Ça fait débat...: De ‘ma Constitution’ à ‘notre refondation’ !

 Ça fait débat...: De ‘ma Constitution’ à ‘notre refondation’ !

Au plus fort de son pouvoir, le président Joseph Kabila avait lancé, sans détour en parlant de la constitution qui soulève les débats aujourd’hui, que “c’est ma Constitution, je l’ai défendu quand tout le monde passait le temps dans les bistrots”. En le disant,  Joseph Kabila avait en réalité marqué un sceau personnel sur le texte de 2006. Cette déclaration a longtemps nourri l’idée que la Loi fondamentale n’était pas seulement un pacte national, mais aussi un instrument façonné à sa taille pour verrouiller un certain équilibre politique autour de son régime. 

Pour les analystes de la scène politique congolaise, Kabila avait ainsi revendiquée la constitution comme son œuvre, mieux sa forteresse. Une Constitution taillée sur mesures pour encadrer le pouvoir et baliser la succession.

Aujourd’hui, André Mbata en tête de liste de la majorité présidentielle, veut la remplacer la loi fondamentale. Du coup, Félix Tshisekedi se retrouve face à sa propre promesse : réformer sans trahir, corriger sans détruire. Mais la tentation de tout réécrire est grande et fait trembler les murs.

Les héritiers de “ma Constitution” qui sont aussi nombreux, s’accrochent à leurs bastions, tandis que les réformateurs agitent le spectre d’une nouvelle ère. Entre possession et refondation, le texte sacré devient champ de bataille, miroir des ambitions et révélateur des peurs.

Quand André Mbata remet sur la table l’idée de remplacer la Constitution, ce n’est pas seulement une proposition juridique, c’est une secousse politique. La Constitution actuelle est devenue, pour certains acteurs, un véritable rempart qui protège leurs intérêts, leurs positions ou leur influence. Dès qu’on évoque sa révision totale, ceux qui en tirent avantage se sentent menacés et réagissent avec vigueur.

Ce que cela révèle est qu’on est en face d’un clivage d’intérêts avec d’un côté, ceux qui voient dans une nouvelle Constitution une chance de refonder le système politique et de corriger ses failles. De l’autre côté, trônent ceux qui craignent de perdre leurs acquis ou leur pouvoir.

Mais comme enjeu de légitimité, des cercles diplomatiques estiment que changer la Constitution, c’est toucher au contrat social. Cela exige une justification forte et une adhésion populaire, sinon cela peut être perçu comme une manœuvre politique.

Beaucoup d’autres craignent un signal d’instabilité parce que chaque fois qu’on parle de remplacer la Constitution, cela réveille les inquiétudes sur la continuité institutionnelle et la sécurité juridique.

Ce qui est intéressant, c’est que ce débat ne se limite pas au texte lui-même. Il met en lumière la lutte entre mémoire institutionnelle et ambition de refondation. Certains veulent préserver l’ordre établi, d’autres veulent écrire une nouvelle page de l’histoire.

Quand le texte sacré devient terrain de jeu

On croyait la Constitution figée dans le marbre, mais voilà qu’André Mbata la remet au goût du jour. Les gardiens des privilèges s’agitent, les juristes s’échauffent, et les politiciens comptent leurs acquis comme des marchands de tapis.

Félix Tshisekedi, lui, avait promis de “corriger les failles sans briser l’équilibre”. Une promesse qui sonnait comme un pacte de stabilité. Mais aujourd’hui, la tentation de tout remplacer réveille les fantômes qui craignent de perdre leurs bastions, et ceux qui rêvent d’une refondation totale.

La scène ressemble alors à une pièce de théâtre où les uns brandissent la Constitution comme un bouclier, les autres comme une feuille blanche à réécrire. Et au milieu, le peuple observe, partagé entre l’espoir d’un nouveau départ et la peur d’un saut dans l’inconnu.

Ceci joue sur le contraste entre la promesse de réforme prudente de Tshisekedi et l’audace radicale de Mbata, en soulignant la danse des intérêts qui s’emballe dès qu’on touche au texte fondateur.

Laurent BUADI

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