La marche de l’UDPS atteste son monopole sur la rue !

 La marche de l’UDPS atteste son monopole sur la rue !

La journée du 22 septembre 2026 restera à jamais, comme un moment de démonstration politique orchestrée par l’UDPS. Des foules inestimables ont envahi les rues de Kinshasa et de plusieurs villes du pays, brandissant pancartes et slogans en faveur du président Félix Tshisekedi, du référendum constitutionnel et du dialogue national.

Une mobilisation nationale
La marche n’a pas été confinée qu’à la capitale : Matadi, Lubumbashi, Kananga, Kindu, Mbuji-Mayi et Gungu…, ont vibré au même rythme. Cette simultanéité traduit une volonté de montrer que l’UDPS n’est pas seulement une force kinoise, mais une machine nationale. Les annulations à Kisangani et Gemena pour raisons sanitaires rappellent toutefois que la politique ne peut ignorer les urgences de santé publique.
Cette démonstration de force survient dans un climat tendu où l’opposition (C64) avait récemment mobilisé contre la révision constitutionnelle mais sans avoir réussi à mettre dans les rues, un nombre impressionnant des gens. L’UDPS répond par une contre-marche, encadrée par les autorités, pour affirmer que la majorité populaire est du côté du président. Le message est clair : « La rue est avec nous ». Mais cette affirmation soulève une question : la rue est-elle un baromètre fiable de la légitimité politique, ou un instrument de mise en scène du pouvoir ? « Les avenues de Kinshasa ont résonné de chants et de tambours. Mais derrière les slogans, une autre musique se joue : celle des calculs constitutionnels. Car si la foule crie “majorité”, c’est peut-être le texte de loi qui décidera demain qui danse et qui déchante. »

Retour sur les faits marquants de la journée
La marche de l’UDPS du 22 septembre 2026 a constitué une démonstration de force : des milliers de Congolais ont défilé à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays pour soutenir les institutions, le processus référendaire et le dialogue national initié par Félix Tshisekedi. Augustin Kabuya a revendiqué cette mobilisation comme une preuve que le président dispose de la majorité populaire. À Kinshasa, le départ de la marche a été donnée à la 11ᵉ Rue Limete. Un impressionnant cortège encadré par un dispositif sécuritaire a traversé toute la commune de Limeté et une bonne partie du boulevard Sendwe avant de mettre le cap sur pont Cabu où, Augustin Kabuya a affirmé : « La vérité est rétablie, c’est Félix Tshisekedi qui est majoritaire ». Certaines provinces ont également mobilisé, cas de Matadi (Kongo-Central), Lubumbashi (Haut-Katanga), Kananga (Kasaï-Central), Kindu (Maniema), Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental), Gungu (Kwilu). Mais des annulations ont été constaté à Kisangani (Tshopo) et Gemena (Sud-Ubangi), où les marches ont été annulées pour raisons sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola.

Démonstration de majorité
L’UDPS a voulu, par cette marche de défi, montrer que la base populaire reste acquise au président Tshisekedi, en réponse aux critiques sur la mobilisation de l’opposition en marge au soutien aux réformes comme on l’a lu sur les slogans et pancartes mettant en avant le référendum constitutionnel et le dialogue national. Le message de la marche était clair : soutien aux institutions et au président Tshisekedi avec une volonté affichée de modifier la Constitution. Ce qui est pourtant à la base des tensions persistantes entre l’Opposition et la majorité qui s’affrontent par marches interposées, révélant une polarisation croissante. En guise de conclusion, la marche de l’UDPS a rempli son objectif : montrer une force populaire et occuper l’espace politique. Mais elle révèle aussi la polarisation croissante entre majorité et opposition, chacune cherchant à légitimer son discours par la rue. Dans ce théâtre politique, la foule devient acteur et décor, tandis que le véritable enjeu reste la bataille institutionnelle autour de la Constitution. « L’UDPS a rempli les rues pour prouver sa majorité. Mais entre pancartes et chants, la vraie question reste : la Constitution changera-t-elle au rythme des tambours, ou au tempo des calculs politiques ? »

Le Journal

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