CATASTROPHE DANS UN PUITS MINIER: Rubaya pleure ses enfants, Kigali compte ses dollars !

 CATASTROPHE DANS UN PUITS MINIER: Rubaya pleure ses enfants, Kigali compte ses dollars !

Fin janvier 2026, un effondrement de puits miniers a été au centre d’un drame à Rubaya, des centaines de personnes ont péri après l’effondrement de plusieurs puits d’extraction minier artisanal. Accident déclenché par des pluies soudaines. Les parois instables se sont écroulées, ensevelissant les mineurs sous le sable et la boue. Comme on peut le voir, les décès enregistrés à la mine de Rubaya (Nord-Kivu) sont principalement imputables à des glissements de terrain et effondrements de puits, provoqués par l’exploitation minière artisanale non encadrée, aggravée par les fortes pluies et l’absence de normes de sécurité. Les bilans varient selon les incidents récents, allant de dizaines à plus de quatre cents de victimes, selon plusieurs sources.

Ces drames ont pour causes principales, l’exploitation minière sauvage et non encadrée, les activités se déroulent sans respect des normes environnementales et de sécurité, pendant que la zone de Rubaya est classée « rouge » par le gouvernement, ce qui signifie qu’elle est à haut risque.
Les glissements de terrain sont fréquents parce que l’exploitation anarchique fragilise les sols. Le site D3 Bibatama a connu un glissement massif en juin 2025, causant la mort de centaines de creuseurs artisanaux.
Les facteurs aggravants sont également pris en compte dont les conditions climatiques qui occasionnent les fortes précipitations accélérant l’érosion et provoquant l’effondrement des galeries, la présence massive de creuseurs artisanaux dont des centaines travaillent simultanément dans des zones étroites et instables. Le contexte sécuritaire fragile y est également pour beaucoup, la zone minière est sous influence du M23, ce qui complique l’encadrement et la régulation des activités minières.

RUBAYA DEVIENT LE SYMBOLE D’UN CONGO QUI SAIGNE, PENDANT QUE KIGALI ENGRANGE
Le bilan humain lourd du moment que les sources de la société civile révèlent qu’il y aurait entre 45 et plus de 300 morts selon les incidents. Tandis que les victimes sont variées car, parmi les creuseurs figurent des hommes, des femmes et parfois des enfants. Cela se justifie dans la mesure où, les familles locales dépendent de cette activité pour survivre, malgré les risques mortels.
En résumé, les morts à la mine de Rubaya sont imputables à une combinaison de exploitation minière artisanale non régulée, instabilité géologique, fortes pluies et absence de mesures de sécurité, aggravées par le contexte sécuritaire lié au M23. C’est un drame récurrent qui illustre la fragilité des sites miniers artisanaux au Nord-Kivu.
Cela met en lumière le paradoxe existant entre la richesse minière du Nord-Kivu et la précarité des communautés minières, les Congolais prennent les risques, mais les bénéfices directs leur échappent souvent parce Kigali en est le maître d’ouvrage.
Quant aux éléments de contexte, l’on note que la chaîne de valeur est déséquilibrée, les creuseurs artisanaux travaillent dans des conditions extrêmement précaires, sans protection ni encadrement. Ils vendent leur production à des négociants locaux pour des sommes dérisoires.
La captation transfrontalière est forte tant qu’une partie importante des minerais (coltan, cassitérite, wolframite) quitte le territoire par des circuits informels ou semi-officiels vers le Rwanda, où ils sont transformés et exportés. Cela donne l’impression que la valeur ajoutée profite davantage à Kigali qu’aux communautés congolaises.
L’absence de redistribution inquiète dès lors que les revenus générés ne se traduisent pas en infrastructures, services publics ou sécurité pour les populations locales. Les familles des creuseurs restent dans la pauvreté malgré la richesse du sous-sol. Le contexte sécuritaire apporte du sien à cette situation avec la présence de groupes armés, dont le M23, qui accentue cette dynamique. Le contrôle des sites miniers devient un enjeu militaire et économique, renforçant l’exploitation des communautés.

“LE COLTAN DES MORTS-VIVANTS”
À Rubaya, les entrailles de la terre s’ouvrent comme des tombeaux improvisés. Les creuseurs, armés de pelles et de courage, descendent chaque jour dans des puits qui ressemblent plus à des cercueils qu’à des mines. Ils extraient le coltan, ce métal magique qui fait vibrer les smartphones de Tokyo, New York et Kigali.
Mais à qui profite ce sacrifice ? Aux familles endeuillées, certainement pas. Aux villages privés d’écoles et d’hôpitaux, encore moins. Aux circuits transfrontaliers, oui. Là où la sueur congolaise se transforme en devises rwandaises. Le paradoxe est cruel. Le Congo exporte la mort, le Rwanda exporte la richesse. Les Congolais deviennent les invisibles fournisseurs de la modernité mondiale, leurs cadavres servant de garantie à une économie qui ne leur rend rien.
Rubaya est ainsi le miroir d’un pays où la terre est riche mais les hommes sont pauvres, où chaque glissement de terrain rappelle que la prospérité est ailleurs. Les creuseurs sont les martyrs silencieux d’une mondialisation qui préfère compter les tonnes de coltan plutôt que les tombes creusées.

Laurent BUADI

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