Tshisekedi et Lourenço échangent de nouveau sur les pistes de solutions à l’agression Rwandaise

Le séjour-éclair effectué lundi à Luanda par Félix Antoine Tshisekedi, le Président de la République démocratique du Congo, lui a permis a pris de noter une série de propositions lui formulées par Jôao Lourenço, son homologue angolais et Président en exercice de l’Union africaine (UA), concernant l’agression rwandaise.
A l’issue de leur entretien, le président Tshisekedi a laissé entre qu’avec le Président Joáo Lourenço, il a eu à discuter sur plusieurs sujets, principalement la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Tshisekedi a expliqué que c’est sur initiative du président Angolais, qu’il a fait le deplacement, pour une discussion très très intéressante parce qu’en sa qualité de président de la République d’Angola, il est également président en exercice de l’Union africaine.
“Et c’est là encore, et toujours dans son souci de vouloir nous aider, qu’il m’a fait certaines propositions que j’ai trouvées très intéressantes et qui, j’espère, vont nous permettre d’avancer sur le plan de la paix en République démocratique du Congo”, a confié Félix Tshisekedi à la presse en présence de son homologue angolais, précisant que les propositions du Président Lourenço viennent en renfort aux accords de Washington et de Doha, qui ont toujours bénéficié du soutien de l’Union africaine.
Pour Tshisekedi, c’est utile de toujours préciser que tout ça est fait dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha. Qu’on n’accuse pas le président Joao Lourenco d’avoir voulu créer un autre processus. Il ne sort d’aucun processus.
Le chef de l’Etat congolais a, une fois de plus, salué le niveau d’engagement de Joáo Lourenço qu’il a traité de champion en Afrique pour la paix, en vue de son rôle dans la pacification de l’est du pays, en particulier. “Il demeure confiant que ces propositions donneront lieu à la restauration d’une paix véritable”, a souhaité Tshisekedi parlant d’une agression barbare, quand bien même, la guerre continue.
“À son initiative, je crois que la paix deviendra réelle. Pour le moment, je préfère ne pas en dire plus, si vous comprenez ce que je veux” , a dit le président congolais qui venait, il y a deux semaines, d’effectuer une autre visite à Luanda, dans le cadre d’une rencontre de partage d’idées avec son homologue Joáo Lourenço, pour la résolution de la crise sécuritaire de l’Est du pays qui produit une crise humanitaire sans précédent dans les territoires sous occupation ennemie.
Pour rappel, le 4 décembre 2025, les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame, ont signé sous la médiation de leur homologue américain, Donald Trump, un accord de paix, qui n’a pas tardé à être violé par le régime de Kigali. Ce, à la grande déception de l’administration Trump. En depit des pressions diplomatiques des USA et d’autres Nations et organisations mondiales, le groupe M23/AFC, appuyé par le Rwanda, continue son occupation illégale de certains territoires de la RDC.
Des raisons stratégiques
Pour des milieux diplomatiques, ces déplacements du président congolais visent à renforcer la médiation régionale autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les affrontements avec le M23/AFC soutenu par le Rwanda se poursuivent. L’objectif étant de consolider une médiation régionale et obtenir un soutien diplomatique face aux tensions avec le Rwanda et la rébellion M23/AFC. Tandis que les ?raisons stratégiques de ces voyages se justifient pour maintenir au point, la médiation régionale, dans la mesure où, l’Angola joue un rôle pivot dans les négociations de paix en Afrique centrale. Lourenço étant mandaté par l’Union africaine pour faciliter un dialogue entre Kinshasa et Kigali.
En quête d’appui régional…
Les mêmes sources confient que Tshisekedi cherche à mobiliser l’UA et les pays voisins pour isoler le Rwanda, accusé de soutenir le M23. À tout prendre, les visites rapprochées de Tshisekedi en Angola, signalent une urgence et une volonté de maintenir la pression diplomatique. Si bien qu’au niveau de la coordination militaire et politique, ces milieux diplomatiques évoquent des discussions sur un éventuel renforcement de la coopération sécuritaire entre RDC et Angola, avec la possibilité d’un soutien logistique ou politique angolais dans les forums internationaux. “Multiplier les voyages en Angola montre que Kinshasa privilégie une diplomatie régionale proactive. Et cela envoie un message de fermeté à Kigali et de mobilisation aux partenaires africains”, fait savoir un attaché militaire d’une ambassade étrangere basée à Kinshasa. Le même diplomate a laissé entendre que les voyages répétés en Angola ne sont pas anodins, et ils traduisent une stratégie de diplomatie de crise, où Tshisekedi cherche à s’appuyer sur Lourenço et l’Union africaine pour obtenir une médiation crédible face au Rwanda et au M23. C’est une manière de montrer que la RDC ne reste pas isolée, mais mobilise activement ses voisins et les institutions africaines pour transformer une guerre « imposée » en un dossier continental.
Le Journal
