Uvira : La population réclame la réouverture de la frontière avec le Burundi

 Uvira : La population réclame la réouverture de la frontière avec le Burundi

Un mois après le retrait de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, les habitants et les commerçants implorent la réouverture de la frontière avec le Burundi. Ils regrettent de voir que cette frontière reste toujours fermée alors que les balles ne crépitent plus.

Lors de sa mission d’inspection sur le terrain, le gouverneur du Sud-Kivu a été interpellé directement par la population, impatiente et inquiète. Arrivé à l’entrée du marché d’Uvira, une vendeuse l’a interpellé en lançant, devant des étals clairsemés : « Ouvrez la frontière ».
Lors de cette interpellation, les femmes se sont distinguées à porter leur voix plus haut, soutenant que depuis la fermeture avec Bujumbura, l’économie locale tourne au ralenti.

Devant le gouverneur, une autre femme implore, disant que ses proches ont fui à l’arrivée de l’AFC/M23 et restent coincés côté burundais.

« Beaucoup d’enfants sont là-bas, même les membres de l’église, tous sont là-bas. Il y a mes enfants et les enfants de mon oncle », dit-t-elle.

Sentiment, impuissance, souffrance

Après les avoir écouté, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a manifesté sa frustration.
« Il y a un sentiment d’impuissance face à cette souffrance. Nous voulions que la province, la frontière, soit ouverte le plus rapidement possible. Mais il y a aussi des impératifs sécuritaires liés à la réalité des deux pays. Il faut savoir que l’ennemi n’est pas si loin que ça. Il est ici à Sange, à 30 km, et dans les hauteurs, il est à une quinzaine de kilomètres d’ici », s’est exprimé le gouverneur du Sud-Kivu.

De son côté, le ministre burundais des Affaires étrangères rappelle que les conditions de sécurité ne sont pas encore réunies pour une réouverture.

Atteindre la rive au péril de leur vie

La situation humanitaire sur le terrain étant devenue insoutenable, certains n’attendent plus la réouverture de la frontière. Le cas de plusieurs jeunes qui sont entrain de gagner la rive d’Uvira en mettant leur vie en danger.

Âgé de 19 ans, Raphaël a fui le site de réfugié de Busuma et raconte son aventure : « Là-bas, il y a beaucoup de misère. Il y a beaucoup de souffrance. Il y a aussi le manque d’eau. » Et de renchérir: « J’ai traversé le lac Tanganyika en pirogue de nuit, au péril de ma vie. Nous sommes venus à trois, mais mes frères sont restés à Gatumba parce qu’ils ont été attrapés. »

Un homme confie lui aussi sa traversée clandestine : « Nous étions accrochés chacun à un simple bidon pour rester à flot. Nous étions quatorze au départ, deux n’ont jamais atteint la rive, ils ont été noyés, a-t-il raconté. »
Gel Boumbe

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