Une année après l’occupation...: À Goma, la vie est rythmée par la résilience !

 Une année après l’occupation...: À Goma, la vie est rythmée par la résilience !

A woman sits on top of her belongings as displaced people gather, waiting for transportation to return to Rutshuru following the destruction of the internally displaced persons (IDP) camp where they once lived, in Goma on February 1, 2025. The Rwandan-backed M23 group was pushing south in mineral-rich eastern DR Congo as the United Nations warned the escalating conflict had killed at least 700 people in less than a week. The M23 took vital eastern trade hub Goma after intense fighting this week and has vowed to march all the way to the Democratic Republic of Congo capital. (Photo by Michel Lunanga / AFP)

Une intéressante enquête signée par Actualité.cd révèle qu’un an après la prise de Goma par les rebelles de l’AFC/M23 soutenus par l’armée rwandaise, la vie économique de la capitale du Nord-Kivu reste profondément fragilisée en se basant sur les chiffres et les rapports humanitaires qui notent qu’il y a des commerces à l’arrêt et des économies complètement épuisées. La source s’appuie sur les témoignages des personnes contactées à ce sujet et qui se souviennent de ce jour où tout a basculé.

Le 26 janvier 2025 restera gravé dans la mémoire de beaucoup d’entre eux. Parce que, ce matin-là, rien ne laissait présager l’effondrement brutal de leur quotidien professionnel. L’une d’elles, commerçante de son état, rappelle qu’elle avait trois réservations à honorer et comptait terminer son travail normalement quand les premiers coups de feu, entendus au loin, n’ont pas suffi à l’alarmer. Sur les réseaux sociaux, des images de déplacés fuyant Nyiragongo se sont mises à circuler déjà, mais ça ne pouvait être qu’une panique passagère, avait pensé l’intéressée.
Mais la soirée est venue balayer ces illusions en entendant des bruits de tous genres : des armes lourdes, des rafales… Puis tout s’est coupé : plus de connexion, plus de courant, plus d’eau. Pendant trois à quatre jours, toute la famille est restée cloîtrée à la maison, attendant que les bruits des bottes et des armes s’éloignent. Le quatrième jour, en sortant, au péril de sa sécurité, pour vérifier son lieu de travail, la commerçante a été surprise d’apprendre qu’il y avait des pillages. Heureusement, son bureau n’avait pas été ouvert, il est à l’étage. Mais les murs étaient marqués par des impacts de balles. Et autour d’elle, le spectacle était plus sombre encore : maisons pillées, portes arrachées, biens emportés. Elle a vu des morts sur la route et même devant son bureau. “La guerre n’est pas une bonne chose. Ne la souhaitez même pas à votre pire ennemi. “, prévient-elle.
Depuis lors, la situation économique de Goma s’est durablement détériorée. C’est une ville qui ne fonctionne plus normalement. « La guerre s’accompagne toujours d’impacts à tous les niveaux. Ici, l’économie est au rabais. Il y a eu des pillages organisés depuis l’année passée. Les banques ont fermé, certains commerces aussi. », dit la commerçante qui souligne que dans sa boutique, la chute est brutale.
Elle est passée d’une moyenne de 100 clients par mois à 10 ou 20 au point de réduire le nombre de ses travailleurs. Les premières semaines après la prise de la ville ont été les plus difficiles, confie-t-elle. Aujourd’hui encore, rien n’est stable. « Le M23 parlait de libération, mais sur le plan économique, la situation est bien pire », tranche la commerçante décrivant que l’aéroport est fermé, les mouvements d’argent sont limités, les déplacements restreints. « Il n’y a pas de circulation économique normale. En réalité, nous survivons. »
Également contactée par le confrère en ligne, une salariée dans une structure de la société civile aujourd’hui paralysée, fait allusion à un quotidien devenu presque impossible. « Nous sommes dans une situation indescriptible. Toutes nos économies sont épuisées, nos salaires sont suspendus, nos travaux à l’arrêt. » Autour d’elle, les effets sont visibles. « Les civils vivotent. Le quotidien est très lourd », arésume-t-elle. Malgré l’asphyxie économique et l’insécurité persistante, une forme de résistance silencieuse s’est installée. « La population de Goma est résiliente », témoigne une autre femme qui note que les conflits durent depuis plus de 30 ans. Cela fait un an que la ville est sous contrôle du M23, et la population a développé une résilience sans précédent.
L’idée de partir a traversé bien des esprits, avant de se heurter à la dure réalité. « Où irions-nous ? Les institutions sont occupées par les combattants. Il n’y a pas de vraie vie, mais nous vivons quand même. » La liberté de mouvements est limitée, les taxes se multiplient à tous les niveaux, et l’économie informelle devient souvent le seul refuge.
À Goma, un an après la prise de la ville, la résilience est devenue une nécessité. Les femmes, en première ligne de l’économie domestique et informelle, portent une grande part de ce fardeau. Elles tiennent des commerces à bout de souffle, gèrent des foyers sans revenus stables et tentent de préserver une forme de dignité dans un environnement où tout manque. La situation ne doit pas être différente de celle qui se vit à Bukavu et les gens ne vivent pas, mais survivent.

Le Journal

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