes deviennent elles-mêmes des monuments, mais de la frustration.

L’UNION EUROPÉENNE POUSE À FOND…
Les discussions autour de la réouverture de l’aéroport de Goma ont effectivement été relancées dimanche dernier, sous l’impulsion de la commissaire européenne à la Gestion des crises, Hadja Lahbib, qui a rencontré Félix Tshisekedi et Paul Kagame avant de se rendre sur place. L’objectif affiché est de permettre la reprise des vols humanitaires, dans un contexte où la ville reste sous contrôle de l’AFC/M23. Cependant, il faut nuancer l’optimisme, préviennent des analystes. Parce que plusieurs éléments montrent que ces discussions sont encore fragiles malgré les points favorables affichés avec l’implication européenne qui met son poids diplomatique et financier pour débloquer la situation, Corneille Nangaa, -coordonnateur politique de l’AFC/M23-, a récemment déclaré que son mouvement était « le premier demandeur » de la réouverture, ce qui marque un changement de ton. Tandis que Paris et Kinshasa examinent déjà les modalités de reprise des vols humanitaires avec la MONUSCO.
D’autre part, les obstacles persistents avec notamment, le calcul politique du M23 pour qui, derrière l’ouverture, il y aurait une volonté de s’imposer comme autorité incontournable, ce qui complique la légitimité des négociations. Le fait que l’aéroport reste sous contrôle rebelle signifierait que toute réouverture dépend d’un compromis sécuritaire. Au titre d’antécédents de blocage, l’on rappelle que les forums internationaux ont déjà mobilisé des fonds sans résultats concrets, ce qui nourrit la méfiance. Ces discussions représentent une avancée diplomatique réelle, mais elles ne garantissent pas encore une réouverture effective. La nouveauté est que l’AFC/M23 affiche publiquement une volonté de dialogue, ce qui pourrait ouvrir une brèche. Néanmoins, tant que les conditions de sécurité et de gouvernance ne sont pas clarifiées, il est prématuré de compter sur une reprise rapide des vols humanitaires.

Le Journal

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