Le patriarche Christophe Mboso et les stratèges: Chronique d’un verrou parlementaire !

 Le patriarche Christophe Mboso et les stratèges: Chronique d’un verrou parlementaire !

Kinshasa, début octobre 2025. Dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple, dans la commune de Lingwala, à Kinshasa, les calculs s’affolaient, les ambitions s’aiguisaient et les sourires devenaient stratégiques. Depuis la démission de Vital Kamerhe, le perchoir de l’Assemblée nationale était devenu un trône convoité, un Graal institutionnel pour des députés en quête de stature. Mais voilà que les Sages de la majorité parlementaire ont sifflé la fin de la récréation : Christophe Mboso reprendra le marteau. Rideau.

Ce retour, en apparence discret, est tout sauf anodin. Il dit quelque chose de profond sur la manière dont la République démocratique du Congo gère ses équilibres, ses mémoires, et ses tensions internes. Car Mboso, c’est plus qu’un nom : c’est une archive vivante, un verrou stratégique, une carte géopolitique à lui seul.

Mémoire contre l’amnésie
Dans un pays où les institutions oublient vite et les visages changent au rythme des alliances, Mboso incarne la persistance. Il a traversé les régimes comme un vieux chêne traverse les saisons : Mobutu, Kabila, Kabila 2, Tshisekedi… tous l’ont vu siéger, conseiller, arbitrer. Son retour au perchoir, c’est le rappel que la mémoire politique peut être une ressource, une boussole dans les tempêtes.
“Le Congo est un pays sans archives, sauf quand Mboso parle”, murmure d’un député désabusé.

Stratégie des Sages : verrouiller pour survivre
Les Sages de la majorité parlementaire n’ont pas choisi Mboso par nostalgie. Ils l’ont choisi pour verrouiller. Face aux appétits déchaînés, aux ambitions régionales, aux manœuvres de couloir, il fallait une figure qui ne divise pas, qui rassure, qui neutralise. Mboso est ce verrou : trop vieux pour intriguer, trop sage pour cliver, trop expérimenté pour improviser.
Son retour est aussi un signal : la majorité présidentielle n’est pas un champ de bataille, mais un espace régulé. Les Sages ont tranché, et les ambitieux devront attendre.

Géopolitique interne : le Bandundu comme zone tampon
Le départ de Kamerhe, figure du Sud-Kivu, aurait pu relancer les tensions géopolitiques internes. Swahiliphonie contre lingalaphonie, Est contre Ouest, ambitions kasaïennes contre revendications katangaises… Le choix de Mboso, originaire du Bandundu, agit comme une zone tampon. Ni trop à l’Est, ni trop à l’Ouest. Ni trop jeune, ni trop clivant. Juste assez neutre pour apaiser.
Dans cette RDC où chaque poste est une carte, le perchoir devient un baromètre. Et Mboso, une réponse à la question : comment gouverner sans exploser ?

Le marteau du patriarche
Christophe Mboso reprend le marteau. Pas pour frapper, mais pour rythmer. Pas pour imposer, mais pour contenir. Son retour est une leçon de politique à la congolaise : quand les ambitions s’échauffent, la mémoire refroidit. Quand les calculs s’emballent, les Sages tranchent. Et quand la géopolitique menace, le Bandundu apaise.

Laurent BUADI

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