Matata Ponyo : le conteur de TV5 Monde !

On attendait un ancien Premier ministre, on a eu un conteur de veillées. Sur le plateau de TV5 Monde, Matata Ponyo n’a pas déroulé un programme, mais un tapis de fables. Les téléspectateurs, eux, n’ont pas fermé les yeux pour rêver, ils les ont écarquillés, incrédules, devant ces histoires à dormir debout.
Le technocrate sérieux, jadis présenté comme l’homme des chiffres, s’est mué en narrateur d’anecdotes improbables. Les observateurs, habitués aux bilans économiques et aux discours calibrés, ont découvert un improvisateur qui semblait confondre le plateau télé et un cabaret.
La déception fut à la hauteur des attentes : immense. Car, chaque mot prononcé par un ancien Premier ministre est censé peser lourd dans la mémoire collective. Ici, c’est la légèreté qui a pris le dessus, transformant l’entretien en une farce diplomatique.
Et si l’on devait résumer cette sortie médiatique en une formule, elle serait celle-ci : “Quand le sérieux s’endort, le ridicule se réveille.” Ce que tu décris illustre bien le paradoxe de Matata Ponyo : un ancien Premier ministre, attendu sur la rigueur et la clarté, qui se retrouve à livrer une prestation jugée confuse et peu crédible. Sur un plateau international comme celui de TV5 Monde, la moindre approximation prend des proportions énormes, et les observateurs n’ont pas manqué de relever ce décalage entre son statut et la teneur de ses propos.
Du coup, le contraste avec son image passée est saisissant pour un Matata Ponyo qui s’était construit une réputation de technocrate sérieux, notamment sur les questions économiques. Le fait de “raconter des histoires à dormir debout” choque les bonnes consciences, d’autant plus que l’homme à la cravate rouge était censé incarner la rationalité. TV5 Monde n’étant pas une chaîne locale, mais une vitrine francophone mondiale, l’échec d’une telle sortie médiatique expose non seulement l’homme, mais aussi la piètre image des opposants congolais.
Les réactions de déception qui sont enregistrées ça et là, montrent que l’opinion attendait un discours solide, voire une vision. À la place, elle a perçu une improvisation maladroite.
LA DÉCEPTION…
En effet, Matata Ponyo a raté l’occasion de se taire en choisissant le plateau de TV5 Monde pour débiter des mensonges qui ont fait de lui un personnage de pietre figure. Sa sortie médiatique a suscité des réactions de toutes parts. Parmi celles-ci, l’on note celle du ministre de la Communication Médias, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, qui n’a pas porté de gants pour renvoyer aux études l’ancien premier ministre opposant politique devenu. En effet , Patrick Muyaya dans son compte X, a dénoncé dans l’intervention médiatique de Matata Ponyo, des propos « indignes, mensongers et dangereux pour la cohésion nationale ».
Muyaya a, en outre, affirmé que les déclarations de l’opposant et sociétaire de la plateforme kabiliste “Sauvons la RDC” ne peuvent convaincre « aucune personne crédible », dès lors que l’opinion publique congolaise s’est déjà forgée un jugement sur le bilan et le parcours de Matata Ponyo.
“ On ne peut pas se décerner des fleurs lorsque le peuple a déjà tiré ses conclusions ”, a écrit le porte parole du gouvernement en rappelant que le nom d’Augustin Matata Ponyo reste associé à des dossiers noirs qui ont profondément marqué la mémoire collective, parmi lesquels, le tristement projet agro-industriel de Bukanga Lonzo, dans lequel plus de 200 millions de dollars américains ont été détournés ou mal gérés. Un épisode qui, selon Muyaya Katembwe, ne laisse « aucun bon souvenir aux Congolais ».
Faisant feu de tout bois, Patrick Muyaya a dénoncé les accusations farfelues portées par l’ancien Premier ministre, un fugitif qui s’acharne contre l’appareil judiciaire, l’accusant à tort d’agir sur des bases tribales.
À Matata, il a été rappelé que les juges doivent être évalués que sur la base de leurs compétences et non de leur appartenance ethnique. Pour le gouvernement, ces propos sont incompatibles avec toute ambition nationale,va fait savoir le ministre en appuyant que lorsqu’on prétend parler au nom de la nation, on ne peut plus tenir un discours tribal.
De là, retenir que les déclarations de Matata Ponyo relèvent davantage de la stigmatisation et du discours de haine que d’un véritable projet de société, est un petit pas vite franchi par le ministre de la Communication qui a rappelé qu’on ne peut se présenter comme un leader porteur de changement tout en fragilisant l’unité nationale par des discours clivants. Le gouvernement appelle ainsi à la responsabilité, au respect des institutions et à la primauté de l’intérêt général dans le débat public.
Le Journal
