Bahati Lukwebo, le vacarme du retour !

Le 4 mars 2026 à Kinshasa, Modeste Bahati Lukwebo, longtemps tapi dans l’ombre, a choisi son moment pour parler. Après des mois de silence et un exil médical opportun, il revient à Kinshasa avec une voix qui claque comme une gifle : non à la prolongation du mandat de Tshisekedi. Ce n’est plus le stratège du silence, mais l’architecte du vacarme calculé. Son absence avait semé le doute, ses cadres aperçus dans les parages du M23 avaient nourri les soupçons. Aujourd’hui, son discours confirme ce que les lucides pressentaient : Bahati n’était pas en retrait, il préparait sa sortie.
Dans la République des paradoxes, le silence n’est qu’une mise en scène. Quand Modeste Bahati parle, ce n’est pas pour remplir le vide, mais pour créer une fracture. Tshisekedi découvre finalement qu’un allié qui se tait trop longtemps, finit par revenir avec des mots qui résonnent comme des coups de tonnerre.
Le silence prolongé de Bahati et son départ précipité en Europe au moment où les rebelles menaçaient le Katanga ont nourri les soupçons. Dans les cercles politiques, beaucoup ont interprété cette absence comme une mise à distance calculée vis-à-vis de Tshisekedi.
Ce qui a renforcé ces doutes, c’est la présence remarquée de certains cadres de l’AFDC-A dans des zones contrôlées par le M23. Même si rien n’a été officiellement confirmé, cette coïncidence alimente l’idée que Bahati a laissé une porte entrouverte vers d’autres alliances, au moment où la loyauté envers l’Union Sacrée devenait cruciale.
En somme, le départ de Bahati en Europe et ses frasques a Dubaï autour de sa fête anniversaire de naissance pendant qu’il était réputé malade, a été perçu comme une fuite stratégique. Son silence a créé un vide politique, et a été interprété comme une réserve ou une prudence excessive. Dans l’entretemps, ses cadres ont été visibles dans les parages du M23-AFC, ajoutant une couche de suspicion et donnant l’impression d’un double jeu.
Tout cela explique pourquoi la récente prise de position signée par Bahati contre la prolongation du mandat de Tshisekedi n’a pas surpris les observateurs attentifs, elle s’inscrit dans une logique de distanciation progressive amorcée bien avant sa conférence de presse.
Pour beaucoup d’observateurs, une rupture politique est en cours entre Modeste Bahati Lukwebo et Félix Tshisekedi. Bahati, longtemps allié au sein de l’Union Sacrée, s’est publiquement opposé à toute prolongation du mandat présidentiel par révision constitutionnelle, fracturant du coup, la majorité et marquant une prise de distance nette avec Tshisekedi.
La position affichée par le sénateur Bahati marque une opposition catégorique à toute prolongation du mandat de Tshisekedi par modification de la Constitution, une affirmation que le problème du pays n’est pas institutionnel mais humain : « La RDC n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », et aussi, le refus implicite de soutenir une réforme constitutionnelle jugée non prioritaire.
La conséquence politique de son acte donne libre cours à la fracture au sein de la majorité présidentielle. Dès lors que Bahati se positionne désormais comme une voix dissidente, rappelant qu’il avait déjà tenu une ligne similaire sous Joseph Kabila. Ce revirement secoue l’Union Sacrée et alimente les spéculations sur une recomposition des alliances.
La rupture est réelle, insinuent des analystes qui restent d’avis que Bahati Lukwebo a choisi de s’opposer frontalement à Tshisekedi sur la question sensible de la prolongation du mandat à un moment critique. Son geste n’est pas seulement une divergence ponctuelle, mais une fracture stratégique qui pourrait redessiner les équilibres politiques en RDC dans les mois à venir.
Laurent BUADI
