Scandale judiciaire…!

Le 26 novembre 2025, l’Association des ex-travailleurs Unilever MARSAVCO/RDC -ATUMA- a adressé au président de la Cour constitutionnelle et président du Conseil Supérieur de la Magistrature, une plainte contre monsieur Jean-Paul Mukolo Nkokesha, Procureur Général près le Conseil d’État, pour obstruction à l’exécution de l’Arrêt RA 1271/RH 102 de la Cour Suprême de Justice avec Formule exécutoire ayant validé le Décret du Premier ministre N°011/17 du 06 avril 2011 sur le paiement de décomptes finals de 686 ex-travailleurs de la MARSAVCO de l’ordre de 20.878.090 USD.
Pourtant, le 28 août et le 26 septembre de cette année, dans ses diverses correspondances, Jean-Paul Mukolo, le même, avait fait à l’endroit des responsables de la Marsavco, le constat sévère d’outrages, rébellion face à l’Etat congolais et astreintes des droits garantis aux particuliers.
Mais aussi curieux que cela puisse paraître, ATUMA regrette qu’actuellement, le Procureur Général Jean-Paul Mukolo, haut magistrat de son état, en arrive à cracher sur le bon sens en remettant en question ces positions qu’il avait pourtant assumées face à la désinvolture des responsables de la MARSAVCO. “Ces positions ont été émises sur base de quels éléments pour que monsieur Mukolo arrive aujourd’hui, par miracle juridique ou judiciaire, à une position totalement contraire, ou c’est à d’autres fins ?”, se demande ATUMA.
Plainte Anciens Travailleurs MARSAVCO_ATUMA C_ PG Mokolo
En effet, dans sa correspondance adressée à ATUMA le 17 novembre 2025, le Procureur Général Mukolo écrit : “… j’estime que contrairement à ce qui a été dit dans mes correspondances antérieures, aucune condamnation n’a été prononcée contre votre société par les instances judiciaires et administratives saisies et considère cette affaire comme close à mon niveau”. Textuel. Ce qui dénote d’un revirement spectaculaire de la part du Procureur Général Mukolo Nkokesha.
ATUMA NE VEUT PAS SE DÉCLARER VAINCUE…
En clair, les anciens travailleurs de la MARSAVCO ont relancé avec vigueur, leur combat judiciaire en déplorant le blocage de l’exécution des décisions en leur faveur. Ce dossier, pourtant vieux de plus de deux décennies, connaît un nouveau rebondissement qui illustre les tensions entre la justice sociale et l’inertie institutionnelle.
CONTEXTE ET RAPPEL DU CONFLIT
Près de 686 à 802 ex-travailleurs de la société MARSAVCO (ex-filiale d’Unilever) ont été renvoyés sans paiement de leurs droits sociaux au début des années 2000.
Saisie par les ex-travailleurs de la Marsavco, la Cour suprême de justice avait rendu un arrêt (RA 1271 du 5 avril 2013) en faveur des travailleurs, mais son application reste bloquée jusqu’à ce jour, pourtant, les fonds seraient disponibles car, Unilever avait déjà débloqué des fonds qui seraient disponibles pour indemniser les ex-agents et placés dans une banque à Kinshasa. Fonds jamais distribués aux bénéficiaires pour des raisons inavouées, renseignent les sources proches du dossier. Les ex-travailleurs de la Marsavco dénoncent une mauvaise foi institutionnelle, estimant que la justice est instrumentalisée pour protéger les intérêts de l’entreprise.
Ce bras de fer met en lumière la fragilité de l’État de droit dans la mesure où, une décision judiciaire ferme existe, mais son application est suspendue par des blocages politiques et judiciaires qui ne se justifient nullement.
Ce dossier est devenu un symbole du calvaire des travailleurs congolais face aux grandes entreprises et à l’opacité institutionnelle, tout comme il illustre aussi le paradoxe entre les discours officiels sur la protection sociale et la réalité vécue par les citoyens.
L’on est là en face de “la justice qui juge mais n’exécute pas” de façon à ce que l’on se trouve sur l’image d’un théâtre judiciaire où les rideaux ne tombent jamais.
Le Journal
